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Littérature - Simona GIRLEANU

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     Normalienne, doctorante en littérature comparée, Simona Gîrleanu est chargée de cours à l’Université Lille 3. Elle nous a très aimablement envoyé cet article inédit sur les figures historiques du piéton aux 18e et 19e siècles à Paris.

     Un flâneur n’est pas un badaud, pas un rôdeur non plus ni seulement un passant, et l’on peut arpenter les rues d’une ville de diverses manières. Ces pratiques urbaines, dont la littérature rend compte de Mercier à Benjamin, sont directement liées à des conceptions architecturales et urbanistiques qui évoluent au fil des siècles. La ville populaire du 18e, « fourmilière » bruyante et laborieuse, aux rues tortueuses et insalubres, invite les « gens de pied » à la vigilance plus qu’à la flânerie. Puis l’urbanisme des Lumières, dont le souci premier est l’embellissement, va dessiner une ville plus esthétique et fonctionnelle, favorisant et harmonisant les circulations des marchandises, des véhicules, de l’air, de la lumière et des… piétons. Le 19e siècle, celui de Baudelaire et de Haussmann, celui des passages et des grands boulevards, fera entrer la ville, non sans violence parfois, dans une modernité rationnelle, contrôlée et hygiéniste. Paradoxalement, le citadin, modernisé lui aussi, y gagnera en autonomie.

     C’est donc une flânerie cultivée et instructive dans l’histoire littéraire des rues parisiennes que nous propose Simona Gîrleanu, confirmant ainsi que les pratiques, les perceptions et les représentation urbaines sont très largement orientées par des choix architecturaux et urbanistiques, eux-mêmes liés à des projets philosophiques.

 

Paris : le piéton, le flâneur et l’urbaniste

 

Simona Gîrleanu

 

 

 

 

Dans les métros parisiens, le voyageur peut lire en ce moment les productions des lauréats du concours organisé par la RATP, « Ma ville comme je l’aime », dont voici un échantillon : « Paris, pour te dire merci, avec mes pieds je te caresse » (1). Par-delà ses qualités littéraires, l’image me fait rêver d’une époque révolue et me rappelle sur-le-champ le célèbre fragment de Louis Sébastien Mercier :

J’ai tant couru pour faire le tableau de Paris que je puis dire l’avoir fait avec mes jambes ; aussi ai-je appris à marcher sur le pavé de la capitale, d’une manière leste, vive et prompte. C’est un secret qu’il faut posséder pour tout voir. L’exercice le donne ; on ne peut rien faire lentement à Paris parce que d’autres attendent (2).

Ces deux évocations de Paris qui dessinent un vaste arc chronologique se différencient entre autres par la vitesse du déplacement. Avant de se muer en flâneur, le piéton de la fin des Lumières (3) est d’abord observateur et critique agile de l’espace urbain.

À ses débuts, l’expérience de la grande ville se traduit dans un style inégal que l’on a souvent comparé au cahotement d’un carrosse ou au rythme accéléré de la marche sur le pavé. Rappelons le bon mot de Rivarol à l’égard du Tableau de Paris (4) de Mercier : « un livre pensé dans la rue, écrit sur la borne » (5). En revanche, c’est au XIXe siècle que la perception urbaine devient une véritable expérience esthétique, « synthèse imaginaire de perception et de sujet percevant, de souvenir de perceptions qui se superposent et d’idées d’images » (6).

Ce que je voudrais interroger ici à travers l’exemple paradigmatique de Paris, ce n’est pas la marche dans la ville en tant qu’expérience fondatrice de la modernité, mais les conditions de possibilité de cette pratique fondamentale de l’espace urbain.

« Gare ! Gare ! »  (7)

Comme on l’a judicieusement fait remarquer, au XVIIIe siècle, Paris est la ville du peuple, des métiers de la rue, des abreuvoirs et des cimetières, c’est la ville pittoresque et misérable. Le peuple y prend de l’importance en nombre et symboliquement. Dans l’espace de quelques décennies, la ville ploie sous le nombre de ses habitants, vite arrivé jusqu’à 800 000 (8). La cause principale est l’immigration, le phénomène prend une telle ampleur que dans le roman de la deuxième moitié du siècle, « la séquence de “l’arrivée à Paris” [devient] un motif quasiment omniprésent » (9).

Pour ce qui est de l’aspect physique de la ville, sa forme et ses dimensions changent de façon ininterrompue (10). Michel Delon a bien synthétisé les transformations successives que subit Paris au fil des siècles :

Paris n’en finit pas de faire craquer ses limites. La ville a successivement dépassé l’enceinte romaine qui entourait l’île de la Cité et sa rive gauche, celle de Philippe Auguste qui introduisait une symétrie entre les deux rives, celle de Charles V qui élargissait le côté droit de la ville, d’un château à l’autre, c’est-à-dire du Louvre à la Bastille, puis celle de la Renaissance qui marquait l’extension vers l’ouest, au-delà des Tuileries, et vers le sud, celle de Louis XIII enfin qui s’efforçait de rétablir la symétrie entre les deux rives. Au début du XVIIIe siècle, la monarchie essaie, une nouvelle fois, de dessiner le périmètre de sa capitale, le long des grands boulevards, plantés d’arbres, qui remplacent les anciennes fortifications, mais la population ne cesse de croître, par baisse de la mortalité et par afflux des provinciaux à la recherche de travail (11).

Qu’en est-il de la réalité immédiate de la ville ? Louis Sébastien Mercier et Restif de la Bretonne (12) nous l’apprennent à travers leurs descriptions de Paris, inestimables documents de l’époque.

Cette « fourmilière » (13) vit dans des rues malpropres, tortueuses et dépourvues de trottoirs (14). Les « gens de pied » sont constamment en danger car les voitures circulent à tout va. Dès le premier tome du Tableau de Paris, Louis Sébastien Mercier attire l’attention sur l’embarras des piétons et les dangers de toutes sortes qui les guettent en permanence (15).

Certes, des projets de réforme existent déjà depuis plus d’un siècle et commencent à être mis en pratique. En 1763, après la fin de la guerre de Sept Ans, Paris est en pleine construction. Non seulement le centre se transforme, mais de nouveaux quartiers à la mode surgissent à l’ouest, le long des Champs-Élysées (stimulés par la spéculation du comte d’Artois) et au nord-ouest en allant vers Clichy (avec le soutien du duc de Chartres) (16). De même, la chaussée d’Antin (nommée d’après le duc d’Antin, ancien directeur des Bâtiments du roi) prolonge les Champs-Élysées jusqu’au site actuel de l’Étoile ouvrant ainsi la région située entre la place Louis-XV (actuelle place de la Concorde) et le village de Neuilly.

Mais il demeure un contraste choquant entre la rive droite et la rive gauche, car la seconde « n’est point pavée et est toujours remplie de boue et d’immondices » (17). Les odeurs sont fortes. L’épicentre est indiscutablement la rue du Pied-de-Bœuf, située à l’emplacement actuel du Théâtre de la Ville, place du Châtelet. On comprendra alors aisément la présence parmi les fameux « cris de Paris » (18) des métiers insolites comme les boueurs et les décrotteurs (19). Les premiers nettoient les rues, mais souvent d’une manière négligente : « il faut de l’adresse pour passer vite entre leur pelle et leur tombereau. Si vous ne prenez pas bien votre temps, si votre élan manque de justesse, la pelle du boueur se verse dans votre poche » (20). Les seconds « vous tend[ent] au coin de chaque rue une brosse officieuse, une main prompte ; il[s] vous met[tent] en état de vous présenter chez les hommes en place et chez les dames ; car on passera bien avec l’habit un peu râpé, le linge commun, le mince accommodage ; mais il ne faut pas arriver crotté, fût-on poète » (21).

Les projets : la rue idéale

À l’époque du Tableau de Paris, l’espace parisien s’étend sur quelque 3 400 hectares (22). Afin de mieux contrôler cette étendue énorme, l’urbanisme de la circulation modifie considérablement le paysage de la ville. Selon Daniel Roche, « le siècle des Lumières ne change pas l’idéal édilitaire du XVIIe siècle : il le réitère avec une conscience plus forte de la ville comme lieu d’échange, des trafics, des marchandises, des hommes ; il le généralise avec un projet plus économiste et plus fonctionnaliste » (23). De nouveaux règlements sont appliqués dans tous les domaines : la voirie, les constructions et l’alignement, les ponts, l’éclairage, la numérotation des rues, le nettoyage et l’eau.

L’ensemble de ces mesures urbanistiques acquiert une nouvelle cohérence et s’inscrit dans une préoccupation générale d’embellissement de la ville qu’on se propose d’arracher aux ténèbres baroques. Pour citer Antoine Picon, « plus avance le siècle, plus les projets d’embellissements fleurissent » (24). Concept fondamental de l’urbanisme des Lumières, l’embellissement renvoie à une double préoccupation : esthétique et utilitaire, et vise à améliorer des portions de réel en intervenant aux endroits qu’il y a urgence à réformer (25).

La circulation devient le mot clé pour la nouvelle génération d’urbanistes qui commence avec Pierre Patte (26). La ville est remodelée afin de dégager un réseau de voies cohérent qui ne mènent plus d’un monument à l’autre, mais qui favorisent la circulation (des hommes, des véhicules, de l’air, de la lumière) selon des principes rousseauistes et physiocratiques.

Sans entrer dans le détail de ces projets d’urbanisme, on peut néanmoins s’attarder sur une proposition de Pierre Patte. Dans ses Mémoires sur les objets les plus importants de l’architecture (1769), Patte illustre son propos par une coupe transversale d’une rue idéale, conçue selon tous les préceptes de l’urbanisme des Lumières. Il prévoit « des trottoirs, des égouts, un système d’arrivée et d’écoulement des eaux, l’éclairage, la protection contre l’incendie et la circulation des véhicules » (27). Cette « mise en coupe de Paris », pour citer Jean-Louis Cohen, par son caractère tridimensionnel, allait révolutionner la manière de représenter la ville des générations futures d’ingénieurs et d’architectes (28).

Malheureusement, la doctrine de Patte est vite tombée dans l’oubli (29). Ce n’est qu’au XXe siècle que ses projets furent redécouverts par les historiens de l’urbanisme (30). Il n’en demeure pas moins que cette rue idéale représente in nuce tout ce dont rêvent les philosophes des Lumières.

Les passages et le flâneur

Pendant les dernières années du XVIIIe siècle, les formes urbaines qui correspondent à ces nouvelles normes d’urbanisme sont les passages. Ce nouvel espace permet le développement d’une autre pratique de la ville :

Dans cet espace protégé, entre le public et le privé, le regard de détail, devant les objets qui s’offrent à l’achat, alterne avec le regard d‘ensemble que sollicite la toile panoramique. Quand on sort du passage, les larges trottoirs des boulevards invitent à devenir badaud, si l’on se laisse porter par la foule, ou bien flâneur, si l’on sait imposer son individualité (31).

Sur ce point, Michel Delon ne fait que rejoindre Walter Benjamin : « la flânerie aurait pu difficilement avoir l’importance qu’elle a eue sans les passages » (32). Quant au flâneur, figure emblématique du Paris du XIXe siècle, il apparaît d’abord chez Balzac et ensuite chez Baudelaire dans Le Peintre de la vie moderne (1859-1860) (33).

À l’abri des passages, le flâneur échappe au rythme effréné de la ville (34). Le régime d’observation auquel il adhère le rapproche de la figure du détective, car « derrière [son indolence] se cache la vigilance d’un observateur qui ne quitte pas le malfaiteur des yeux » (35). Richard Burton compare le flâneur de la première moitié du XIXe siècle à un lecteur, véritable Champollion de la ville, absorbé par le déchiffrage du palimpseste de la vie moderne (36).

En 1859, Paris entre dans l’ère des grands chantiers haussmanniens. Cet urbanisme ravageur donnera lieu à de nouvelles expériences de l’espace urbain, telles « la nostalgie d’un type de ville pré-industriel et le refus de la planification urbaine moderne » (37). « Ce grand nettoyage du paysage urbain » (38) se double de la mise en pratique des principes totalisateurs d’organisation de l’espace. L’appareil panoptique se déploie sur la capitale. Paradoxalement, grâce à ce nouvel urbanisme, l’artiste–flâneur sera libre de se déplacer à son rythme dans l’espace urbain et d’exercer son activité de « philosophe de la ville, serein, distancié » (39). Car la modernisation de la ville entraîne la modernisation des esprits (40).

 

___________________

 

(1) Raphaël Capperon, grand gagnant du concours.

(2) Louis-Sébastien Mercier (1740-1814), Tableau de Paris (1781-1788), éd. Jean-Claude Bonnet, Paris, Éditions Mercure de France, 1994, tome XI, ch. CMLVIII, p. 1309.

(3) La deuxième moitié du XVIIIe siècle représente un véritable tournant dans l’histoire des villes occidentales. La conception moyenâgeuse de la cité, protégée par ses murailles, cède progressivement la place à l’idée d’agglomération urbaine. Ce moment de rupture dans l’histoire des villes se reflète également dans la représentation urbaine : d’un discours synthétique, héritier du « portrait de ville », on passe à un éclatement des discours sur la ville, ex. voir les travaux de Marcel Roncayolo, Henri Garric.

(4) L’ouvrage monumental de L. S. Mercier se compose de douze tomes parus entre 1781 et 1788.

(5) Jules Barbey d’Aurevilly (1808-1889), Femmes et moralistes, Paris, Éditions Lemerre, 1906, p. 3.

(6) Karlheinz Stierle, La capitale des signes. Paris et son discours, traduit de l'allemand par Marianne Rocher-Jacquin, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2001, p. 430.

(7) Titre utilisé par Louis Sébastien Mercier pour le chapitre XXXIX du premier tome de son Tableau de Paris.

(8) Il est difficile de donner un chiffre exact. Voir Daniel Roche, Le Peuple de Paris. Essai sur la culture populaire au XVIIIe siècle, (1981) Éditions Fayard, 1998, p. 27-32.

(9) Jacques Rustin, « La séquence de l’“Arrivée à Paris” dans le roman français de la seconde moitié du XVIIIe siècle », dans Rétif de la Bretonne et la Ville, Presses Universitaires de Strasbourg, 1993, p. 7-37.

(10) Daniel Roche, op. cit., p. 20.

(11) Michel Delon, « Piétons de Paris », Paris le jour, Paris la nuit, anthologie : Louis-Sébastien Mercier, Tableau de Paris, Le nouveau Paris, Restif de la Bretonne, Les Nuits de Paris, éd. Michel Delon et Daniel Baruch, Éditions Robert Laffont, coll. Bouquins, 2002, p. I.

(12) Nicolas Restif de La Bretonne (1734-1806), Les Nuits de Paris ou le spectateur nocturne, éd. Jean Varloot et Michel Delon, Gallimard, Folio, 1986, 403 p. Initialement écrit en huit tomes, parus entre 1788 et 1794.

(13) Daniel Roche, op. cit., p. 32.

(14) Malgré l’exemple de Londres, les trottoirs apparaissent tard à Paris, vers la fin du XVIIIe siècle. Dans un premier temps, n’étant pas bien conçus, ils gênent la circulation (L. S. Mercier, Tableau de Paris, éd. Jean-Claude Bonnet, Paris, Éditions Mercure de France, 1994, tome V, ch. CDXXXVIII, p. 1202-1203).

(15) Ce sont surtout les plus démunis qui se déplacent à pied, les couches aisées possèdent d’habitude une voiture, voir Constantia Maxwell, The English Traveller in France. 1698-1815, London, Routledge & Sons, 1932, p. 8. Pour voir l’impact de l’augmentation du nombre des voitures sur la circulation, consulter Karen Newman, Cultural Capitals: Early Modern London and Paris, Princeton and Oxford, Princeton University Press, 2007, ch. III « Walking Capitals ».

(16) L. S. Mercier, Tableau de Paris, éd. Jean-Claude Bonnet, Paris, Éditions Mercure de France, 1994, p. 1555 (note établie par Anthony Vidler).

(17) Ibidem, tome I, ch. LI, p. 141.

(18) Les métiers de la rue.

(19) Rappelons également le manque de toilettes publiques à l’époque.

(20) L. S. Mercier, Tableau de Paris, éd. Jean-Claude Bonnet, Paris, Éditions Mercure de France, 1994, tome V, ch. CDL, p. 1238.

(21) Ibidem, tome VI, ch. CDLV, p. 1255.

(22) Daniel Roche, op. cit., p. 23.

(23) Ibidem, p. 46.

(24) Antoine Picon, Jean-Paul Robert, Un Atlas parisien. Le dessus des cartes, Paris, Éditions Picard, 1999, p. 127.

(25) Ibidem, p. 130.

(26) Pierre Patte (1723-1814), architecte du roi Louis XV et théoricien de la ville, élève de Germain Boffrand. Pour ses contemporains, le nom de Pierre Patte évoque surtout la polémique sur la construction du Panthéon. Voir Sophie Descat, « Pierre Patte. Théoricien de l’urbanisme », in Michel le Moël, Sophie Descat (dir.), L’Urbanisme parisien au siècle des Lumières, Action artistique de la ville de Paris, coll. Paris et son patrimoine, 1997, p. 58.

(27) Anthony Vidler, « Mercier urbaniste : L’Utopie du réel », in Jean-Claude Bonnet (dir.), Louis Sébastien Mercier, un hérétique en littérature, Éditions Mercure de France, 1995, p. 231.

(28) Andrew J. Tallon, « The Portuguese Precedent for Pierre Patte's Street Section », Journal of the Society of Architectural Historians, vol. 63, n° 3, septembre 2004, p. 370. Je remercie Antoine Picon pour cette référence.

(29)  « Ce sont les chiffres et le défaut d’appareil statistique qui condamnent en définitive le plus sûrement la doctrine de Patte », Antoine Picon, Architectes et ingénieurs du siècle des Lumières, Paris, Éditions Parenthèses, 1988, p. 193.

(30) Andrew J. Tallon, art. cit., p. 374.

(31) Michel Delon, « Piétons de Paris », Paris le jour, Paris la nuit, anthologie : Louis Sébastien Mercier, Tableau de Paris, Le nouveau Paris, Restif de la Bretonne, Les Nuits de Paris, éd. Michel Delon et Daniel Baruch, Éditions Robert Laffont, coll. Bouquins, 2002, p. VI. Sur la dichotomie flâneur / badaud : « N’allons pas toutefois confondre le flâneur avec le badaud : il y a une nuance que sentiront les adeptes. Le simple flâneur observe et réfléchit ; il peut le faire du moins. Il est toujours en pleine possession de son individualité. Celle du badaud disparaît, au contraire, absorbé par le monde extérieur qui le ravit à lui-même, qui le frappe jusqu’à l’enivrement et l’extase. Le badaud, sous l’influence du spectacle, devient un être impersonnel, ce n’est plus un homme : il est public, il est foule », Victor Fournel, Ce qu’on voit dans les rues de Paris, Paris, 1858, p. 263, cité dans Walter Benjamin, Charles Baudelaire. Un poète lyrique à l’apogée du capitalisme, trad. Jean Lacoste, Paris, Éditions Payot, 1979, p. 104.

(32) Walter Benjamin, op. cit., p. 59.

(33) Dana Arnold, Re-presenting the Metropolis. Architecture, urban experience and social life in London 1800-1840, Ashgate, 2000, p. 25.

(34)  « Vers 1840, il fut quelque temps de bon ton de promener des tortues dans les passages ». W. Benjamin, op. cit., p. 83.

(35) Ibidem, p. 65.

(36) Richard D. E. Burton, “The Unseen Seer, or Proteus in the City: Aspects of a Nineteenth-Century Parisian Myth », French Studies, Leeds, The Society for French Studies, vol. 42, 1988, p. 59.

(37) Anthony Vidler, art. cit., p. 224.

(38) W. Benjamin, op. cit., p. 127.

(39) Karlheinz Stierle, op. cit., p. 474.

(40) Marshall Berman, All That is Solid Melts into Air. The Experience of Modernity, New York, Simon and Shuster, 1982, p. 147.

 

 

 

Pour citer cet article

Simona Gîrleanu, « Paris : le piéton, le flâneur et l’urbaniste », www.lrdb.fr, mis en ligne en mai 2008.


Date de création : 26/05/2008 15:17
Dernière modification : 26/05/2008 15:17
Catégorie : Littérature
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