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Psychanalyse - Alain DUCOUSSO-LACAZE

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La_Revue, n° 3

 

Genres & générations

 

« Un regard psychanalytique sur l’homoparentalité », Alain Ducousso-Lacaze

     Professeur de psychopathologie clinique à l’Université de Poitiers, Alain Ducousso-Lacaze s’intéresse entre autres aux évolutions contemporaines de la parentalité, et notamment à ce que l’on appelle l’« homoparentalité », c’est-à-dire la parentalité assumée par des parents homosexuels. Cette définition ne doit pas tromper, les situations sont nombreuses et variées… au moins autant que les préjugés !

     C’est une approche psychanalytique qu’Alain Ducousso-Lacaze propose ici, en soulevant deux questions. Sur la parentalité d’abord, sur l’homosexualité ensuite. Quels sont les processus psychiques à l’œuvre dans le devenir-parent, l’orientation homosexuelle est-elle un obstacle à ce travail psychique, et, plus généralement, ne doit-on pas délier sexualité et parentalité ? D’autre part, peut-on déterminer précisément l’orientation sexuelle quand on ne s’en tient pas seulement aux comportements manifestes mais que l’on prend en compte la vie psychique inconsciente ?

     Sur la base d’analyses cliniques ici évoquées, l’auteur en vient à remettre en question les réponses rapides que l’on entend souvent : non l’homoparentalité ne pose pas de problèmes spécifiques. Certes, cela constitue une nouveauté sociétale, à l’évidence cela bouscule les normes juridiques, mais au plan psychanalytique, rien de foncièrement neuf n’apparaît, sinon une aptitude des sujets à inventer des liens nouveaux.

 

 

Un regard psychanalytique sur l’homoparentalité

 

Alain Ducousso-Lacaze

 

 

 

 

 

Le mot homoparentalité créé, en France, par l’Association des Parents et futurs Parents Gays et Lesbiens (APGL), désigne un ensemble de situations suffisamment variées pour qu’il soit devenu courant de l’employer au pluriel : homoparentalités. En effet, il existe quatre formes de configurations familiales, (Gross, 2004) : − 1. La recomposition familiale avec un partenaire du même sexe après une union hétérosexuelle ; − 2. Un système de coparentalité où un homme et une femme homosexuels, seuls ou en couple, se mettent d’accord pour avoir un enfant dont le temps de vie sera partagé entre les deux foyers ; − 3. L’adoption par un adulte homosexuel vivant en couple ou non ; − 4. Un couple de même sexe peut avoir un enfant grâce à une IAD (couple de lesbiennes) ou bien grâce à une maternité pour autrui (Couple de gays).

Ce mot est aujourd’hui utilisé dans les débats et dans la composition de titres de livres, d’articles et de numéros de revues. Mais s’est-on suffisamment interrogé sur les idées qu’il véhicule ? En associant la racine « homo » et le mot parentalité il laisse entendre qu’il existe un lien entre la parentalité et l’orientation sexuelle. Il existerait d’un côté la parentalité de ceux qui sont homosexuels et de l’autre la parentalité de ceux qui sont hétérosexuels.

Le mot parentalité, quant à lui, dans les milieux « psy » et du travail social est devenu un fourre-tout. Personnellement j’entendrai par parentalité l’ensemble des processus psychiques conscients et inconscients par lesquels on devient parent. On le sait : il ne suffit pas d’être désigné ou reconnu parent pour se sentir parent. Si l’on s’en tient à cette définition, le mot homoparentalité donne à penser que ces processus psychiques ne sont pas les mêmes selon que l’on est homosexuel ou hétérosexuel. Mais est-ce si sûr ? Pourquoi y aurait-il un lien entre l’orientation sexuelle et les processus psychiques qui font que l’on en vient à se sentir parent ?

Mais une autre question se pose, beaucoup plus épineuse probablement : comment définit-on l’orientation sexuelle ? Généralement on ne tient compte que des conduites, sexuelles en l’occurrence. Or tant que l’on s’en tient aux conduites il est aisé de dire qui est homosexuel, qui hétérosexuel. Si l’on s’intéresse à la vie psychique inconsciente en revanche les catégories deviennent moins évidentes et l’on sait qu’il existe une bisexualité psychique constitutive de chacun de nous.

Nous allons voir, à partir d’un exemple, comment la rencontre avec des adultes, se disant homosexuels et engagés dans la parentalité, met en évidence l’importance, pour notre réflexion, de maintenir ces questions ouvertes.

 

 

Situation familiale de Nadine

 

Elle est âgée de trente ans et vit en couple avec Caroline de dix ans plus âgée qu’elle. Caroline, dans le cadre d’un mariage classique a eu une fille aujourd’hui âgée de 16 ans. Voici deux ans les deux femmes ont rencontré un couple d’hommes, Guillaume et Claude, avec lequel elles ont construit le projet d’avoir un enfant. De ce projet est née Marie âgée de un an au moment de la rencontre avec Nadine. Les deux couples ont procédé à une « insémination artisanale » soit une procréation par transfert de sperme à l’aide d’une seringue.

Nous sommes donc en présence d’une configuration familiale peu classique, mais qu’en est-il de l’expérience la parentalité de Nadine, qui a mis au monde Marie ? Voici le résumé de son récit recueilli au cours d’un entretien clinique de recherche.

 

 

Le lien psychique aux générations antérieures

 

Pour Nadine, parler de l’émergence du projet d’enfant, comme le demande l’entretien, l’amène très rapidement à parler de sa mère. Pour qu’elle puisse envisager d’être mère il a d’abord fallu qu’elle mette en question l’image de sa propre mère. Pour Nadine, sa mère avait à son égard des attitudes étouffantes et leur rapport était « fusionnel, passionnel mais destructeur. J’avais peur d’être la même mère pour ma fille… en fait je suis une mère complètement différente ». Et puis « maintenant j’ai une valeur à mes propres yeux » Depuis la naissance de sa fille, elle se sent légitime à imposer des limites aux « débordements » de sa mère, mais elle insiste sur un point « c’est une meilleure grand-mère que mère ».

Ainsi, classiquement, Nadine raconte son expérience de la maternité en référence à l’image de sa propre mère. En cela l’orientation sexuelle ne modifie pas une dimension bien connue de l’expérience de la parentalité : le devenir parent implique sur le plan psychique au moins trois générations : celle de l’enfant, celle des parents et celle des grands parents. L’expérience de la parentalité passe par un processus complexe de mise en cause des images parentales, ici l’image de la mère, et de permutation qui donne le sentiment de se substituer aux parents dans la fonction parentale. Nadine exprime bien les bénéfices psychiques qui en découlent : elle a fait de sa mère une grand-mère ; dimension là encore bien connue du devenir parent même si, bien évidemment, les caractéristiques de l’image maternelle que porte Nadine sont tout à fait singulières.

 

 

Le lien de couple

 

Évoquant ses expériences amoureuses antérieures, Nadine insiste sur le fait qu’elle n’avait pas songé à porter un enfant avant de rencontrer Caroline. Cette dernière l’aurait amenée à se poser « plein de questions » sur sa mère. Et puis Caroline a su « voir en moi ce que je n’étais pas capable de voir, que je pouvais être une vraie maman chouette ». Nadine précise que dans ses relations amoureuses antérieures elle « se débinait » poussant ses compagnes à porter un enfant. Elle croyait alors qu’elle pourrait être « un super papa » et se souvient de son désir de transmettre les valeurs intellectuelles héritées de son père. Avec le lien amoureux à Caroline débute la possibilité, pour Nadine, de se penser mère elle-même.

On a beaucoup étudié comment le lien amoureux à un homme peut permettre à une femme de se détacher subjectivement de sa mère et ainsi se penser mère elle-même. Ce que montre le récit de Nadine, c’est que le lien de couple homosexuel peut également participer à un tel processus. Caroline semble constituer pour Nadine une image maternelle de référence.

 

 

Le lien au père de l’enfant

 

Abordons maintenant ce que dit Nadine de Guillaume, le père de sa fille. Le récit de la première fois où elle a vu Guillaume, en public, ressemble au récit d’un coup de foudre : ses propos captivaient l’assemblée. Elle a cru qu’il s’agissait du conférencier annoncé. Depuis, pour Nadine, les qualités de Guillaume n’ont fait que se confirmer : « Jamais, jamais il déborde, en rien… Ah, je me suis pas trompée ! C’est le rêve ! (…) Oui, oui, vraiment, Guillaume, c’est le rêve !… Enfin, il est extraordinaire, quoi ! ». Ne prendre en compte que les conduites présente l’avantage de faciliter les catégorisations : puisqu’elle vit avec une femme, Nadine est homosexuelle. Mais à travers les paroles de Nadine sur Guillaume se manifeste la complexité de la vie psychique. Les sentiments qu’elle éprouve à l’égard de cet homme ressemblent à de l’amour. Deux remarques parmi d’autres possibles. D’une part, on peut constater, comme je l’ai déjà dit, que lorsque l’on s’intéresse à la vie psychique et plus seulement aux conduites, la différence entre homosexualité et hétérosexualité acquiert une certaine relativité. D’autre part, on peut se demander dans quelle mesure la parentalité ne réactualise pas nécessairement des fantaisies hétérosexuelles. Faire un enfant suppose, d’une manière ou d’une autre, de « faire appel » à un représentant de l’autre sexe et donc sollicite probablement un éprouvé plus ou moins sexualisé à son égard. Qu’en est-il pour les couples lesbiens qui ont recours à une Insémination Artificielle avec Donneur ? (Ducousso-Lacaze, 2004)

Qu’aime particulièrement Nadine chez Guillaume ? «… c’est quelqu’un qui a une part de féminité, d’un point de vue sensibilité, et ça c’est génial ! Mon père était comme ça, et par rapport à un enfant, c’est génial, quoi ! C’est un, c’est un type, qui a pas peur de… (…) il va faire tout ce qu’une femme peut faire avec un enfant ». « …avoir rencontré quelqu’un d’aussi extraordinaire quand on a autant aimé son père, parce que… la barre était haute ! ».

Ainsi les fantaisies hétérosexuelles à l’égard de Guillaume semblent s’appuyer sur un vécu infantile que l’on connaît bien par ailleurs : le vécu œdipien. Est donc à l’œuvre un principe banal selon lequel le partenaire amoureux a quelque chose à voir, sur le plan inconscient, avec les premiers objets d’amour même si, en toute rigueur, Guillaume n’est pas le partenaire amoureux de Nadine.

Ajoutons ce commentaire. Le sexe anatomique d’une personne n’empêche pas les variations imaginaires de ceux qui la côtoient et, éventuellement l’aiment. Bien que sachant que son père et Guillaume sont de sexe masculin, l’imaginaire de Nadine leur attribue par ailleurs des qualités qui, pour la jeune femme, relèvent de la féminité.

 

 

Difficultés relationnelles

 

Nadine évoque aussi des conflits avec Claude, le compagnon de Guillaume. Selon elle, il voudrait prendre une place trop importante auprès de Marie et « se prend pour le père, voire la mère » et même veut que l’on considère sa propre mère comme la grand-mère de Marie. Nadine insiste sur l’importance de la filiation biologique, et de la filiation instituée : pour elle, Marie doit avoir deux lignées clairement identifiées. Elle estime qu’ajouter la lignée de Claude (sa mère) et celle de Caroline, créerait de la confusion.

La vie quotidienne dans ce genre de configuration familiale n’est pas simple (Cadoret, 2002). Pour les adultes se pose régulièrement la question de leur place auprès de l’enfant. Qui est le père ? Qui est la mère ? Qui est parent ? À quelles lignées appartient l’enfant ? Mais ces questions, sources de « frictions », ne sont pas très différentes de questions fréquentes dans les familles dites recomposées. Par exemple, un enfant doit-il appeler grand-père et grand-mère les parents du mari de sa mère ou de la femme de son père ? Une question comme celle là peut facilement engendrer des tensions dans la famille recomposée « classique ».

 

 

Penser par analogies

 

L’exemple de Nadine ne rend pas compte à lui seul de l’ensemble des situations dites d’homoparentalité que nous avons rencontrées au cours de nos recherches. Pourtant il permet d’insister sur un point : ces situations ne sont ni identiques ni radicalement différentes des situations « d’hétéroparentalité ». Elles leurs sont analogues. Autrement dit les familles dites homoparentales présentent indéniablement des différences par rapport aux familles habituelles dans notre culture, mais ces différences s’accompagnent de ressemblances que nous risquons de ne pas voir si nous nous laissons aveugler par les différences. Penser des analogies c’est penser de la ressemblance en dépit de la différence. Nous pouvons le dire d’une autre manière : les familles dites homoparentales témoignent de changements dans nos configurations familiales mais une certaine permanence en dépit des changements se manifeste aussi. C’est ce que nous allons tenter de synthétiser pour terminer.

 

 

Ce qui ne change pas

 

La notion de parentalité, selon la définition donnée, aide à penser ce qui ne change pas en dépit de ce qui change. Quelque chose ne change pas dans la parentalité. Les familles dites homoparentales ne sont pas le lieu de l’avènement d’une expérience radicalement nouvelle de la parentalité et l’exemple de Nadine permet de préciser. L’expérience du devenir parent, pour le sujet homosexuel ou hétérosexuel, s’inscrit dans le cadre de l’institution de la succession des générations. De ce fait, elle mobilise chez lui des désirs qui visent spécifiquement les images de ses propres parents : désir de les supplanter, désir de leur ressembler, désir de les inscrire à la génération des grands-parents. On sait qu’il n’est facile pour personne de répondre pour son propre compte à cette exigence et qu’elle est source de conflits psychiques et de sentiments de culpabilité pour tout adulte devenant parent.

Les travaux sur l’homoparentalité montrent donc que, contrairement à ce qu’ont dit certains, l’orientation homosexuelle n’est pas en soi un obstacle à la mise en place du travail psychique indispensable pour renoncer à sa position d’enfant. Autrement dit, il semble bien qu’il ne soit pas nécessaire d’avoir une sexualité potentiellement reproductrice (hétérosexualité) pour être en mesure d’accéder, sur le plan psychique, à une position de parent. On peut donc avoir des conduites sexuelles non reproductrices (homosexualité) sans pour autant échapper au désir de s’inscrire, en tant que parent, dans la continuité des générations.

 

 

Ce qui change

 

Une question m’a été posée par différents interlocuteurs : dans quelle mesure ce qui précède ne conduit-il pas à l’idée que les familles dites homoparentales ne sont pas véritablement porteuses de changements ? Il convient de distinguer des niveaux. Au niveau social les familles dites homoparentales constituent indéniablement une nouveauté. Pour la première fois, dans notre culture, la différence des sexes des parents n’apparaît pas comme une référence fondatrice incontournable. Au niveau politique, elles interrogent le fonctionnement de nos sociétés dites démocratiques : devons-nous par une décision politique redéfinir notre mode d’institution des liens d’alliance et de filiation ?

Qu’en est-il au niveau psychologique ? La réflexion à partir de la notion de parentalité suggère qu’à ce niveau-là les changements restent limités voire quasiment inexistants. Et pourtant l’exemple de Nadine peut nous aider à faire preuve de davantage de perspicacité. Certes Nadine mobilise des processus psychiques que nous connaissons bien par ailleurs. Mais elle ne les mobilise pas en « s’appuyant » sur le lien d’alliance, lien conjugal, entre un homme et une femme. Elle les mobilise en « s’appuyant » sur un lien conjugal avec une femme et un lien non conjugal, mais fortement investi, à l’homme qui est le père de son enfant. Ajoutons qu’elle s’appuie aussi sur le lien entre les deux couples qui se répartissent la garde de l’enfant. Peut-être sommes-nous là au plus près du changement au niveau psychologique, dans la mobilisation de cette capacité des personnes à créer des liens non institués, voire non conventionnels, mais qui leur permettent de soutenir une position parentale. Évidemment cela peut être compliqué, comme le montre le conflit avec Claude, mais nous sommes en dehors des chemins parfaitement balisés…

 

 

 

Bibliographie

 

Cadoret, A., (2002), Des Parents comme les autres. Homosexualité et parenté, Paris, Odile Jacob.

Ducousso-Lacaze A., (2004), « À propos du père dans la parentalité lesbienne », Revue Le Divan familial, n°13, pp. 29-42

Ducousso-Lacaze A., (2005), « Familles homoparentales : qu’est-ce qui (ne) change (pas) ? », Revue Psychomédia, n°2

Ducousso-Lacaze A. et Gachedoit P., (2006), « Homosexualité et parentalité : une approche psychanalytique », in Cadoret A. et alii., Homoparentalités. Approches scientifiques et politiques, PUF, pp. 261-272

Ducousso-Lacaze A et Scelles R., (2006), Homoparentalités, Revue Dialogue, n° 173

Ducousso-Lacaze A., (2008), « Homoparentalité : qu’est-ce qui change dans la famille ? », Revue Pratiques Psychologiques, 14, pp. 17-25

Gross M., (2004), « Pluralité des familles homoparentales », in Angel P. et Mazet. P, Guérir les souffrances familiales, PUF, pp. 321-340

 

 

 

Pour citer cet article

Alain Ducousso-Lacaze, « Un regard psychanalytique sur l’homoparentalité », La_Revue, n° 3, www.lrdb.fr, mis en ligne en mars 2009.

<articles.php?lng=fr&pg=1150>


Date de création : 28/02/2009 22:07
Dernière modification : 28/02/2009 22:07
Catégorie : Psychanalyse
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