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Histoire - Anne-Claire REBREYEND

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La_Revue, n° 3

Genres & générations

 

« Autobiographies, genre et générations : données croisées pour une histoire de l’intime », Anne-Claire Rebreyend

     Historienne, Anne-Claire Rebreyend a consacré sa thèse à l’évolution des rapports amoureux en France, des années 20 aux années 70 (a). Exploitant des archives autobiographiques inédites (journaux personnels, récits de vie, correspondances), elle fait l’histoire de la lente érotisation du couple conjugal et révèle une double émancipation dans l’amour et la sexualité vécus, mais aussi dans les mots pour dire ces intimités amoureuses − « le privé du privé ».

     Car on ne dit pas les choses du dedans, sentiments, désirs, sexualité, de la même façon à toutes les époques. Anne-Claire Rebreyend distingue ainsi trois générations. D’abord celle de « l’intime feutré », les récits de vie, prolixes sur les événements historiques, professionnels ou familiaux taisent les émois et les élans. Puis vient le temps de « l’intime questionné » ; préparant peut-être la libération des mœurs, c’est la parole d’abord qui s’émancipe : on parle beaucoup de sentiments et de l’importance de l’amour, mais aussi de sexualité, plus ou moins ouvertement. Enfin, vient la génération de « l’intime exhibé », les hommes comme les femmes se racontent sans complexe et décrivent très librement leur sexualité comme un élément déterminant de leur existence.

________________________

(a) Une version abrégée de ce travail vient de paraître, Intimités amoureuses. France 1920 – 1975, Presses Universitaires du Mirail, 2009, 340 pages.

 

 

Autobiographies, genre et générations :

 

données croisées pour une histoire de l’intime

 

Anne-Claire Rebreyend

 

 

 

 

 

Comment faire l’histoire de l’intime à partir des archives autobiographiques, en tenant compte des rapports du public et du privé, du collectif et de l’individuel, du masculin et du féminin, du spectaculaire et de l’intime ? À l’instar de Denis Bertholet qui a rassemblé des générations d’autobiographes pour le XIXe siècle, on peut rappeler « qu’on ne raconte pas sa vie de la même manière à toutes les époques » (1). De même, les individus ne pensent pas l’amour et la sexualité de la même manière en fonction de leur sexe, de leur âge, de leur époque, de leur espace. Ainsi, les façons de dire les représentations amoureuses et sexuelles ont beaucoup changé dans la France des années 1920 aux années 1970 (2).

Il est possible de retracer ces transformations grâce aux archives autobiographiques conservées par l’APA (Association pour l’autobiographie et le patrimoine autobiographique). J’ai analysé 247 textes inédits de l’APA (191 récits autobiographiques écrits, 15 récits oraux transcrits, 32 journaux intimes, 9 correspondances). Ces textes sont l’œuvre de 216 auteurs (112 femmes et 104 hommes), nés pour près de la moitié entre 1919 et 1939, et issus de tous les milieux sociaux. Les auteurs s’estiment souvent « ordinaires », « banals », faisant partie des « Français moyens » (3).

 

 

La notion de génération en histoire

 

Si l’usage du concept de génération est spontané, sa définition est ardue et en constant remaniement chez les historiens et les historiennes. Mais, souligne Jean-Pierre Azéma, l’approche générationnelle « s’est révélée une grille de lecture presque toujours féconde et fournit parfois une clef explicative fondamentale » (4). Les gens qui sont nés en un temps et un pays donné vivent les mêmes événements fondateurs, traversent les mêmes changements, puisent dans un même cadre de représentations mentales complexes (Michel Winock parle de « système idéologique » (5). L’identification d’une génération ne se réduit pas à un événement ni à un ensemble de cohortes démographiques. De ce fait, pour aborder l’histoire de l’intime à l’aide du concept de génération, il faut tenir compte de la nature et du contenu des textes sur l’intime : le style des auteurs et des auteures, leurs préoccupations quotidiennes, leur façon d’évoquer ou non leur vie amoureuse ou sexuelle. La génération est bien un concept opérationnel pour faire l’histoire de l’intime (6).

Écrire l’histoire de l’intime pose le problème du passage du niveau individuel au niveau collectif. En adoptant le principe de la « variation d’échelle » (7) préconisé par les historiens et les historiennes de la micro-histoire, on peut mettre en regard trois niveaux d’analyse : l’échelle individuelle (le cycle de vie ou parcours biographique d’un individu ordinaire), l’échelle de la génération (une cohorte de personnes ayant à peu près le même âge à la même époque) et enfin l’échelle du cadre historique (les structures politiques, sociales et économiques). L’intermédiaire de la génération permet de passer plus habilement du discours individuel au discours collectif, en confrontant la parole d’un individu donné au discours récurrent des personnes appartenant à sa génération, avant de le resituer dans le contexte général des discours dominants, ceux des institutions et des personnes influentes de son temps.

Trois générations ont ainsi été repérées : une génération de personnes nées avant 1918 et discrètes sur leur vie intime ; une génération de personnes nées entre 1919 et 1939, qui s’interrogent sur l’amour et la sexualité ; une génération de personnes nées après 1940 qui commencent à exhiber l’intime.

 

 

La génération de l’intime feutré

 

Les individus de la première génération, nés grosso modo entre 1870 et 1918, restent souvent discrets sur leur vie intime, privilégiant dans leurs récits autobiographiques, écrits ou oraux, les aspects purement professionnels ou familiaux de leur existence. Les journaux ou les correspondances relatent en majorité des expériences de guerre, en insistant plus sur l’événementiel que sur le vécu personnel, peut-être pour coller davantage à la « grande Histoire » et ainsi légitimer la prise de parole. Les textes qui évoquent à la fois l’amour et la sexualité émanent de personnes vivant dans le monde de la bohème artistique et intellectuelle parisienne, dont les mœurs sont plus libres qu’en province.

Tous ces hommes et ces femmes ont grandi à la Belle Époque et ont dû faire face à l’explosion du « monde d’hier » cher à Stefan Zweig (8), lors de l’embrasement de l’Europe en 1914. Ils vivent leur existence d’adulte durant l’entre-deux-guerres. Les plus âgés appartiennent encore au XIXe siècle, mais les autres se sentent clairement à la charnière de deux siècles : « Ma génération est au carrefour de deux époques très différentes et nous sommes les derniers témoins de celle qui disparaît », écrit Alice, une enseignante née en 1902 (9). Elle décrit le monde paysan dans lequel elle a grandi, sa carrière d’enseignante et de syndicaliste dans le primaire supérieur et les lieux qu’elle a habités, mais ne révèle jamais ses états d’âme. Son autobiographie est exemplaire sur le plan du fond comme de la forme. Alice présente sa vie comme un modèle à suivre, fait de rigueur, de travail et de droiture ; elle construit son récit comme la majorité de ses contemporains, en occultant tout ce qu’il peut y avoir de trop intime. Elle se fait la porte-parole d’une génération relativement discrète dans ses écrits autobiographiques. Pas de tapage ni d’extravagance dans ces textes, mais plutôt un murmure amoureux qu’il s’agit de décrypter. Si les personnes nées avant 1918 occultent le sujet de la sexualité, elles n’évitent pas totalement celui de l’amour vu de manière positive : on s’aime, on se marie, on reste fidèle l’un à l’autre, on laisse peu à peu s’installer une tendre amitié. C’est donc une sorte d’amour particulière, l’amour conjugal, qui est mis en avant, et ce de manière souvent rapide : « mon mariage, mes enfants, une période heureuse (1925-1939) » est le titre d’un chapitre d’une autobiographie féminine (10).

Aussi, le schéma du récit autobiographique est-il toujours le même : longue description de l’enfance et de son environnement plus que de la personnalité de l’enfant, passage assez rapide sur l’adolescence ; puis le mariage et les naissances sont mentionnés comme autant de dates qu’on ne commente pas, au contraire de la carrière, des déménagements, de la manière de vivre un événement historique important. Et quand on ne se marie pas, on dit rarement pourquoi. Pour les individus de cette génération, raconter sa vie, c’est avant tout évoquer un parcours professionnel (plutôt pour les hommes) et familial au sens large (plutôt pour les femmes), mais pas dévoiler l’intime. Cela est fort bien résumé par une fille qui transcrit le récit oral de son père né en 1900 : « Non, il ne nous dira pas tout. Chaque être a droit à son jardin clos, à son espace de confrontation avec lui-même, à son tête à tête intime » (11).

 

 

La génération de l’intime questionné

 

Les discours de la génération suivante, celle des personnes nées entre 1919 et 1939, interrogent plus volontiers l’intime, à travers des textes très hétérogènes, qui vont de l’usage des métaphores et des périphrases à la description la plus précise et crue d’une relation sexuelle, en passant par de longs monologues sur la nature du sentiment amoureux et la place importante de l’amour dans leur vie. Ces individus traversent la Deuxième Guerre mondiale et sont adultes dans les années 1950 pour les plus âgés, 1960 pour les plus jeunes. On peut donc entièrement suivre leur parcours biographique. C’est avec cette « génération singulière » et par elle que se jouent les mutations sexuelles et amoureuses de la période étudiée (12). Ses représentants sont en outre les enfants des hommes et des femmes du XIXe siècle, et les parents de la jeunesse soixante-huitarde : leur discours sur leurs parents et sur les lacunes de leur éducation sexuelle permet de combler les blancs de la génération précédente − plus réservée sur les questions intimes − tandis que leur jugement de valeur sur le comportement amoureux de leurs enfants donne un aperçu des changements opérés. Cette génération, qui connaît la démocratisation de l’école et la massification de la culture, semble avoir trouvé « les mots pour le dire » selon l’expression de Foucault.

Cette deuxième génération est la mieux représentée et fournit près de la moitié des textes sur l’intime. Cela est dû à la nature du fonds de l’APA, mais c’est aussi l’une des particularités de cette génération plus prolixe que les autres. On peut y voir un besoin de rester actif durant la retraite, de faire un bilan personnel et un retour au passé au moment de la vieillesse, ou un désir de transmettre un héritage familial à ses enfants et ses petits-enfants (13), alors que les générations plus anciennes y songeaient peu, et que ce besoin paraît moins urgent pour les générations plus récentes. Enfin, ayant vécu les mutations importantes du XXe siècle dans le domaine sexuel et amoureux, cette seconde génération éprouve peut-être davantage que les autres le besoin de revenir sur les aspects les plus intimes de l’existence. Par ailleurs, ces personnes écrivent leur récit au moment où la sexualité est devenu objet de discours dans les années 1980-1990 et sont donc probablement influencées par le contexte historique de libéralisation des mœurs. On note toutefois que les journaux produits par cette génération deviennent plus « intimes » que ceux écrits précédemment, ce qui tend à relativiser le rôle du contexte d’écriture. Élisabeth, âgée de 18 ans en 1949, s’interroge ainsi dans son journal intime : « Mes cahiers sont bien compromettants, les garderai-je lorsque je me marierai ? Je témoigne de la vitalité et de la sensualité d’une jeune fille d’aujourd’hui ! » (14).

La mixité des auteurs est une réalité, avec une répartition à peu près égale entre les textes de femmes et d’hommes, malgré une légère domination des écrits féminins qui reflète celle du fonds de l’APA (15). Si les hommes sont plus nombreux parmi la génération née avant 1918, les femmes s’imposent dans les écrits les plus récents.Il y a eu beaucoup de destructions dans les archives privées, souvent tenues par les femmes. Michelle Perrot invoque la négligence, le souci des convenances, la culpabilité et l’humilité des femmes elles-mêmes, et détecte dans ces destructions, une « forme d’adhésion au silence que la société impose aux femmes » (16) − surtout dans le domaine sexuel. Le fait que les écrits de femmes sur l’intime dépassent ceux des hommes dès l’arrivée de la deuxième génération (et surtout pour la génération suivante), n’est pas anodin et suggère la grande place des femmes dans le processus de libéralisation de la parole sur l’intime. Il est possible que les femmes osent davantage écrire leur vie amoureuse et sexuelle, mais, plus encore, qu’elles refusent la perte et l’oubli de leur production. Dépositaires de l’écriture domestique, elles tiennent des cahiers intimes durant leur jeunesse, écrivent des lettres d’amour lors de leur rencontre avec « l’homme de leur vie », puis rédigent leurs souvenirs et l’histoire familiale à l’aube de la vieillesse (17). Cependant, si elles écrivent plus, elles continuent de moins publier que les hommes (18), d’où le recours à l’APA qui se contente de diffuser les textes.

 

 

La génération de l’intime exhibé

 

Les personnes née après 1940 et faisant partie de la dernière génération considèrent, à de rares exceptions près, que la sexualité fait partie intégrante de leur vie et contribue à façonner leur personnalité. Ce sont les enfants du baby-boom, qui grandissent durant les prospères « Trente Glorieuses », sont au cœur des événements de Mai 68 et vivent la libération de la contraception et de l’avortement. Jean-François Sirinelli en a fait la génération des baby-boomers (19). Les auteurs de cette génération évoquent désormais autant la sexualité que l’amour. Le nom sexualité lui-même et l’adjectif sexuel se sont démocratisés : on parle de « rapport sexuel », de « relation sexuelle ». Le rôle des femmes dans cette montée en puissance de la parole sur l’intime se voit conforté. Désormais elles écrivent et parlent de sexe autant que les hommes et avec le même souci de détails − si l’on en croit le volumineux courrier qu’elles adressent en leur nom propre ou en celui de leur partenaire aux médecins, journalistes, écrivains « spécialistes » de la sexualité (20). Longtemps, les femmes ont disposé de droit et de fait d’une moindre liberté sexuelle que les hommes. Ayant fraîchement conquis cette liberté, il n’est pas très étonnant qu’elles veuillent à tout prix la « normaliser » et la faire entrer dans le moule médical. Elles veulent autant éviter leur propre culpabilité que les débordements supposés ou réels de la sexualité masculine.

Née en 1943 à Alger, Andrée poursuit des études de lettres à Aix-en-Provence, puis à Paris dans les années 1960. Cette future enseignante gravite dans la mouvance féministe et d’extrême gauche et participe activement aux événements de Mai 68. Marquée par les luttes féministes des années 1970, en particulier celles du MLF, du MLAC, du MFPF (21), elle souhaite rendre hommage aux femmes de sa génération − « une génération rebelle », qui, selon elle, sonne le glas de « générations de femmes frigides ». Pour cette raison, Andrée entreprend en 1988 la rédaction d’une autobiographie centrée sur Mai 68 et les deux décennies qui suivent, et intitulée Avons-nous suffisamment contemplé les étoiles ? (22).

Un tournant majeur s’opère à la lecture des récits ou des journaux intimes des individus de cette troisième génération. Ceux-ci écrivent leur autobiographie non pas pour présenter le bilan d’une vie ou pour faire revivre un passé en voie de s’éteindre (celui du monde paysan, puis ouvrier), mais pour exposer leurs difficultés existentielles, et incidemment leurs problèmes sexuels. Cela est peut-être dû au fait que ces personnes sont encore au milieu de leur vie au moment où elles en font le récit. Il est encore trop tôt pour savoir ce qu’elles écriront quand elles auront atteint la vieillesse et qu’elles se sentiront peut-être à leur tour dépositaires d’un monde révolu, celui du XXe siècle. On retrouve cependant la même inquiétude dans les journaux, ce qui tendrait à prouver qu’il s’agit d’une préoccupation commune à cette génération, qui a vécu sa jeunesse et son âge adulte dans les « années 68 » (23). « Dire combien le sexe m’obsède » résume Gérard âgé de 22 ans en 1970. Il est alors étudiant en philosophie à Paris et tient un journal intime (24).

Le nombre plus réduit de textes de la troisième génération dans mon étude s’explique par le fait que ses représentants relatent plutôt des événements ayant lieu après les années 1970, où la sexualité tient d’ailleurs souvent une place importante. Cette lacune est comblée par les nombreuses correspondances inédites adressées à Simone de Beauvoir, Menie Grégoire ou au MFPF, qui émanent le plus souvent de personnes de cette dernière génération.

 

 

Faire l’histoire de l’intime, c’est laisser s’exprimer des registres de paroles différents, un peu comme une partition à plusieurs voix : le soliste (l’individu ordinaire lambda), les instruments qui l’accompagnent (sa génération) et le chef d’orchestre qui dirige le tout (les institutions en place, les structures socio-économiques). C’est la voix du soliste qui est mise en valeur, mais sans négliger les musiciens et le chef d’orchestre. On parvient à déceler à la fois les tendances lourdes de la vie sexuelle et amoureuse d’une génération et les stratégies individuelles qui contribuent à nuancer et à infléchir ces tendances. Ce va-et-vient entre parcours collectif et individuel, en renouvelant les angles d’approches historiques de la sexualité et de l’amour durant le XXe siècle, permet d’en appréhender toute la complexité.

Ainsi, en croisant les trajectoires individuelles masculines et féminines, les destinées collectives des trois générations et le cadre historique général, on peut délimiter trois grandes périodes dans l’histoire de l’intime en France entre 1920 et 1975 : celle d’un intime feutré dans l’entre-deux-guerres, celle d’un intime questionné durant la Deuxième Guerre mondiale et la période du baby-boom (1939-1965) et enfin celle d’un intime exhibé durant les « années 68 » (1965-1975).

 

______________________________

(1) Denis Bertholet, Les Français par eux-mêmes. 1815-1885, Paris, Olivier Orban, 1991, p. 12.

(2) Voir Anne-Claire Rebreyend, Intimités amoureuses. France 1920-1975, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, 2009.

(3) Le fonds de l’APA est situé à La Grenette, 10, rue Amédée Bonnet, 01 500 Ambérieu-en Bugey (grenette@wanadoo.fr).

(4) Jean-Pierre Azéma, « La clef générationnelle », Vingtième siècle. Revue d’histoire, n° 22, avril-juin 1989, p. 4. Pour une discussion sur le concept de génération et l’approche générationnelle en histoire, on peut se référer à l’ensemble de ce numéro de Vingtième siècle.

(5) Michel Winock, « Les générations intellectuelles », Vingtième siècle. Revue d’histoire, n° 22, avril-juin 1989, p. 19.

(6) Jessica Scale, « Couple et génération », Vingtième siècle. Revue d’histoire, n° 22, avril-juin 1989, p. 61, se montre réservée sur l’approche générationnelle pour étudier le couple au XXe siècle : « avec son refus structurel de se plier au temps court des générations, sa réticence à se laisser repérer en fonction d’événements majeurs, le couple ne peut valider l’hypothèse générationnelle ». Même s’il est vrai que durant tout le XXe siècle, « on s’aime, on se marie, on fait des enfants » (p. 58), une analyse plus fine du couple suggère que l’amour ne se dit et ne se fait pas de la même manière, que le mariage n’a pas la même signification et que le rapport entre sexualité et procréation est bouleversé au cours du XXe siècle. Par ailleurs, un couple n’est pas nécessairement composé d’un homme et d’une femme. Enfin, certains événements marquants influent sur la vie de couple. Une génération comme celle des autobiographes et des diaristes qui questionnent davantage l’intime, a vu sa vision du couple changer au fil du temps.

(7) Jacques Revel (dir.), Jeux d’échelle. La micro-analyse à l’expérience du concret, Paris, Gallimard, Seuil, 1996, p. 13.

(8) Stefan Zweig, Le monde d’hier, Paris, Belfond, 1983 (éd. orig. : 1944).

(9) Toutes les citations proviennent des textes du fonds de l’APA. J’utilise la cote APA suivie d’un numéro ou APAx si l’anonymat doit être préservé.

(10) APA 1569.

(11) APAx, prologue.

(12) Anne-Marie Sohn a souligné l’importance de cette « génération singulière » dans Âge tendre et tête de bois. Histoire des jeunes des années 1960, Paris, Hachette, 2001, p. 355.

(13) Jacqueline Brisson, « Comment mémoire garder », Garde-mémoire, vol. 1, p. 4.

(14) APA 324. Entrée du 2 octobre 1949.

(15) 54 % de textes féminins contre 46 % masculins d’après le Garde-mémoire, vol. 6.

(16) Michelle Perrot, « Pratiques de la mémoire féminine », Les femmes ou les silences de l’histoire, Paris, Flammarion, 1998, p. 13-14.

(17) Agnès Fine, « Écritures féminines et rites de passage », Communications, n° 70, 2000, p. 121-142.

(18) Philippe Lejeune, « Journaux personnels. Les femmes écrivent, les hommes publient ! », La Faute à Rousseau, n° 24, juin 2000, p. 45-46. Voir aussi Ginette Castro, Marie-Lise Paoli (dir.), Écritures de femmes et autobiographie, Pessac, Maison des sciences de l’homme d’Aquitaine, 2001, p. 11.

(19) Jean-François Sirinelli, Les baby-boomers. Une génération 1945-1969, Paris, Fayard, 2003.

(20) Ce sont en majorité des lettres de femmes qu’on trouve dans les correspondances adressées à Simone de Beauvoir, Menie Grégoire ou au Planning familial.

(21) Mouvement de libération des femmes, Mouvement pour la libération de l’avortement et de la contraception, Mouvement français pour le Planning familial.

(22) APA 876. Pour lire un extrait commenté de son autobiographie, se référer à Anne-Claire Rebreyend, « Une “femme libérée” ? Récit autobiographique sur les années 68 » dans CLIO HFS, n° 29, à paraître en avril 2009.

(23) Voir Geneviève Dreyfus-Armand, Robert Frank, Marie-Françoise Lévy, Michelle Zancarini-Fournel (dir.), Les années 68, op. cit. et Philippes Artières, Michelle Zancarini-Fournel (dir.), 68. Une histoire collective (1962-1981), Paris, La Découverte, 2008.

(24) APA 1288, Entrée du 24 janvier 1970.

 

 

 

Pour citer cet article

Anne-Claire Rebreyend, « Autobiographies, genre et générations : données croisées pour une histoire de l’intime », La_Revue, n° 3, www.lrdb.fr, mis en ligne en mars 2009.


Date de création : 08/03/2009 08:00
Dernière modification : 08/03/2009 08:00
Catégorie : Histoire
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