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1. E. SIRE-MARIN - Projection-débat

Les Rencontres de Bellepierre

2010-2011

« Normalement… »

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Les Rencontres de Bellepierre, la Ligue des droits de l’Homme et Amnesty International sont heureux de vous inviter à la

 

projection-débat du film La Révélation

 

réalisé par Hans-ChristianSchmid

 

en présence d’Évelyne Sire-Marin,

 

magistrate, membre du comité central de la Ligue des droits de l’Homme, Présidente d’honneur de la Fondation Copernic et ancienne présidente du Syndicat de la Magistrature.

 

le vendredi 15 octobre 2010 à 18h

amphithéâtre du Lycée Bellepierre de Saint-Denis

entrée libre

 

La révélation, synopsis. 2009, Tribunal Pénal International de La Haye. Goran Duric, ex-Général en passe d’accéder à la présidence Serbe, comparaît pour crimes contre l’humanité. En charge de l’accusation, la Procureure Hannah Maynard est vite discréditée par les déclarations mensongères d’Alen Hajdarevic, son seul témoin. Elle réalise alors que Mira, la sœur d’Alen, en sait plus sur l’accusé qu’elle ne veut bien l’avouer. Malgré les risques encourus pour sa vie rangée en Allemagne, Mira cède aux pressions d’Hannah et décide de témoigner. Mais c’est là sans compter sur les rouages juridiques du Tribunal et autres collusions politiques auxquels elles se retrouvent bientôt toutes deux confrontées. Jusqu’à mettre à l’épreuve leur complicité...

 

Les Rencontres de Bellepierre

www.lrdb.fr

LDH, section Saint-Denis de La Réunion

http://www.ldh-france.org/section/saintdenis-reunion/

 

 

*************

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Entretien avec Évelyne Sire-Marin

 

 

LRDB. À propos de la justice internationale

La politique comme le droit semblent peiner à s’internationaliser. Les institutions juridiques (par exemple la CPI) et les entités politiques (ONU, Europe) internationales paraissent finalement toujours très largement subordonnées aux intérêts des États-nations, alors que dans le même temps l’économie − trafic illégal bien sûr, mais aussi commerce légal et institutionnel − se mondialise et semble bien se moquer, voire se jouer et profiter des frontières.

Pensez-vous que le droit international progresse et a de l’avenir ? Voyez-vous des mesures très concrètes à prendre qui favoriseraient l’accélération de ce progrès ?

 

Évelyne Sire-Marin.

Il est indéniable que la création même de la CPI (Cour Pénale Internationale) marque une énorme progression du droit international. D’ailleurs certains états, parmi les plus importants, refusent de ratifier le statut de la CPI pour cette raison (Chine, États-Unis, Israël, etc). La ratification du statut de la CPI par les pays non encore signataires est un objectif nécessaire, ainsi que l’élargissement des conditions de saisine. En effet, pour l’instant, seul le Procureur peut saisir la CPI (ou le conseil de sécurité de l’ONU) ; il faudrait étendre la possibilité de saisir la CPI aux associations de victimes de génocide, crime de guerre et crime contre l’humanité.

Sur la réforme des politiques publiques en général et de la justice en particulier

Dans le film, le jeune juge s’énerve et dénonce la prise de pouvoir de la justice par « les comptables » ; il lui est reproché, en retour, son idéalisme. En France, la justice (mais aussi l’éducation, la santé, la police…) est soumise à des réformes qui s’inscrivent dans le projet de modernisation de l’État. Il est parfois difficile de faire le lien entre toutes ces réformes : le droit du travail, la formation des enseignants, l’organisation de l’hôpital, la fusion gendarmes-policiers… Certains pensent qu’il s’agit, à chaque fois de la prise de pouvoir des « comptables » et peut-être des « managers » et que c’est le signe d’une politique néolibérale.

Vous êtes magistrate, mais aussi, engagée politique à gauche : voyez-vous une cohérence dans ces réformes et qu’en pensez-vous ?

Regardant la justice, « ça bouge » aussi beaucoup. On parle de la suppression du juge d’instruction, de la modification de l’âge de la responsabilité pénale, il y a eu la rétention de sûreté et récemment la modification de la déchéance de la nationalité. Qu’en pensez-vous ?

Quelles réformes vous semble-t-il urgent et nécessaire de mettre en œuvre ?

 

ÉSM. La suppression de 300 tribunaux a considérablement affaibli le service de la justice. Un travail de réimplantation locale des tribunaux devrait être envisagé, par exemple dans les communes de banlieue et en tenant compte de l’évolution des contentieux (faut-il par exemple continuer à maintenir la justice familiale dans les tribunaux de grande instance ?).

21 lois sécuritaires ont été votées depuis 8 ans. Elles portent atteinte aux libertés et à l’indépendance de la justice. Il faut envisager de supprimer la plupart de ces dispositions. Le fichage, les contrôles d’identité, la vidéosurveillance ne doivent plus être généralisés. L’avocat doit être présent en garde à vue.

Les relations entre la police et les citoyens ne cessent de se dégrader. La police s’est militarisée et éloignée de la population. Il faudrait envisager de créer une police du quotidien en réorganisant l’ensemble de l’institution.

Enfin, l’actualité démontre que le Procureur et son parquet sont tout-puissants dans la justice. Mais ils dépendent de l’exécutif. Il faudrait réformer la nomination des procureurs, mais aussi recentrer la justice pénale sur sa fonction de juger les affaires graves et complexes (trafic de stupéfiants, criminalité organisée, infractions financières...). En effet, les tribunaux sont débordés par des petites affaires (pénalisation de la misère) qui alimentent les statistiques, mais pour lesquelles le traitement judiciaire et souvent inadapté.

Sur la judiciarisation des relations humaines

La justice est de plus en plus présence dans les rapports humains. On porte plainte contre son médecin, son garagiste, son professeur ou son élève, voire contre ses parents ou ses enfants…

Est-ce une bonne nouvelle pour la justice et les justiciables ?

 

ÉSM

La médiation et la conciliation sont insuffisamment développées en France. Mais la judiciarisation de la société est un problème plus vaste, lié notamment à la volonté des politiques de faire de la sécurité, de la compassion et de la souffrance des victimes un thème électoral majeur.

Sur la formation des juges et la culture juridique

Est-ce que vous conseilleriez aujourd’hui à des jeunes de se lancer dans ces métiers de la justice ? Y aurait-il des qualités à avoir pour devenir un bon juge ou un bon avocat (ce ne sont peut-être pas les mêmes).

La formation n’est-elle pas trop uniformisée ?

Ne vous semble-t-il pas curieux que le droit ne soit pas une discipline à part entière enseignée dès le lycée ?

On dit que les français sont mauvais en langues étrangères et nuls en géographie (ils placent parfois La Réunion dans les Antilles !) ; vous organisez souvent des rencontres et des débats, que pensez-vous de leur culture juridique ?

 

Pour des jeunes qui ont envie d’avoir un métier extrêmement vivant, passionnant et qui ont une vision bienveillante et ouverte de l’autre, les fonctions de juge ou d’avocat sont très enrichissantes. J’estime qu’elles devraient davantage s’ouvrir à des personnes qui ont une expérience professionnelle, et pas seulement rester l’apanage des diplômés en droit.

Cependant, il n’y a aucune connaissance des institutions judiciaires dans la population, y compris parmi les personnes diplômées, d’autant que la télévision diffuse des séries sur la justice américaine, ou donne une image totalement erronée de la justice française. Il est dommage que l’Éducation Nationale ne permette pas davantage aux élèves et aux étudiants d’assister à des procès, alors que les salles d’audiences sont d’accès libre et public.

octobre 2010


Date de création : 07/10/2010 07:43
Dernière modification : 08/10/2010 04:32
Catégorie : 1. E. SIRE-MARIN
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