« La terre, les poches pleines de cailloux, à la barre des flots proteste de par les cieux qu'elle désavoue l'homme »,   F. Ponge

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Littérature - Stéphane GOMBAUD

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n°5, 2010-2011

 

 

« Normalement… »

 

_____________________________

 

 

« Le brouet des sorcières de Macbeth. Une anomalie trop normale », Stéphane Gombaud

     Philosophe, Stéphane Gombaud enseigne en classes préparatoires à Saint Denis de La Réunion. Il nous livre ici une analyse fort pertinente d’un passage de Macbeth.

     Dans la tragédie de Shakespeare, le surnaturel abonde ; à l’ordre normal du monde s’oppose le désordre des âmes mauvaises. Le symbole de ce désordre est, à l’acte IV, le chaudron des sorcières dans lequel bout un magma de choses immondes, poisons et liquides impurs, parties de corps démembrés, animaux et humains. Si l’on peut s’étonner du choix des ingrédients du brouet, une lecture attentive y révèle pourtant une logique, donc une normalité extrêmement contraignante. Le chaudron vaut alors comme un de ces objets rendus symboliques par leur exposition sur la scène du théâtre et susceptible de délivrer une leçon morale, celle de la tendance des sociétés humaines à se doter de victimes expiatoires.

 

 

 

 

Le brouet des sorcières de Macbeth

 

Une anomalie trop normale

 

 

Stéphane Gombaud

 

 

 

 

 

Que faut-il mettre à bouillir dans son chaudron quand on est une sorcière ou un groupe de sorcières ? Des fleurs, des papillons, des parts de tarte aux fraises ? Normalement non ! De la bave de crapaud et des pattes de chat noir ou des ailes de chauve-souris ? Bien sûr, et peut-être une ou deux autres choses un peu plus difficiles à récolter !

L’opinion a une idée sur ce que doivent être la magie noire, les rites démoniaques et les pratiques d’ensorcellement. Le professeur que je suis en a fait l’expérience lors d’un contrôle de lecture portant sur la pièce Macbeth de Shakespeare (1606). Une des questions portait sur la première scène du quatrième acte, « Quels sont les ingrédients du brouet des sœurs fatales ? ». Il s’agissait de voir si les élèves connaissaient bien la pièce et pouvaient procéder dans la foulée à une réflexion personnelle sur cette curieuse cérémonie, élément d’une pièce où le fantastique abonde. Il s’est avéré que la mémoire des élèves n’a pas enregistré tous les composants du bouillon ni même les plus remarquables. Quelques parties d’animaux, de crapaud, de hibou et de chauve-souris ont été régulièrement cités, mais pas le doigt de bébé étranglé à la naissance ou le foie de juif blasphémateur qui s’y trouvent jetés en compagnie de quelques autres horreurs. Effet d’une censure inconsciente ? Peut-être. De nombreuses réponses attirèrent également l’attention du correcteur. Beaucoup ont en effet eu recours au « bon sens » et affirmé tout de go que le chaudron des sorcières était plein de ce que les sorcières y mettent habituellement ! Ils ne se sont sans doute pas rendu compte qu’ils ont esquivé du même coup le travail de réflexion… Que doit-on mettre dans son chaudron quand on est une sorcière, et pourquoi cela plutôt que ceci ?

 

Si l’opinion n’est pas très fiable quand il s’agit de savoir quel film aller voir ce week-end ou quel roman lire pendant les vacances, il n’y a pas de raison qu’elle soit plus fiable pour dire ce qu’il faut mettre à cuire dans le chaudron des sorcières !

Néanmoins, avant même les précisions de Michelet sur les us fantasmés et coutumes imaginaires des sorcières, avant les films hollywoodiens exploitant la veine du fantastique avec de très belles et de très laides sorcières, avant les contes, comptines et livres pour enfant évoquant des choses dégoûtantes pour ravir leur public, l’opinion connaissait la réponse à cette question : quels liquides verser dans le chaudron, que découper en lanière pour corser le bouillon et que saupoudrer pour faire coaguler le tout ? Certaines choses conviennent particulièrement au brouet des sorcières !

C’est ce paradoxe que je veux maintenant développer et commenter : la normalité du contenu d’un contenant synonyme d’anormalité. Pour cela j’interrogerai la liste du brouet des trois Sœurs fatales, les « Weird Sisters » de Shakespeare. Comme beaucoup d’autres listes littéraires ou artistiques, celle des anges déchus par exemple, cette liste est troublante. Umberto Eco dans son Vertige de la liste (2009) précise qu’il existe des listes du « tout est là » comme celle des détails représentés sur le bouclier d’Achille (Iliade, chant XVIII) et des listes de « l’et cætera » à l’instar de l’évocation du débarquement de la flotte des Grecs devant Troie (Iliade, chant II). La liste des choses à mettre dans le chaudron relève plus de l’ouverture que de la fermeture d’un domaine, de l’évocation d’un désordre que d’une belle totalité bien ordonnée. C’est par conséquent une liste de « l’et cætera », ce qui en fait d’emblée une liste où le normal n’est pas si normalisé qu’il peut le paraître à première vue. La précision au sujet des ingrédients ouvre un horizon de sens, comme si bien d’autres choses que ce qui est effectivement nommé se trouvaient dans le chaudron.

Qu’y a-t-il donc réellement ? Et pourquoi ?

Y a-t-il une fourche de vipère dans ce bouillon d’enfer ?

Une première difficulté attend le lecteur français du chef d’œuvre de Shakespeare. La diversité des traductions démultiplie les ingrédients du brouet. Dans le chaudron d’un traducteur (F.-V. Hugo) il y a un « dard de reptile aveugle », dans le chaudron d’un second (C. Demblon) une « pointe de vers aveugle » et dans le chaudron d’un troisième (Y. Bonnefoy) le « dard d’un orvet ». Les licences de traduction sont d’autant plus grandes que certains traducteurs ont choisi de restituer la langue de Shakespeare en vers rimés. Ainsi les classiques poils de chauve-souris deviennent du duvet de pipistrelle par la magie d’une rime en -elle. Nombreux sont les traducteurs qui se creusent la cervelle, consultent des traités savants ou des manuels d’ésotérisme, pour arriver à identifier ce que certaines formules veulent dire. C’est le cas de l’énigmatique « Witches’ mummy ». S’agit-il d’une poudre de momie de sorcière ou bien de momie de chat ? Qu’est-ce qu’une « momie de sorcellerie » (P.-J. Jouve) ? La pudeur entre également en compte. Le doigt de bébé précédemment cité est celui d’un pauvre bébé accouché dans le fossé par une « fille » (P.-J. Jouve), une « drôlesse » (F.-V. Hugo) ou bien une « pute » (Y. Bonnefoy).

Cette variété est anecdotique, sans doute. Mais elle n’est pas sans rapport avec la problématique de l’anormalité paradoxale puisque tous ces choix de traduction valent comme des décisions arbitraires et que n’importe quelle chose anormale semble alors faite pour trouver place un jour dans le brouet des sorcières ! Ce jeu de miroirs brise l’unité du chaudron quant à son contenu et le confirme comme contenant du chaos.

La traduction ne trahit guère Shakespeare en exhibant des êtres improbables comme ces « repousses d’if, brisées par éclipse de lune » (Y. Bonnefoy) issues de « slips of yew silver’d in the moon’s eclipse » ou produisant des chimères tel l’orvet venimeux à partir de « blind-worm’s sting ».

“Round about the cauldron go”

Pour progresser dans l’enquête, il est nécessaire de se fixer un texte comme traduction de référence. Je retiens à cet effet l’édition de Macbeth disponible sur Gallica, celle de la traduction de François-Victor Hugo, Paris, éd. Pagnerre (1872). http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2006957

PREMIÈRE SORCIÈRE.

Tournons en rond autour du chaudron,

Et jetons-y les entrailles empoisonnées.

Crapaud qui, sous la froide pierre,

Endormi trente-un jours et trente-une nuits,

As mitonné dans ton venin,

Bous le premier dans le pot enchanté.

TOUTES TROIS.

Double, double, peine et trouble !

Feu, brûle, et, chaudron, bouillonne !

DEUXIEME SORCIÈRE.

Filet de couleuvre de marais,

Dans le chaudron bous et cuis.

Œil de salamandre, orteil de grenouille,

Poil de chauve-souris et langue de chien,

Langue fourchue de vipère, dard de reptile aveugle,

Patte de lézard, aile de hibou,

Pour faire un charme puissant en trouble,

Bouillez et écumez comme une soupe d’enfer.

TOUTES TROIS.

Double, double, peine et trouble !

Feu, brûle, et, chaudron, bouillonne !

TROISIÈME SORCIÈRE.

Écaille de dragon, dent de loup,

Momie de sorcière, estomac et gueule

De requin dévorant des mers,

Racine de ciguë arrachée dans l’ombre,

Foie de juif blasphémateur,

Fiel de bouc, branches d’if

Cassées dans une éclipse de lune,

Nez de Turc et lèvre de Tartare,

Doigt d’un marmot étranglé en naissant

Et mis bas par une drôlesse dans un fossé,

Faites une bouillie épaisse et visqueuse;

Ajoutons les boyaux de tigre,

Comme ingrédient dans notre chaudron.

TOUTES TROIS.

Double, double, peine et trouble !

Feu, brûle, et, chaudron, bouillonne !

DEUXIÈME SORCIÈRE.

Refroidissons le tout avec du sang de babouin,

Et le charme sera solide et bon.

Cette liste est un savant mélange, de plantes et d’animaux, d’organes ordinaires et de parties d’êtres humains, d’êtres exotiques et d’êtres imaginaires. Si le fiel de bouc ou le sang de babouin peuvent se trouver dans les produits rares d’une boutique spécialisée, ce n’est pas le cas des écailles de dragon, dont nul ne fait commerce, à part peut-être quelques escrocs. L’expression de « savant mélange » convient d’autant mieux pour qualifier le contenu du chaudron que ce ne sont quasiment que des parties d’être qui sont utilisées, pas des êtres entiers, pour qu’ils se fondent plus rapidement dans une masse indistincte, la « bouillie épaisse et visqueuse ». Et les précisions apportées sont si draconiennes, par exemple pour les branches d’if qui doivent être cassées lors d’une éclipse de lune, qu’on comprend immédiatement que la préparation du potage est réservé aux maîtres ès arts occultes. Avec son protocole méticuleux mais aussi son dédain pour la juste mesure, la magie bouillonnante des sorcières s’apparente bien davantage à une expérience scientifique scrupuleusement produite qu’à une recette de cuisine magistralement improvisée.

Œil, orteil, poil, langue, dard, patte, écaille, dent, estomac, gueule, foie, fiel, nez, lèvre, doigt, boyaux et sang pour solidifier le tout : il y a là de quoi construire un puissant golem ou un monstrueux artefact biotechnologique.

Des gloses savantes peuvent d’ailleurs être apportées sur la magie noire comme rituel diabolique chargé d’invoquer les démons ou pratique alchimique dégénérant en nécromancie satanique. La liste de Shakespeare s’inspire en effet de ce qui est connu à l’époque du sabbat des sorcières et qui se trouve consigné dans maints ouvrages.

Mais, quant à la « connaissance » des pratiques de sorcellerie, un peu de hauteur de vue n’est pas inutile. Car, sans pouvoir rien démontrer à ce sujet, il semble bien que cette connaissance toute comme la rumeur ait un formidable pouvoir de dissémination. Comme une rumeur savante si l’on veut. D’où nous viennent la cuisine des sorcières, les chaudrons, crapauds et marmots étranglés ? De vieux souvenirs d’antiques religions cristallisent en croyances populaires. Et de souvenirs plus récents, ceux des bûchers et des tortures infligées à de pauvres bougres. Un premier procès aux motivations plus politiques que religieuses a fait que la vieille croyance s’est figée en témoignage, en bon et solide témoignage. Du premier recueil qui s’en est emparé, le témoignage passa à un second puis à un troisième… Ainsi se diffusa progressivement, normalement et plutôt rapidement, la connaissance des sorcières dans les sphères cultivés, les milieux juridiques, les Universités, les œuvres littéraires jusqu’à la Cour d’Angleterre, jusqu’aux oreilles de Jacques VI d’Écosse. En attestent l’affaire du sabbat et du chat baptisé du docteur Fian, sa mort sous la torture en 1591.

Revenons à la source. Le livre V du Formicarius de Jean Nider (1438) consigne l’aveu d’une sorcière produit devant l’inquisition bernoise :

« Par nos incantations, nous tuons dans leur berceau de préférence les enfants qui n’ont pas été baptisés. Chacun croit à une mort naturelle. Puis nous les tirons de leur tombe, nous les cuisons dans un chaudron jusqu’à ce que toute la chair se détache des os, et devienne bien liquide. Avec les éléments solides, nous fabriquons un onguent qui a le pouvoir de nous aider dans nos artifices, nos transports et nos plaisirs. Avec l’élément plus liquide, nous remplissons un récipient comme une outre : celui qui en boira en s’accompagnant de quelques autres cérémonies acquiert immédiatement toute connaissance et devient membre de notre secte. »

Dans la foulée des Errores gazariorum, ce témoignage contamine le Champion des dames (1442), passe dans Marteau des sorcières (1486) et plus tard dans la Démonomanie des sorciers (1580). Ainsi, à partir de son berceau alpin, le feu satanique et son chaudron magique se sont répandus dans l’Europe entière comme une véritable épidémie de sorcellerie.

Ceci n’est pas un chaudron

Arrivé à ce stade de l’enquête une question de dramaturgie ou de scénographie se pose. Si un metteur en scène ne supprime pas ce début de scène par goût personnel ou volonté d’éviter un glissement du grotesque vers le burlesque, comment orchestrera-t-il la ronde des trois sorcières ? Gardera-t-il un chaudron sur scène ? Vraisemblablement, même s’il est difficile de mettre au point un trucage qui imite un feu ardant de belles flammes. Une didascalie précise le lieu de la scène et la présence nécessaire de l’objet : « Une caverne, au milieu un chaudron qui bout ». Mais cette didascalie sert davantage la lecture que la mise en scène de la pièce. Que feront les sorcières sur scène ? Danser ou s’agiter frénétiquement ? Il y a des chances. Jetteront-elles, chacune à leur tour quelque chose dans le chaudron ou bien feront-elles semblant de le faire ou bien ne feront-elles même pas mine de prendre quelque chose et de faire quelque chose avec ?

Les deuxième et troisième options ne sont pas, bien sûr, une affaire de budget à allouer au poste du décor et des accessoires. Une mise en scène minimaliste, parcimonieuse, peut attirer l’attention du spectateur sur l’essentiel, à savoir le fait que le charme des sorcières est essentiellement fait de mots. Si l’on met de côté les transpositions à l’époque contemporaine, cette scène peut être l’objet de quantité de mises en scène très différentes, suivant l’idée que le metteur en scène se fait du théâtre. L’orthodoxie en la matière veut que le théâtre soit parmi tous les autres arts celui qui repose fondamentalement et sur les voix et sur les corps des acteurs. Magie suprême du théâtre comme spectacle vivant dont le rythme est une respiration et la forme appréhendée par le regard une danse !

Ce qui opère le charme est l’expression « boyau de tigre » non des boyaux de tigre. Ce qui est inquiétant est l’adresse au crapaud non le crapaud lui-même : « Crapaud qui, sous la froide pierre, Endormi trente-un jours et trente-une nuits, As mitonné dans ton venin, Bous le premier ». Le « pot enchanté » est un melting-pot de signes et de symboles. Dans cette litanie de mots et d’associations d’idées, le requin est mangeur d’homme, le Turc comme le Tartare sont des féroces incroyants venus de l’Orient, la racine de ciguë est la plante des exécutions capitales, peut-être même la meurtrière de la philosophie.

En même temps que les assonances et allitérations du refrain, en anglais comme en français, « Double, double, peine et trouble ! Feu, brûle, et, chaudron, bouillonne ! », les sons eux-mêmes, c’est-à-dire la langue dans sa matérialité et sa force de percussion/persuasion, sont trois fois répandus dans le chaudron, comme pour épaissir le jus infernal ou émulsionner le chaos des signatures.

Que verser dans le feu des sorcières ? Nous détenons maintenant une bien meilleure recette que celle de l’opinion. Avec Shakespeare, versons des mots, des parts de « salt-sea shark » et des litres de « baboon’s blood ». Et encore :

« Add thereto a tiger’s chaudron,

For the ingredients of our cauldron. »

La congruence du genre artistique qu’est le théâtre comme écho d’une voix et de la magie noire des Weird Sisters réalisée dans le chaudron bouillonnant conduit à penser que ce début de quatrième acte est une mise en abîme, du théâtre dans le théâtre. Avec cette idée, le lecteur ou le spectateur averti se rapprochent d’une vérité qui encore se dérobe, mais plus tout à fait.

Mais pourquoi le chaudron disparaît-il ? Et cette musique, qu’est-ce que c’est ?

Faisons disparaître le chaudron pour voir ce qu’il contient. Faisons même disparaître la « bouillie épaisse et visqueuse » trop dégoûtante pour être honnête. Tenons compte du fait que ce ne sont d’abord des signes et que ce ne sont peut-être que des signes qu’on jette dans le chaudron. Et la question de l’anormale normalité du chaudron se pose derechef, renouvelée et identique : de quoi ces mots sont-ils des symboles ? De quels signes s’agit-il vraiment ?

Pour un lecteur critique, le point essentiel est que la liste est formidablement misogyne, sacrément obscurantiste, plus légèrement antisémite et un tout petit peu scatologique. Voici donc les autres ingrédients du brouet des sorcières. Si visibles et si bien cachés dans le chaudron. De la misogynie et du sexe – des filles qui ne peuvent être que des prostituées, des dards qui sont phalliques. De l’obscurantisme et de l’antisémitisme – des ailes d’hiboux, ces espions des démons comme chacun sait et le foie d’un Juif qui, de même que tous les autres Juifs, est forcément blasphémateur, Juif dont la synagogue forme un abri pour les démons et dont les sabbats sont des complots ourdissant l’avènement de l’Anti-Christ. Et qu’ajouter à cette autre liste infernale ? Quelques entrailles et boyaux, afin de ne pas oublier la merde, même si dans ce chaudron de Macbeth ce sont le sang, le poison et le venin qui dominent !

Il est normal de vomir un repas de viande avariée. Il est normal de vomir les Juifs et de cracher au visage des filles… Il est normal de verser ces symboles dans le chaudron comme on verse des pièces à un dossier ! Normal et anormal en même temps. Car tous ces êtres décriés peuvent faire l’objet d’un procès en réhabilitation. Que mettre dans le brouet des sorcières ? Des boucs émissaires s’exclameront les moins naïfs d’entre les lecteurs !

Au théâtre, sur la scène noyée de violence, le chaudron symbolise l’état d’indistinction sociale d’où émerge la société par la mise à mort, réelle ou symbolique, du bouc émissaire. Un signe arbitraire suffit pour être repéré dans la masse et devenir un être malfaisant, cible des quolibets et des attaques de la foule. Vivant la nuit, ayant des pustules sur son dos, hibernant durant des mois, le crapaud était fait pour mériter nos railleries et nos violences. Être un Turc ou un Tartare, porter un turban ou parler une langue barbare, c’est amplement suffisant pour être identifié comme un sauvage, un ennemi de la civilisation.

Et rien de plus normal que de couper le nez à ce coupeur de nez ou de couper la lèvre de cet autre figure du blasphémateur qu’est le musulman ! Rien de plus normal, si l’on adhère à cette opinion de la foule comme quoi il faut expulser le mal de la Cité. Si l’on est du côté de ceux qui lapident les femmes adultères ou jettent des pierres aux simples d’esprit. Si l’on fait corps avec la foule qui se moque d’un accent ou déteste une origine, une couleur de peau

Le drame de la chasse aux sorcières est cet aveuglement si fort qu’il fait prendre pour normal des pratiques monstrueuses sous prétexte qu’elles visent des monstres ou des êtres anormaux, des criminels abominables. Violence purificatrice, le bûcher est la récompense méritée de ceux qui osent danser avec les sorcières autour du chaudron ! Or, lors d’un pogrom ou d’une autre manifestation collective de xénophobie, un peuple énervé croit se venger quand en réalité il sacrifie l’innocent qu’il avait préalablement excité de ses injures et de ses coups. Et quand il s’efforce de rétablir l’ordre, de contrer le Mal et ses suppôts, la foule crée ce désordre plus grand qu’est l’injustice. Lynchage et procès expéditif.

La violence sacrée croit affronter l’intolérable, résister à la cruauté des méchants, se battre pour des valeurs. Elle ne fait que lancer dans le chaudron des préjugés ses idées les plus noires, les plus perverses !

Dites-moi tout. Pourquoi ce chaudron s’enfonce-t-il, et quel est ce bruit ?

N’oublions surtout pas que nous sommes au théâtre. Une très mauvaise chose serait de s’en prendre maintenant à l’auteur et de lui reprocher de véhiculer les préjugés de son temps voire de les attiser dans son chaudron maléfique. Ce qu’il faut faire en revanche, c’est prolonger l’enquête en se demandant ce que signifie l’œuvre qui contient une telle scène. La scène du chaudron se poursuit avec l’arrivée de Macbeth, voyons comment le « pot enchanté » garde sa centralité dramatique et enrichit sa signification. Et puisque les Sœurs fatales ont auparavant lancé des charmes, voyons comment. Quel rapport y a-t-il entre les salutations du premier acte par lesquelles le drame se noue et le chaudron du quatrième qui précipite le dénouement ?

Dans les actes des procès comme dans Macbeth, la danse des sorcières et la confection du brouet ne sont en fait qu’un prélude au sabbat. Voyons comment Macbeth rejoint les sorcières et s’intègre à leur chœur diabolique.

On frappe. Entre Macbeth.

MACBETH

Eh bien ! mystérieuses et noires larves de minuit, que faites-vous ?

TOUTES TROIS

Une œuvre sans nom.

MACBETH

Je vous en conjure, au nom de la chose que vous professez, quels que soient vos moyens de savoir, répondez- moi ! Dussiez-vous déchaîner les vents et les lancer à l’assaut des églises, dussent les vagues écumantes détruire et engloutir toutes les marines, dussent les blés en épis être couchés, et les arbres abattus, dussent les châteaux s’écrouler sur ceux qui les gardent, dussent les palais et les pyramides renverser leurs têtes sur leurs fondements, dussent du trésor de la nature tomber pêle-mêle tous les germes, jusqu’à ce que la destruction même soit écœurée, répondez à ce que je vous demande.

PREMIÈRE SORCIÈRE

Parle.

DEUXIÈME SORCIÈRE

Questionne.

TROISIÈME SORCIÈRE

Nous répondrons.

PREMIÈRE SORCIÈRE

Dis, aimes-tu mieux tout savoir de notre bouche ou de celle de nos maîtres ?

MACBETH

Appelez-les ! faites-les-moi voir.

PREMIÈRE SORCIÈRE

Versons le sang d’une truie qui a mangé ses neuf pourceaux ; prenons de la graisse qui a suinté du gibet d’un meurtrier, et jetons-la dans la flamme.

TOUTES TROIS

Viens d’en bas ou d’en haut, et montre-toi adroitement dans ton œuvre.

Deux choses sont remarquables. D’une part, pour lancer la conjuration, Macbeth produit lui-même une liste. Liste des cataclysmes prodigieux dont on accuse les sorcières en temps de crise (lancer des averses de grêle sur les récoltes, des tempêtes abattant les forêts, causer des tremblements de terre). Mais aussi liste d’un homme qui doute de sa virilité, dévoile son angoisse à l’égard de la stérilité et réagit violemment d’un cri de défi lancé au monde entier.

D’autre part, les sorcières répondent à Macbeth en continuant d’alimenter le chaudron de choses qui en réalité sont des mots à double sens. Curieuse graisse de pendu, curieux sang de truie cannibale : vrais malheurs et faux crimes confondus !

Plus que jamais l’œuvre se prête à une lecture sceptique, ironique et basée sur un principe de parcimonie. Là où la foule trouve quelque chose tout à fait normal, étonnons-nous ! Lorsque les charmes se déploient, les fantômes apparaissent, la nature se dérègle, demandons-nous donc si l’hypothèse d’un pouvoir surnaturel est requise ou si nous nous en passons fort bien en recourant à l’hypothèse de la formidable puissance du langage.

Cette prudence n’est pas le fait d’un esprit moderne et désenchanté, voire le sursaut d’un lecteur de Shakespeare végétarien, adepte de la Deep Ecology et défenseur des droits des animaux ! Elle existait du temps de Shakespeare. Elle a tenté de convaincre par ses seules armes, celles de la raison, en élevant une voix libre de préjugés. Ainsi, on trouve une belle application du principe de parcimonie dans le titre – titre très détaillé et fort peu vendable – de l’ouvrage du docteur Reginald Scot, The Discoverie of Witchcraft publié en 1584 :

« Révélation sur la sorcellerie prouvant que les pactes et contrats des sorcières avec le diable et tous les esprits infernaux ou familiers ne sont que des inventions erronées et des idées imaginaires, révélant aussi jusqu’où va leur pouvoir de tuer, tourmenter, faire dépérir ou guérir les corps des hommes, femmes, enfants et animaux par des charmes, philtres, pentacles, malédictions et conjurations, en lequel livre sont également clairement dévoilés les pratiques non chrétiennes et les procédés inhumains dont usent les inquisiteurs et questionneurs sur des personnes âgées, mélancoliques et superstitieuses, en leur extorquant des aveux par la terreur et les tortures et en alléguant de faux stigmates et symptômes. Et la friponnerie des escamoteurs, enchanteurs, charmeurs, devins, jeteurs de sorts, dormeurs, alchimistes et distillateurs de philtres, avec beaucoup d’autres choses qui étaient trop longtemps demeurées occultes, ici complètement révélées et déchiffrées, le tout étant fort nécessaire d’être connu pour détromper les juges, les cours et les jurés avant qu’ils passent condamnation sur de pauvres gens, misérables et ignorants, qui sont fréquemment torturés, condamnés et exécutés comme sorciers et magiciens. »

Si Reginald Scot assista à une représentation de Macbeth au théâtre du Globe, ce qui est possible mais non prouvé, il eut la récompense de son audace intellectuelle en voyant la pièce comme les autres ne la voyaient pas, en découvrant dans les vers de Shakespeare une beauté spéciale, ambiguë et peut-être moins désespérante que réconfortante.

Macbeth est félon, régicide, usurpateur, hypocrite, hérétique, impitoyable, tyran. Il est damné et impardonnable. Certes, mais il est aussi trompé, joué, manipulé, abusé. Il a rencontré sur sa route des êtres étranges, très doués pour s’emparer de l’esprit des gens en jouant de leurs faiblesses. Les trois sorcières ont charmé Macbeth avec leurs mots « Salut ! Macbeth, salut à toi, thane de Glamis », « Salut à toi, thane de Cawdor », « Macbeth, qui plus tard seras roi ». Non seulement elles n’ont pas eu à user de potions, ou de philtres, ni dû recourir à des alliés surnaturels, mais en plus le charme s’est renforcé de ce que Macbeth immédiatement a cru, très naïvement, avoir affaire à des oracles, à des êtres surnaturels capables de « prophétiques saluts » (acte I, scène 3). Ainsi, la pièce fonctionne, et plutôt bien, auprès d’un public crédule, incapable lui aussi de distinguer de simples prédictions de véritables paroles prophétiques, et de faire la part des choses entre des hallucinations et des machinations démoniaques. La pièce fonctionne encore mieux pour le spectateur méfiant. Elle gagne en profondeur pour celui qui refuse magie blanche et magie noire, mais pas l’autre magie. Celle de la séduction d’un dire enjôleur, fripon. La pièce s’interprète alors comme pièce où les principaux personnages sont Macbeth et sa femme mais encore le langage. Le langage, non le monde dévasté par le Mal. Ce qui est le plus étrange dans Macbeth est la magie du pouvoir des signes – à l’instant où s’exerce sur nous une tentation, où l’ambiguïté se pare de vertus, où se trame une occasion de nous affirmer, enfin, et où s’infiltre en nous le vertige de la faute possible.

Certains spectateur croient percevoir le Mal dans les ingrédients du brouet. Leur dégoût et les associations d’idées qu’ils font les en convainquent. Il est normal de précipiter dans le brouet un œil de salamandre ou un orteil de grenouille… à moins que ce ne soit l’inverse, un orteil de salamandre et un oeil de grenouille. Pour eux, la morale de la pièce est qu’aux fautes de Macbeth s’ajoute le fait d’être maudit, peut-être depuis toujours. Il est normal qu’un individu maudit répande le mal autour de lui, multiplie les crimes et finisse par être châtié, exécuté, décapité.

D’autres spectateurs, à l’écoute des voix du théâtre, ne verront dans le chaudron qu’une absurdité ou qu’un simulacre de sabbat diabolique. Le refrain leur apparaîtra moins effrayant que grotesque :

« Double, double toil and trouble ;

Fire burn and cauldron bubble. »

En réalité il n’y a que des bulles, de l’air, des voix… Si on interroge ces lecteurs, ils trouveront chez Macbeth non une mais deux dispositions au crime, l’ambition et la crédulité ! Et pas l’une moins que l’autre. L’une liée à l’autre.

« Et le bouc pue et la sorcière pète » Goethe, Faust

Avons-nous appris de cette lecture critique ce que doit contenir le chaudron des sorcières ? Non, bien sûr. Mais nous avons appris quelque chose néanmoins.

S’il est vraiment symbole de chaos, si réellement il est altérité, altérité au sens fort du terme, le chaudron ne peut contenir ces symboles de rivalité mimétique ou ces êtres stéréotypés, crapauds et vipères, Juifs et Turcs, putains et enfants de putains, qui décidément sont trop normaux, trop prévisibles et qui sont trop dociles ou trop faibles pour résister à la force de la foule. Le chaudron est le double fantasmé de la puissance démultipliée et confondue de la croyance collective.

À chacun d’inventer, s’il le désire, une liste non-normale d’ingrédients en s’inspirant de ses auteurs de prédilection, Borges ou Cervantès, Rabelais ou Rimbaud.

 

 

En guise de récréation finale, voici une poésie qu’on apprend dans les petites classes. Si, avec les vers de Jacques Charpentreau, on est très loin du monde de Macbeth, on n’est pas si loin de l’esprit de cette lecture de Macbeth. Est-il normal de mettre des clous dans le bouillon ? Oui, pour lui donner plus de goût. Est-il normal de ne pas mettre de beurre ? Non bien sûr, car le beurre c’est bon ! L’ironie qui pointe peut amuser les enfants mais aussi leur donner une première idée du paradoxe de l’anormale normalité du chaudron des sorcières.

 

La soupe de la sorcière

Dans son chaudron la sorcière

Avait mis quatre vipères

Quatre crapauds pustuleux

Quatre poils de barbe-bleue

Quatre rats, quatre souris

Quatre cruches d’eau croupies

Pour donner un peu de goût

Elle ajouta quatre clous

Sur le feu pendant quatre heures

Ça chauffait dans la vapeur

Elle tourne sa tambouille

Et touille et touille et ratatouille

Sur le feu pendant quatre heures

Ça chauffait dans la vapeur

Elle tourne sa tambouille

Et touille et touille et ratatouille

Quand on put passer à table

Hélas c’était immangeable

La sorcière par malheur

Avait oublié le beurre

Quand on put passer à table

Hélas c’était immangeable

La sorcière par malheur

Avait oublié le beurre

Jacques Charpentreau

http://elisabeth.tardieu.free.fr/maitrise_langue/jeux_ecriture/transf_poesie_soupe_sorciere.pdf

 

 

Et pour terminer avec des lectures plus conventionnelles, voici le texte de Shakespeare, suivi d’une adaptation et d’une traduction supplémentaire.

 

SCENE I. A cavern. In the middle, a boiling cauldron.

Thunder. Enter the three Witches

 

FIRST WITCH

Thrice the brinded cat hath mew’d.

Second Witch

Thrice and once the hedge-pig whined.

Third Witch

Harpier cries ‘Tis time, ‘tis time.

First Witch

Round about the cauldron go ;

In the poison’d entrails throw.

Toad, that under cold stone

Days and nights has thirty-one

Swelter’d venom sleeping got,

Boil thou first i’ the charmed pot.

ALL

Double, double toil and trouble;

Fire burn, and cauldron bubble.

SECOND WITCH

Fillet of a fenny snake,

In the cauldron boil and bake;

Eye of newt and toe of frog,

Wool of bat and tongue of dog,

Adder’s fork and blind-worm’s sting,

Lizard’s leg and owlet’s wing,

For a charm of powerful trouble,

Like a hell-broth boil and bubble.

ALL

Double, double toil and trouble;

Fire burn and cauldron bubble.

THIRD WITCH

Scale of dragon, tooth of wolf,

Witches’ mummy, maw and gulf

Of the ravin’d salt-sea shark,

Root of hemlock digg’d i’ the dark,

Liver of blaspheming Jew,

Gall of goat, and slips of yew

Silver’d in the moon’s eclipse,

Nose of Turk and Tartar’s lips,

Finger of birth-strangled babe

Ditch-deliver’d by a drab,

Make the gruel thick and slab :

Add thereto a tiger’s chaudron,

For the ingredients of our cauldron.

ALL

Double, double toil and trouble ;

Fire burn and cauldron bubble.

SECOND WITCH

Cool it with a baboon’s blood,

Then the charm is firm and good.

 

 

Macbeth A 2, adaptation de Philippe Blasband de la pièce de William Shakespeare

SORCIERE 3

Autour du chaudron, nous dansons, nous dansons !

Des entrailles, des racines, y jetons, y jetons !

Sue le crapaud, son poison, sous la pierre,

Dans le pot nous touillons, en avant, en arrière !

TOUTES

Double, double et chaudron trouble,

Le feu brûle et l’eau s’y trouble !

SORCIERE 2

Venin d’araignée et langue de souri,

Fientes de tortues et racines pourries,

Bave de belette et limace couleur rouille,

Œil de triton et orteil de grenouille,

Dans le chaudron bouillonnant

Se crée un charme très puissant !

TOUTES

Double, double et chaudron trouble,

Le feu brûle et l’eau s’y trouble !

SORCIERE 3

Écaille de dragon, dent de loup,

Momie de sorcière et sang noir de fou,

Nez de Turc, lèvres de Tartares,

Cerveau de Juif blasphématoire,

Cœur de bébé de trois jours étranglé

Par la putain qui l’a abandonné

Après l’avoir mis bas dans la fange,

Tout se confond, se pourrit, se mélange !

SORCIERE 1

Par le picotement de mon pouce,

Quelque chose de mauvais vient par ce chemin.

Ouvrez la serrure

À quiconque ose frapper à la porte.

louis-philippe-pare.metawiki.com/DOC/MACBETH_A_2.doc

 

 

W. Shakespeare, Macbeth, traduction nouvelle et littérale avec une préface et des notes par Célestin Demblon, membre de la Chambre des Représentants. Professeur à l’Université Nouvelle de Bruxelles

PREMIÈRE SORCIÈRE.

Tournons autour du chaudron ;

Jetons les entrailles empoisonnées.

Crapaud, qui sous la froide pierre.

Trente et un jours et trente et une nuits,

As sué du venin en dormant.

Bous le premier dans le pot enchanté.

TOUTES.

Redoublons, redoublons de peine et de trouble ;

Feu, brûle ; et toi, chaudron, bouillonne.

SECONDE SORCIÈRE.

Filet d’un serpent des marécages,

Dans le chaudron bous et cuis ;

Œil de lézard d’eau et doigt de grenouille,

Poil de chauve-souris et langue de chien,

Fourche de vipère et pointe de ver aveugle

Patte de lézard et aile de hibou,

Par un charme d’un mal puissant.

Comme un bouillon d’enfer, cuisez et bouillonnez.

TOUTES.

Redoublons, redoublons de peine et de trouble ;

Feu, brûle ; et toi, chaudron, bouillonne.

TROISIÈME SORCIÈRE.

Écaille de dragon, dent de loup,

Momie de sorcière, panse et gueule

Du furieux requin de mer ;

Racine de ciguë qui fouille dans la nuit ;

Foie de Juif blasphémateur;

Fiel de chèvre et bouture d’if

Fendu pendant l’éclipsé de lune,

Nez de Turc et lèvre de Tartare ;

Doigt de jeune enfant étranglé

Laissé dans une fosse par une coureuse

Faites le gruau épais et sale;

Ajoutons-y un estomac de tigre

Comme ingrédient de notre chaudière.

TOUTES.

Redoublons, redoublons de peine et de trouble

Feu, brûle ; et toi, chaudron, bouillonne.

SECONDE SORCIÈRE.

Refroidissons cela avec du sang de babouin

Pour que le charme soit solide et bon.

http://www.archive.org/stream/macbethtraductio00shak/macbethtraductio00shak_djvu.txt

 

 

Pour citer cet article

Stéphane Gombaud, « Le brouet des sorcières de Macbeth. Une anomalie trop normale », La_Revue, n°5, www.lrdb.fr, mis en ligne en décembre 2010.


Date de création : 16/12/2010 13:53
Dernière modification : 16/12/2010 13:53
Catégorie : Littérature
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