« Escargot / Tout doux, tout doux, va, monte / Le Fuji »,   Issa

--- PRESENTATION ---

ECRIVAINS

2010-11 NORMAL

2009-10 DON ECHANGE

2008-09 LE GENRE

2007-08 LA VILLE

2006-07 LE POLITIQUE
+ 0. PRESENTATION
+ 1. Philosophie et politique
+ 2. Architecture & politique
+ 3. Sociologie & politique
+ 4. Théâtre & politique
+ 5. Entreprise et politique
+ 6. Psychanalyse (intro.)
+ 7. Psychanalyse politique
+ 8. Histoire et politique
+ 9. Economie et politique
+ I0. Art et politique

Brèves (archives)

Recherche





2011 - Périphéries - 3. Malcolm DE CHAZAL

Les Rencontres de Bellepierre

 

« Écrivains »

 

le Théâtre du Grand Marché, CDOI

 

 

chazal1.jpg

 

 

 

Malcolm de Chazal

 

 

présenté par

 

 

Robert Furlong

 

 

extraits lus par Lolita Monga et Gaston Dubois

 

 

Théâtre du Grand Marché, CDOI

 

Jeudi 26 mai, 18h30

 

 

Furlong1 [].jpg

 

 

Écouter la conférence


« La nature est le plus beau livre d’images, mais nous ne nous arrêtons, hélas ! qu’à la couverture », Sens-plastique

 

Malcolm de Chazal (1902-1981)

Mégalomane de talent, imposteur de génie, illuminé extravagant, naïf hypersensible, provocateur vaniteux, qui êtes-vous Monsieur de Chazal ?

Réponse de l’intéressé : « j’ai découvert récemment que tout en étant de loin l’esprit le plus intelligent de ce pays, j’étais, ou je suis devenu l’être le plus grotesque de l’île Maurice ». Alors ?

De Chazal bénéficie d’abord d’un accueil enthousiaste par Jean Paulhan et les Surréalistes à la fin des années 40. Son écriture est « un geyser de sève, un torrent de laves, une brousse de métaphores », dira encore Sedar Senghor qui trouvait bien injuste que le prix Nobel de littérature ne lui ait pas été attribué. Puis, son œuvre sera boudée à Maurice comme en France, et par ceux-là mêmes qui l’avaient encensé. On commence à le redécouvrir.

Né à l’île Maurice en 1902, il part en Louisiane suivre des études d’ingénieur pour revenir au pays en 1924. Au fil des ans, délaissant l’ingénierie il donne de plus en plus d’importance à l’écriture, une écriture résolument dérangeante qui témoigne d’un souci permanent de bousculer nombre d’idées reçues. Tous les genres et les techniques d’expression pouvant servir ce projet seront utilisés : articles d’économie politique, aphorismes, contes et nouvelles, romans, chroniques de presse, théâtre, peinture… Admiré par Jean Paulhan, qui le préface, le second Sens-plastique paraît chez Gallimard en 1948 et donne une certaine notoriété au poète mauricien. Puis sa pensée se fait de plus en plus ésotérique ; il adhère alors aux théories du réunionnais Jules Hermann (1846-1924), inventeur du mythe de la Lémurie, vaste continent englouti dont les îles de l’océan Indien seraient les derniers vestiges et qui serait le berceau de l’humanité.

La contribution de Malcolm de Chazal au patrimoine artistique et culturel mauricien est considérable : plus de cinquante publications, près d’un millier de chroniques de presse, treize pièces de théâtre dont il brûlera les deux tiers, des milliers de tableaux… et cela fait de lui, indéniablement, « l’un des poètes les plus féconds et les plus authentiques de la littérature française contemporaine » comme l’écrit son compatriote Le Clézio (Le Monde, 10 nov. 2006).

 

Robert Furlong

Après 25 ans au service de la francophonie, Robert Furlong, chercheur mauricien indépendant, se consacre aujourd’hui à la littérature mauricienne. Sa dernière publication s’intitule Quand les poètes mauriciens parlent d’amour (supplément au magazine Essentielle, février 2010).

Spécialiste de Malcolm de Chazal, outre de nombreux articles, il a rédigé les notes biographiques d’Autobiographie spirituelle, inédit publié par ses soins (L’Harmattan, 2008) ainsi qu’une étude sur le théâtre chazalien pour l’édition de l’inédit Moïse (L’Harmattan, 2008) et une présentation des contes chazaliens en introduction à Histoires Étranges suivi de Fabliaux de Colloques Magiques dont il a assuré l’édition (Arma Artis en 2011). Il a également réalisé pour le Mauritius College of the Air une série documentaire de dix émissions télévisuelles intitulée Malcolm de Chazal, ce Mauricien de génie. Il est Président du Malcolm de Chazal Trust Fund.

 

 

Prochain Rendez-vous : Édouard Glissant (Arnaud Sabatier, 16 juin).

 

−−  C’est au Théâtre du Grand Marché, c’est le 26 mai à 18h30 et c’est gratuit. Tél. 02 62 20 33 99  −−

 

Lettre d’informations : abonnez_moi@lrdb.fr  ou  desabonnez_moi@lrdb.fr

 

 

Anthologie

 

Sens-plastique

« La bouche est un baiser qu’on mange à même la peau. Baisers qu’on “épluche” : sens émoussé »

« L’idiot bêle du regard »

« L’adultère est pour l’homme un excitant, et pour la femme un calmant »

« Le gris est le cendrier du soleil »

« L’Art, c’est la nature accélérée et Dieu au ralenti »

« La femme nous rend poète, l’enfant nous rend philosophe »

Autobiographie spirituelle

« L’école a été ma torture irrémissible, une monstruosité que je n’ai pas oubliée ». […] J’ai été un détestable élève. Mais pis. Comme je ne m’intéressais à rien de ce qu’on me disait, je passais pour indolent et mou. Alors qu’en moi était le feu de la vie. Des petits écoliers à mes côtés, rien n’est resté. Je butais contre eux et c’était tout. Étais-je inhumain ? » (29)

 

« Ma vie sociale ? Un vagabondage. Mais en moi je devenais de plus en plus bête. À la fin, la fleur que je regardais au jardin botanique de Curepipe SE MIT À ME REGARDER. Désormais, alors que je n’étais rien pour les hommes, pour la fleur J’ÉTAIS QUELQU’UN, puisque la fleur prenait compte de moi » (55).

Comment devenir un génie ?

« Pourquoi écrire ? Eh bien, parce qu’il faut que l’arbre donne ses fruits, que le soleil luise, que la colombe s’accouple à la colombe, que l’eau se donne à la mer, et que la terre donne ses richesses aux racines de l’arbre. Pourquoi écrire ? Mais afin de se donner. Et le don enrichit. Cette “richesse” grandit la personnalité. Et l’on monte. Où ? En soi-même. J’ai nommé la délivrance. Il n’y a pas d’autre forme de libération. » (231)

 

« Le théâtre, en fait, c’est la rue. Où la scène est partout. En fait, toute la vie est un théâtre. On n’a pas inventé le théâtre. Il est là, éternel, partout où sont les hommes. […]

Seul abolit la littérature le poète − le vrai − qui n’invente rien, mais révèle la vie essentielle.

Ainsi l’enfant, perpétuellement en scène, fait du théâtre à toute minute. Ses jeux ne sont rien que ça.

Le théâtre, c’est les fleurs qui minaudent dans le vent. C’est la cascade dans son plain-chant. La lumière est en représentation perpétuelle. Voyez la mer. Elle est en scène 24 heures, nuit et jour.

La vie s’écoule. Mais l’homme ne la voit pas. Enfermé en lui-même, il fait du théâtre en lui-même. Il joue son propre personnage indéfiniment. Il est l’acteur, le sujet et le propre spectateur de lui-même.

L’enfant joue. L’homme se joue. Aussi nous avons les littérateurs − les gens les plus ennuyeux du monde.

Pourquoi lire ? Je vous le demande, lecteurs ! Qui a appris quoi que ce soit d’un livre ? Il n’y a qu’un livre valable, c’est la vie », (431).

 

 

« L’île de la Réunion et l’île Maurice font lit double. Parfois elles se tournent le dos. Parfois elles se regardent de face. En ce moment Maurice et La Réunion sont visage contre visage par le tourisme. » (Advance, 1970)


Date de création : 05/05/2011 09:24
Dernière modification : 23/06/2011 09:20
Catégorie : 2011 - Périphéries
Page lue 5183 fois


Prévisualiser la page Prévisualiser la page     Imprimer la page Imprimer la page


En bref / En marge

Depuis décembre 2006

   visiteurs

   visiteurs en ligne


La_Revue, n°6

La_Revue, n°5

La_Revue, n°4

La_Revue, n°3

La_Revue, n°2

La_Revue, n°1

Océan Indien - voire +

^ Haut ^

Responsable et coupable : Arnaud Sabatier

Rigoureuse mise en œuvre : Patrick Boissière

Amicale assistance technique : Richard Muller

Affectueuse hotline polyvalente : Timothée Sabatier

Avec le concours généreusement efficace d’Icare de chez GuppY

GuppY, un créateur de site très recommandable


  Site créé avec GuppY v4.5.19 © 2004-2005 - Licence Libre CeCILL

Document généré en 0.8 seconde