"Le fruit est aveugle. C'est l'arbre qui voit",    R. Char

--- PRESENTATION ---

ECRIVAINS

2010-11 NORMAL

2009-10 DON ECHANGE

2008-09 LE GENRE

2007-08 LA VILLE

2006-07 LE POLITIQUE
+ 0. PRESENTATION
+ 1. Philosophie et politique
+ 2. Architecture & politique
+ 3. Sociologie & politique
+ 4. Théâtre & politique
+ 5. Entreprise et politique
+ 6. Psychanalyse (intro.)
+ 7. Psychanalyse politique
+ 8. Histoire et politique
+ 9. Economie et politique
+ I0. Art et politique

Brèves (archives)

Recherche





Art - Johary RAVALOSON

   Johary Ravaloson, (Arius Batiskaf), plastikèr de paroles (essayiste, poète, plasticien, vidéaste, performeur…), est, avec sa compagne Sophie Bazin (Mary Batiskaf), à l’origine du mouvement Dodo et des éditions Dodo vole.

   Il nous a envoyé ce texte.

 

 

 

L'art-existence, hommage au Rwa Kaf (1).

 

Le zébu avant de mugir, dit-on, secoue ses cornes. Le coq avant de chanter bat des ailes. Les hommes avant de parler enlèvent le tsiny. Parce que la parole est à l'origine de tout, la parole engendre aussi le tsiny. Parce que la parole peut changer tout, la parole enlève aussi le tsiny.

Permettez-moi donc d'enlever le tsiny à l'avance car mon intervention pourrait froisser des oreilles dans l'assistance, ma prétention soulever des blâmes. Je vais en l'occurrence parler d'art devant ceux qui en ont fait leur raison d'être et dont le talent a illuminé plusieurs générations. Je vais aussi parler de résistance devant ceux qui, dans les temps difficiles, l'ont vécue dans leur chair et ont, malgré tout, propagé l'espoir autour d'eux. Ma jeune expérience ne justifie qu'on la cite aujourd'hui que dans la mesure où c'est la résistance des Anciens qui m'a transmis le sens de la liberté. Ce qui fait notre dignité n'est, en effet, jamais acquis et toujours à conquérir. C'est le combat d'un Rwa Kaf qui m'a fait comprendre l'enjeu de la culture, c'est-à-dire l'essence de notre vie. Elle a été trop souvent déniée ici pour que nous n'en continuions pas la construction.

J'emprunte donc un chemin balisé par d'autres, hommages leur soient rendus. Je vais évoquer des questions, puis quelques réponses déduites des pratiques artistiques et résistantes des Anciens. Je vais soulever cependant des problèmes propres à notre époque contemporaine, et raconter quelques expériences personnelles tentées en ces terres devenues de liberté. Que le tsiny que je rejette ne me retombe pas sur la tête !

 

L'art comme résistance.

Ce thème m'est arrivé spontanément à la bouche lorsque Ghislaine Bessière m'a parlé de cet anniversaire, il y a quelques semaines dans l'ex-jardin d'Ankraké, au cours d'une autre manifestation de résistance à Saint Pierre. Le Rwa Kaf, en effet, par sa résistance a pu transmettre à son entourage une culture dont on ne voulait garder aucune trace. Sa vie nous montre l'énergie que peut libérer l'art pour casser un mur de silence. En écoutant sa fille, Reine-Marie Hery (dont le nom signifie force, énergie, courage), je ne peux pas m'empêcher de penser que le maloya du Rwa Kaf (et de bien d'autres comme lui) et ses kabar marrons avec les Tet'rouz du côté de Trois Mares ont permis la survie du Kaf auquel on dénie trop souvent l'élémentaire. La recherche de sa dignité en tant que Kaf, détenteur d'une culture propre, impose son existence à part entière. Car derrière le maloya, c'est bien de rasine Kaf qu'il s'agit. Ainsi, Gramoun Lélé dit que son abolition à lui, sa liberté de citoyen, il ne l'a ressentie qu'en 1981, lorsqu'il a pu chanter et danser librement le maloya (2). Un chanteur malgache (3) aurait pu dire "tsy maty izy fa mbola miteny", que l'on pourrait traduire par lo Kaf lé pa mor, li chant maloya enkor. Le maloya d'aujourd'hui résulte d'une résistance doublement efficace : d'une part, face à un pouvoir déniant l'existence du maloya et d'autre part face au même pouvoir déniant ce que le maloya représente. L'art est ainsi à la fois acte et mode de survie.

Ces deux faces du combat du maloya, jusqu'à la fin du règne d'un Michel Debré, peuvent-elles être transposées à la résistance par l'art en général aujourd'hui ? La permanence d'un contexte à résistance peut soulever le débat. Le maloya n'est plus interdit. Ce n'est ni de censure ni d'interdit qu'on peut se plaindre, il y a plutôt pléthore d'expressions et d'images. Le pouvoir n'interdit plus. D'ailleurs, ce n'est plus à travers le politique qu'il transparaît principalement : pouvoir de l'argent, pouvoir des médias, pouvoir de la religion ou encore, pouvoir de la science (4). Ensemble ou chacun dans leur domaine, ils favorisent ou non l'accès à une pratique, à une œuvre. Ce n'est plus la création en soi qui est prohibée. C'est sa réalisation matérielle et sa diffusion qui sont rendues plus difficiles ou plus faciles. Ainsi Vivendi produit tel cinéma et ne fait rien pour tel autre. De la même façon, la DRAC subventionne la production artistique liée aux nouvelles technologies et n'offre rien aux taggueurs. Le monde de la musique à La Réunion privilégie les sources extérieures et le maloya est relégué en quatrième position dans le cœur des jeunes derrière le zouk, le ragga et la techno. Est-ce à dire que l'art ne résiste que lorsqu'il est interdit ?N'est-ce pas plutôt parce qu'il résiste qu'on tente de l'interdire ?

Les deux sortes de résistance contenues dans le combat pour le maloya ont été et sont toujours valables. A la fois, acte et mode de survie. Une troisième peut même être ajoutée.

 

Primo, l'art est résistance. L'art exprime une singularité à travers une forme choisie par l'auteur et qui le transcende. L'artiste résiste parce qu'au lieu d'accepter la réalité, il en crée intentionnellement une autre. Il n'existe qu'en se singularisant du groupe. Il résiste forcément à la pesanteur de la masse, sous peine de disparaître. Ainsi, l'on fait couramment la différence entre l'art et l'artisanat. De même, souvent l'on reproche aux artistes leur délire mégalo. Choisir de s'appeler Rwa Kaf participe de cet art hérétique dans une société créole pleine de barreaux et où le Kaf est relégué au bas de l'échelle.

Par ailleurs, La Réunion (la bien nommée) semble bien pourvue en groupes artistiques dont les noms sont fortement suggestifs : ainsi, Ziskakan, Ousa nousava, ou encore Mars tou sel. De la même façon, Arius et Mary Batiskaf, comme le dit si bien Carpanin Marimoutou, "porte le conflit au cœur même de la nomination en retournant le nom le plus symbolique du discours colonial réunionnais, celui de Marius-Ary Leblond (…)" (5). Et citant Lewis Carrol, le professeur s'empresse d'ajouter que ce qui importe ce n'est pas ce que les mots signifient, mais le pouvoir de les faire signifier. Toujours de l'autre côté du pouvoir cependant, l'artiste, comme Alice, doit aider le sens et laisser le reste au temps.

Plus encore que son humanité qui le prédispose à la nomination évoquée, c'est son caractère hérétique qui rend l'art irréductible. Il est singulier face au politique, sans prix face à l'économique, iconoclaste face à dieu, mystique face à la science et "je" face à l'autre. Il ne devient donc pas une discipline formelle qu'il n'a jamais été, une fois la prohibition levée. C'est parce qu'il est libre et imprévisible que l'on essaie de l'interdire… Ça pourrait donner des idées !

 

Deuzio, l'art peut véhiculer aussi un propos de résistance. Beaucoup d'artistes l'utilisent, puisqu'ils sont libres (l'art et l'artiste), comme le vecteur, le support d'une revendication "non-artistique" (6). Et ici, c'est parce qu'il transmet qu'il est prohibé.

La résistance des Adekalom est ainsi relayée puissamment par Daniel Waro (7). Par ailleurs, le travail de Daniel et du groupe Ziskakan, pour ne parler que d'eux, est remarquable dans la défense de l'identité créole. En art plastique, les Tet Kaf répétées de W. Zitte soulignent l'absence sociale des représentés. "Liberté plastiK vise (immodestement) la révolution" (8).

L'idée, au demeurant pas nouvelle du tout, est que dans notre société médiatique contemporaine (Debord parle de "société de spectacle"), pour être entendu du pouvoir et du public, il faut rentrer dans le spectacle. Et, le spectacle ne relève-t-il pas du domaine de l'art ? L'art propage la résistance et l'artiste en porte l'étendard. Cependant, créer n'est pas seulement communiquer. Entrer dans le spectacle peut nuire à la création. Une prise de position personnelle implique une conséquence dans le travail formel de l'artiste. L'art ne peut être, en effet, réduit à une expression de volonté politique, même si celle-ci est singulière parce que venant d'un artiste. L'art n'existe que si le fond émane de la forme.

Ainsi, par exemple, revendiquer l'art pour tous implique l'utilisation de matériaux que l'on trouve partout, la recherche de formes qui incluent le public, le maloya dans la cour. Prôner la kafitude suppose des formes développées à partir de sources africaines. La défense de l'identité créole passe par la valorisation de la langue. Les auteurs cités ont dépassé sur ce point le travail poétique pour entamer une tâche gigantesque de construction de la langue.

Transmettre un message à travers sa création donc, et par la même occasion, fournir une forme particulière. Heureusement, ça n'emmène plus personne en prison. Du moins de ce côté-ci de l'océan. Rappelons-nous Kaya, artiste assassiné le 21 février 1999 par la police mauricienne pendant sa détention, officiellement pour cause de manifestation pro-cannabique. La Réunion n'est pas Lil'Mo de Kaya. Son combat rejoint pourtant celui d'un Rwa Kaf, celui de faire renaître ce que le pouvoir veut réduire au néant. Crier le silence de la drogue dure qui détruit Roche Bois (9).

De ce côté-ci de Roche Bois, ça n'emmène plus personne en prison. L'artiste n'est pas dangereux, tout le monde l'écoute personne ne le regarde. Encore moins quand il dérange. Avez-vous entend-vu les clowns rebelles du Ti-théâtre de Conflor appeler à une résistance contre l'esclavage de la télé ? Ce dimanche-là, le message passa. Il y avait beaucoup de voitures du côté de Champ-Borne. Seulement, le public allait "soit au match de foot, soit à l'église" (10). Pire, un art prisé par le public, même réputé pour ses valeurs de résistance peut être récupéré par le pouvoir, subtilisé. Lorsque nous écoutons un vieux disque de Bob Marley, nous versons la dîme à Vivendi (une compagnie d'eau) ! Décidément, le pouvoir est invasif. Il incite à trouver une résistance particulière.

La troisième forme de la résistance par l'art, parce qu'évolutive, est moins facile à discerner. D'aucuns doutent même que ce soit de l'art. Je la qualifie volontiers d'art dodolitaire. Comme la consonance de l'adjectif ne l'indique pas, il est total et élémentaire (11). Il utilise parfois les deux formes précédentes et semble en créer une troisième. Sa principale caractéristique est de placer l'homme au centre de l'œuvre. Il est en l'occurrence résistant par essence à l'écran, à l'argent et autres médias contemporains. Parmi les pratiques artistiques, la performance est peut-être celle qui s'en rapproche le plus.

Alain Padeau, par exemple, le 20 décembre 1999, lors du vernissage de son monument aux esclaves (commande publique), sur le front de mer de Saint Paul, a voulu couper la parole au maire en coupant sa propre cravate. Couper sa cravate est acte formel et singulier, le faire au beau milieu d'un discours officiel (sur l'artiste, sur son travail, sur l'abolition de l'esclavage…) casse le consensus apparent. L'artiste ne pouvant rendre la parole déniée aux esclaves a voulu sans doute imposer le silence … C'est tout un art. Art que n'a pas daigné reconnaître le représentant du pouvoir car il continua, comme si de rien n'était, son discours (12). A mon avis, il parachevait par là même la performance de Padeau, rendant ainsi évidente la rupture entre le faire et le dire.

On peut aussi prendre l'exemple du reggae. Souvent, de petits groupes chantent en live (première forme de la résistance) des classiques, renforcent le message de liberté en le traduisant (deuxième forme) et, par la même occasion, esquivent Vivendi.

Ou encore, l'engagement artistique que ma femme et moi-même avons manifesté la fameuse année du 150ème. Par Liberté plastiK, nous avons enfermé le public dans une cage pour l'engager à sortir de son quotidien et à voler les ailes de Furcy (cet homme qui, au temps de l'esclavage, revendiqua et gagna sa liberté après 23 ans de lutte judiciaire). Dans chaque lieu d'accueil, était engagée une équipe de non-professionnels pour reconstituer le procès Furcy. L'installation et le procès représentent la première forme de la résistance (de l'art plastique et un plastikage d'archives juridiques). Le message, l'histoire de Furcy, invitait à ne pas croire que la liberté peut être octroyée (comme l'on s'obstine encore à nous le répéter). Une troisième forme était cependant nécessaire pour déchirer le voile du déni de cette histoire : les comédiens de circonstances recrutés élargissaient le public restreint de l'art contemporain à leurs familles, à leurs amis venus les voir parce que c'est eux qui jouaient. Ils multipliaient simultanément les ailes de l'histoire de cette liberté conquise et que l'on avait voulu garder cachée. Cette troisième sorte de résistance veut initier des formes plus ouvertes et, par l'acte en soi, propage l'art-existence. Pour mieux la distinguer des deux premières, je voudrais raconter une autre expérience dodo, une performance intitulée De l'eau pour la vaisselle...

En mai 1999, une lettre recommandée de la Compagnie des eaux nous avertit qu'une forte consommation va nous être facturée. Effectivement, la note se monte à presque six mille francs, soit l'équivalent de onze années de notre consommation habituelle !

Nous vérifions notre réseau, aucune fuite n'est décelable, mais la CGE reste catégorique : nous avons, selon elle, consommé cette eau. Face à notre insistance, une enquête est tout de même ouverte. Quelques jours plus tard, cette recherche porte ses fruits. La CGE aurait constaté une fuite en mai 98 (sans nous avertir) et aurait réparé cette fuite en septembre 98 (toujours à notre insu). Nous mettons en doute la réalité de cette fuite fantôme. Malgré nos requêtes, la CGE refuse de nous communiquer les procès verbaux de ses interventions. Magnanime, elle nous a proposé d'abord une réduction de moitié de la facture, puis un étalement des paiements. Mais la moitié d'une dette scélérate reste une dette scélérate, et nous avons décidé de ne pas payer.

Le 27 mars 2000, sans aucune mise en demeure, l'alimentation en eau de notre case est coupée. Dodo sans eau n'en est pas moins dodo. La résistance s'est organisée. Les premiers jours furent les plus sombres, puis l'horizon s'est éclairci. Sur l'agenda dodo de tous les jours : "Charroyer l'eau de la plage" et "Heureux ceux qui ont des amis". Les préceptes dodo nous guident. Ainsi le précepte cyclonique (n°21) : "Pas d'eau à la case, douche-toi à la plage". Ou le précieux précepte dodo n°17 bis : "Si on te coupe l'eau du robinet, ouvre les vannes de la fraternité". L'année sans eau courante s'est écoulée plutôt proprement, grâce aux bidons des dalons, aux tours de machine à laver chez l'un, au coup de shampoing chez un autre. Nous sommes restés des humains.

Le 27 mars 2001, la résistance dodo lave le linge sale en public. Pour dénoncer bien sûr, pour tirer l'alarme (à défaut de tirer la chasse d'eau) : nos besoins vitaux - l'eau, l'électricité, l'espace, et l'air bientôt - sont privatisés. C'est-à-dire accaparés, au sens d'être "amassés en grande quantité pour en provoquer la rareté et la revendre fort cher" (Larousse). Cette privatisation du monde n'est pas au service de l'humain. Telle est la loi du marché : il faut tout monnayer. Elle rend légitime la violence de l'argent. Elle impose comme "juste ce qui est fort, ne pouvant faire que ce qui est juste soit fort". Pour dépasser cette Pensée de Pascal (13), les marronèr dlo rétorquent le précepte dodo n°7 : "Le juste peut être fort, si les justes font des efforts". Ou encore le n°6 bis : "Avant de manger, fête la vaisselle". Nous profitons de l'anniversaire pour faire et refaire notre vaisselle devant l'agence CGE à Saint Pierre durant toute une matinée, en bleus mao et gants mapa roses. L'écho médiatique de l'affaire (14) nous valut dans les trois jours un entretien avec le directeur de l'agence. Ce qui est à noter, cependant, est l'émergence d'une forme d'action, de vie. La minute à la télé n'était que le bout médiatisé d'une expérience, singulière et formelle, de résistance d'une année : la recherche de la fraternité (15). Cette troisième forme insiste sur les rapports humains et veut résister à l'effacement de l'homme derrière un numéro de compteur, un fichier ou encore un discours institutionnel. Elle exige un engagement dodolitaire.

 

Sur cette île où l'on a exterminé les dodos, l'action d'un Rwa Kaf a contribué à la survie du Kaf. Sur cette île où l'on dénie trop souvent son existence, c'est presque un miracle. Le combat n'est pas encore gagné à en juger par certains non-regards que je perçois dans la rue. Mais la vie continue. Nous existons et nous avons tellement d'expériences en matière de déni d'humanité et, en contrepartie, en matière de résistance que nous sommes par notre héritage, à même d'apporter notre pierre à la société contemporaine. En effet, le libéralisme mondialisé réduit l'homme à une dimension unique, la dimension marchande, et ne sert que la puissance anonyme de l'argent. Nous connaissons depuis longtemps ce système. La Compagnie des Indes qui a peuplé et dirigé l'île dès l'origine ne visait pas à construire une cité humaine mais à rentabiliser une société d'exploitation commerciale privée, où l'homme et la femme n'avaient de valeur que pour le bénéfice qu'ils pouvaient procurer, où ils étaient monnayables comme de vulgaires marchandises. Ce système de déshumanisation qui nous semblait tarder à disparaître ici, revient en force. A l'instar d'un Rwa Kaf en son époque, les artistes en cultivant leur art soulignent la multiple dimension de l'homme et peuvent contribuer à maintenir la flamme de la résistance face aux nouvelles Compagnies. Ne serait-ce que parce que la création artistique est avant tout indépendante des logiques commerciales.

Novembre 2001, Johary Ravaloson.

 



[1] Cette contribution a été en partie prononcée par l'auteur dans la cour du Rwa Kaf à Sainte Suzanne, à l'occasion de sobat'koz-hommage à lui rendu, pour son 80ème anniversaire, par l'association Rasine Kaf, le 18 novembre 2001, sur le thème de "Formes et figures de la résistance d'hieret d'aujourd'hui".

[2]Rapporté à l'occasion du micro trottoir annuel du 20 désamn réalisé par Sophie Bazin.

[3]Erik Manana, Vakoka, productions et éditions Célia, Toulouse, 1996.

[4] Ils existent depuis toujours. Ce qui est devenu flagrant c'est l'incapacité, ou le manque de volonté, de l'État d'éliminer ou de se substituer à toute domination dans un rapport impliquant une dépendance entre deux personnes privées, ce qui est fondamentalement son rôle (cf. Santi Romano, L'ordre juridique, Dalloz, 1975).

[5] Marimoutou C., "Délits d'humanité", dans sa préface à Liberté plastiK d'Arius et Mary Batiskaf, Grand Océan, La Réunion, 2000, p. 7.

Pour rendre à Patrice Treuthardt ce qui lui appartient, je profite de l'occasion pour signaler que Batiskaf nous a été soufflé par son recueil Les manèges de la terre (éd. Loukanou, 1995). Dans son farfar des mots marrons, il l'évoque en effet comme la créolisation de batiste cafre, batiste étant le tissu (comme le bazin) d'un drap de lit où une femme blanche rejoignait un esclave : "c'était le déshonneur pour toute la famille. Vous vous rendez compte, elle est tombée dans le batiskaf !".

[6] Je l'écris entre des guillemets, car limiter l'art à un domaine est un non sens.

[7] Adekalom, Adekalom, paye pas. Adekalom, Adekalom, paye pas l'amende-la …

[8] Liberté plastiK, p. 15.

[9] Dodo, Dodo Kaya. Faut-il être dodo, c'est à peine si l'on s'aperçoit de leur existence. Faut-il être dodo, sans parler de leur résistance. Faut-il être dodo, (Silence) ?

[10] "Festival du spectacle vivant à Champ-Borne" : Liberté plastiK était de la partie. Peu de public mais beaucoup d'espoir, titra le Quotidien (23/11/98).

[11] Le mouvement dodo, vague préférée d'Arius et Mary Batiskaf, participe de la même écologie (du gr. oikos, maison, et logos, science) par le passé disparu qu'il veut évoquer. Toujours associé à une esthétique du marronage, sans définition qui tue ni genre exclusif, il veut provoquer un courant d'air plastik par la magie du créer ou celle plus simple encore de répéter Dodo, dodo, dodo,...

N.B. : Les artistes cités ne se reconnaissent pas forcément dans cette vague.

[12] Le maire a continué son discours (sur l'artiste, sur son œuvre, sur l'abolition de l'esclavage…) même lorsque, après son geste, Padeau le laissa là pour se jeter à la mer !

[13] La Pensée n°285, in La Pléiade, 1960.

[14]Sûrement à cause de la minute de grand moukat au journal télévisé régional mais aussi des réflexions pertinentes de la presse écrite du lendemain.

[15] Si vous n'y trouviez point d'art, chantez sur l'air que vous voulez dodo, dodo, dodo,…


Date de création : 15/01/2007 12:14
Dernière modification : 22/03/2007 16:11
Catégorie : Art
Page lue 6494 fois


Prévisualiser la page Prévisualiser la page     Imprimer la page Imprimer la page


En bref / En marge

Depuis décembre 2006

   visiteurs

   visiteurs en ligne


La_Revue, n°6

La_Revue, n°5

La_Revue, n°4

La_Revue, n°3

La_Revue, n°2

La_Revue, n°1

Océan Indien - voire +

^ Haut ^

Responsable et coupable : Arnaud Sabatier

Rigoureuse mise en œuvre : Patrick Boissière

Amicale assistance technique : Richard Muller

Affectueuse hotline polyvalente : Timothée Sabatier

Avec le concours généreusement efficace d’Icare de chez GuppY

GuppY, un créateur de site très recommandable


  Site créé avec GuppY v4.5.19 © 2004-2005 - Licence Libre CeCILL

Document généré en 0.81 seconde