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Politique - Edgard PISANI

Edgard Pisani : « entré dans la vie publique en 1944. Préfet, Sénateur, Maire rural, Ministre de l’Agriculture puis de l’Equipement, Commissaire Européen, Délégué en Nouvelle Calédonie, ayant servi aux côtés de Charles de Gaulle et de François Mitterrand, ayant proposé au Gouvernement l’adoption de l’Airbus et du TGV, ayant fait évoluer les statuts de la forêt publique et de la forêt privée, ayant proposé un statut foncier urbain nouveau, j’ai partout mis en œuvre mon esprit réformateur et tenté de répondre aux besoins. « Vive la Révolte » invitait à la réforme ; les propositions ci-dessous en appellent à la responsabilité de chaque français.

Débattons-en sur www.vivelarevolte.com

 

Edgar Pisani reprend et développe dans ce texte qu’il a bien voulu nous envoyer un article publié dans Ouest-France, le 1er mars 2007.

 

 

 

EDGARD PISANI

 

VIVE LA REFORME

 

La révolte peut déboucher sur la résignation ou la révolution. Pour être utile elle doit appeler, inspirer, exiger la réforme. « Vive la Réforme » donc. Réalité, programme, méthode : tels sont les trois volets de la recherche.

 

 

Notre réalité

 

L’Etat nous a appris à tout attendre de lui ; nous réclamant de droits acquis, nous nous comportons en assistés. L’administration foisonne et pèse sur l’économie et la société. Quand la vie s’allonge, nous partons en retraite plus tôt. Nous lèguerons à nos héritiers un pays en faillite car nous sommes endettés et notre croissance est l’une des plus faibles d’Europe. Les rémunérations de certains dirigeants d’entreprises défient l’opinion. La rémunération des actionnaires prime trop souvent tout autre considération. Nous ne nous préoccupons assez ni de l’économie ni de la croissance qui sont les conditions et les moteurs de tout progrès social. Variable d’adaptation de l’économie et mis au service de machines, le travail devient une servitude. Les agriculteurs doutent de leur avenir et sont conduits à l’exode vers des villes et des banlieues encombrées. Natifs ou immigrés, jeunes turbulents ou vieux désemparés, les laissés pour compte sont des millions. Privilégiant les diplômes, peu attentif à l’éducation permanente, notre système éducatif ne favorise pas le progrès de chacun à chacun de ses âges. Notre recherche n’invente guère ; elle progresse ailleurs à très grands pas. Dominée par les medias, la campagne électorale est une foire aux promesses illusoires. Chacun s’exprimant en tant qu’électeur, l’être-citoyen reste coi. Il nous faut choisir entre: - une résignation au déclin sur le chemin de l’aventure et - une mise en cause de nos manières d’être, de penser, de nous gouverner.

 

 

 

La Réforme

 

A) Par la Loi

 

1) Les institutions politiques.

La confusion des rôles que jouent le Président et le Premier Ministre fait que le Parlement a perdu une partie de ses prérogatives. Cette situation doit cesser. Jouant le rôle de l’arbitre et du guide, Maire de tous les français, pouvant s’adresser directement aux Assemblées et demander une seconde lecture des textes législatifs, le Président doit être élu pour sept ans et ne pas pouvoir se représenter. Le Premier Ministre gouverne en relation avec le Parlement. La cohabitation qui peut en résulter consacre le rôle arbitral de la présidence, Il ne peut y avoir de « majorité présidentielle ».

Un Présidentgarant de la durée et un Premier Ministre consacré à l’action réhabiliteront ensemble le Parlement et donneront à nos institutions une nouvelle clarté démocratique.

 

2) L’Etat et l’administration.

L’Etat méritera le respect lorsqu’il exercera pleinement mais seulement les fonctions d’administration générale, de médiation, de protection, de représentation, d’anticipation nationales. Le temps est venu : - de mettre en cause l’ensemble de nos institutions ; - de définir les compétences et les règles de l’Etat et de l’Administration ; – de repenser le recrutement et la formation de la haute fonction publique – de limiter les effectifs du gouvernement et des cabinets ; – de restructurer notre administration territoriale; - de remettre en cause les appendices qui foisonnent; - de préciser ce qui est de compétence publique, de définition publique et de gestion sous contrat et ce qui relève de la Loi seule en sa fonction de définition. Il est urgent que le Pays se dote d’une instance de prospective et de programmation.

L’Etat doit peser moins, être efficace et respecté. Se limiter pour être et demeurer grand.

 

3) Education. Formation continue et Recherche.

- Le Gouvernement, la société, l’économie, les enseignants et chercheurs doivent élaborer ensemble une vision et une ambition communes, réhabiliter l’école et le laboratoire. Enseignants et chercheurs doivent assumer leurs réformes.

- Jacobins nous devons enseigner la diversité. Cartésiens nous devons enseigner la réalité.

- Le progrès relativise l’importance du diplôme. Il exige une formation permanente.

- L’afflux des informations attend du maître qu’il enseigne un art personnel d’apprendre. Internet faisant de nous des extravertis, on doit apprendre aux élèves le goût de se retrouver eux-mêmes.

- La place occupée par les Grandes Ecoles et le CNRS aux dépens de l’Université doit être revue.

- Formation et recherche commandant l’avenir, la prolétarisation de ceux qui s’y consacrent dans le secteur public est dangereuse.

Révéler le meilleur de chaque être à chacun de ses âges, ainsi révéler le meilleur du Pays. Rendre à la Recherche la place qu’elle occupait naguère.

 

4) Le système social.

Protection sociale et retraites gèrent des sommes considérables résultant de prélèvements obligatoires. Elles occupent la première place dans l’esprit des français mais n’ont pas une autonomie qui rende efficace et lisible leur action globale.

Durée de la vie qui augmente, âge de la cessation d’activité qui baisse, budget social qui augmente suggèrent ensemble que soient inventées les conditions d’exercice d’une « seconde activité » qui, donnant sens au nouveau troisième âge, permettrait que soient accomplies des tâches d’intérêt public aujourd’hui négligées et que soit augmentée la pension de la retraite du quatrième âge

Donner efficacité et clarté au système social. Tenir compte de l’allongement de la durée de la vie

 

 

B) Politiques et chantiers

 

1) Croissance et résorption de nos dettes.

Tous nos comptes révèlent des déficits. Nos résultats sanctionnent notre incapacité à adopter un modèle de développement irrigué par l’innovation et l’investissement ainsi que notre incapacité à nous discipliner. Il nous faut apprendre que le progrès coûte aujourd’hui et rembourse à terme.

Fondée sur la connaissance, l’économie nécessite le croisement des disciplines, la mise en réseau des chercheurs, universitaires, entrepreneurs, administrateurs régionaux, Elle exige l’ouverture à l’international. Dépassé ailleurs, un taux de croissance de 3% est nécessaire au rétablissement de nos comptes et à la réduction vraie du chômage. Notre endettement nous impose de réduire nos déficits. Aucune dépense de fonctionnement ne doit être financée par le déséquilibre budgétaire.

Décidant de mettre nos comptes en ordre et de bannir toute dette qui ne soit nécessaire à l’investissement, nous privilégierons la croissance.

 

2) L’Europe. Et le monde

L’Europe est une bureaucratie et une procédure sans projet : aujourd’hui, l’Union est une zone de libre échange incapable de devenir un être politique appelé à devenir l’une des cinq puissances dont la concertation peut assurer la paix et le développement du Monde. Sans compromettre l’Union Economique, nous devons inventer une Confédération Politique intégrant les armées nationales dans une « Armée pour la Paix », ayant un seul siège au Conseil de Sécurité des Nations Unies au lieu des deux sièges qu’occupent l’Angleterre et la France

Faire que l’Europe soit en même temps réalité économique et politique.

 

3) Naissance de la société

La démocratie existe lorsque les idées ne vont pas seulement de haut en bas mais de bas en haut. Ainsi la Réforme sera une œuvre collective. La démocratie participative doit donner à nos institutions la plénitude qui leur fait défaut. Il est urgent que nous nous exprimions comme hommes et citoyens et qu’en politique, nous ne soyons pas seulement des électeurs et des militants. Il est urgent que des « ateliers civiques » réunissent jeunes et anciens, femmes et hommes, gauche et droite, ouvriers, artisans, paysans, médecins, natifs ou non, pour débattre et dire les contradictions et les complicités de la société diverse. La démocratie peut naître alors que le rite électoral la met aujourd’hui en péril.

La dynamique de la société s’affirmant face à l’économique, la politique sera médiatrice ; elle aura une nouvelle légitimité.

 

 

 

Comment nous réformer.

 

Mieux vautun loyal compromis qu’une interminable querelle ! Aucun des grands problèmes ne pouvant être résolu par la majorité contre l’opposition, il est urgent que naisse une éthique, une règle au gré desquelles, les partis apprennent à chercher et décider ensemble lorsque les problèmes qui les opposent sont essentiels et urgents.

Tirant parti de la simultanéité des élections présidentielle et législatives, il n’est que de définir une procédure permettant de résoudre les « problèmes insolubles » qui se posent.

 

Projet politique.

- Le Pays traverse une crise telle que seule une Réforme peut le remettre sur la voie du progrès mais aucune Réforme significative ne pouvant aboutir au gré d’un conflit entre majorité et opposition, un accord de programme est la seule voie.

 

Procédure et accord de programme.

- Dans un Discours à la Nation prononcé lors de son installation, le Président de la République dit l’importance des problèmes en suspens et la décision qu’il a prise de constituer, après consultations, un Conseil de la Réforme qui, exprimant la diversité de nos générations, de nos régions, de nos « métiers », de nos opinions, de nos croyances, de nos organisations représentatives, présentera dans les deux mois un « état de la France » et un « projet pour la France »

- Partant de là, après l’installation de l’Assemblée Nationale et avant de constituer le Gouvernement, le Premier Ministre désigné consulte tous les groupes politiques de l’Assemblée sur tous les grands problèmes en suspens. S’il aboutit à un large accord, il dépose un texte lui conférant des pouvoirs spéciaux en ces matières. S’il ne les obtient pas, il se retire.

- S’il obtient une majorité significative, il a deux ans pour légiférer. Le Président ayant publié les textes, le Premier Ministre fait une « Déclaration ministérielle » et pose la question de confiance.

 

 

 

Déclin ou renaissance

 

Etre à nouveau ou ne plus être, la France doit affronter cette alternative. Entreprenons donc de nous réformer pour nous retrouver et que chaque français réapprenne le bonheur d’être français. Sinon la révolte deviendrait résignation ou désordre ; départ des meilleurs d’entre nous vers des horizons plus cléments, départ des entreprises, dégradation de nos systèmes d’éducation et de protection sociale. Ne sentons-nous pas déjà le déclin de notre production littéraire et artistique, de notre contribution aux progrès scientifiques et techniques, ne comprenons-nous pas la signification de notre succès touristique : de nos monuments historiques à la cuisine et aux appellations contrôlées, ce sont nos héritages qui nous entretiennent. Nous aimons la France avec nostalgie alors que nos descendants devront la quitter. Il nous faut beaucoup de courage pour entreprendre la Réforme qu’exige son état. Pour qu’elle soit, dans vingt ans, en état administratif, économique et social de fonctionner, pour qu’elle participe, en les humanisant, à l’invention et au progrès, il nous faut décider sans tarder de faire le redoutable effort de rigueur qui nous permettra de rembourser nos dettes et d’investir dans tous les domaines significatifs. Il faut nous investir au profit de l’avenir ; il nous faut, c’est vrai, sacrifier l’immédiat au futur. Les résultats répondront aux sacrifices que nous choisirons de faire. Cela en vaut la peine dans un monde qui, ayant tout consacré aux progrès économiques, scientifiques et techniques, a malmené l’homme et la nature. Par sa civilisation, la France a des atouts permettant qu’elle contribue à l’humanisation du progrès. Elle en a le devoir.

Nous dérobant ou remettant à… demain, nous choisirions le déclin.

 


Date de création : 15/03/2007 23:19
Dernière modification : 15/03/2007 23:39
Catégorie : Politique
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