| Acteur, auteur, metteur en scène, Emmanuel Genvrin (1952) est le fondateur et le directeur du Théâtre Vollard de Saint Denis de la Réunion. Né à Chartres, il a des souvenirs familiaux à Madagascar et en Haïti. Adolescent, il joue dans les groupes de rock et compose des poèmes. Entré au théâtre universitaire de Caen, il est comédien et écrit une adaptation de La Paix d'Aristophane. Il participe aux événements de mai 68 et poursuit des études de psychologie à la Sorbonne où il obtient un DESS en psychopathologie. Après un stage à la clinique « anti-psychiatrique » de Laborde, il exerce en Normandie puis à l'île de la Réunion, à l’APECA, un établissement de l’enfance inadaptée. En 1979, il fonde le Théâtre Vollard du nom du marchand de tableaux réunionnais, ami d’Alfred Jarry. Faute de répertoire local, il commence par monter Ubu Roi, mais dans une mise en scène créolisée, puis Tempête d’Aimé Césaire. Il se décide ensuite à écrire ses propres pièces. Ainsi Marie Dessembre sera créée en 1981. Les productions s’enchaîneront ensuite, Nina Ségamour (1982), Lepervenche, chemin de fer (1990), Votez Ubu Colonial (1994), Séga Tremblad (2000), Quartier Français (2003)… (Voir sur le site du théâtre) Avec l’ami de toujours, le musicien Jean-Luc Trulès, il a co-écrit Mairana, créé en novembre 2006, le premier opéra réunionnais qui raconte l’aventure des premiers arrivants sur l’île, en 1665. Trouvant son inspiration dans le passé réunionnais, la mythologie, l’esclavage, l’insularité… c’est toujours du quotidien présent et de ses contradictions qu’il nous parle. Mélange des genres, mélange des tons, mélange des langues ; on danse et chante beaucoup sur scène, les acteurs sont aussi souvent musiciens (comme Genvrin lui-même) ; on crie, on pleure, on s’asservit, on s’assassine… et on mange même le cari à l’entracte. Théâtre politique, théâtre populaire, poétique et satirique, insolent et sympathique, le tout servi le plus souvent par une scénographie spectaculaire et originale. Immanquablement Vollard a beaucoup séduit. Il a dérangé aussi et agacé. Et c’est à des coups de théâtre juridico-médiatico-politiques qu’Emmanuel Genvrin a également habitué le public réunionnais. Vollard. Souvent grave, jamais sérieux ; jamais léger, toujours joyeux – à l’évidence un théâtre réunionnais. (La Réunion, un peu avant 1848)… Albert – Les esclaves vont se révolter, piller nos maisons et, qui sait, se partager nos terres ! [...] Grossard – Il s’agit d’une spoliation inqualifiable, d’un vol, d’un crime. Si l’État veut que nous libérions nos esclaves, il n’a qu’à nous rembourser ! L’indemnité ! L’indemnité ! L’indemnité ! ... Extrait de Marie Dessembre, Éd. Vollard, 1987
Date de création : 28/11/2006 17:58
Dernière modification : 06/03/2007 07:27
Catégorie : 4. Théâtre & politique
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