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2012 - Vues d'ailleurs - 4. SAINT-JOHN PERSE

Les Rencontres de Bellepierre

 

« Écrivains »

 

le Théâtre du Grand Marché

 

 

 

perse.jpg

 

Photo © Lucien Clergue

 

 


Saint-John Perse

 

présenté par

 

Serge Meitinger

 

 

extraits lus par

 

Jocelyne Lavielle

 

 

 

Théâtre du Grand Marché, St Denis

 

Jeudi 1er mars 2012, 18h30

 

 

 

 

« Ils m’ont appelé l’Obscur et j’habitais l’éclat ».

 

« Quel est ce goût d’airelle, sur ma lèvre d’étranger, qui m’est chose nouvelle et m’est chose étrangère ?... À moins qu’il ne se hâte, en perdra trace mon poème… Et vous aviez si peu de temps pour naître à cet instant. », Vents, III, 6

 

Poète à « l’âme sans tanière », Saint-John Perse n’a cessé de chanter le mouvement, l’exil aussi et le départ ; il laissait hissé dans son jardin le pavillon qu’arbore un navire en partance : carré blanc sur fond bleu. De son vrai nom Alexis Leger, il naît à Pointe-à-Pitre, en 1887. En 1899, un premier exil pour la métropole interrompt une enfance facile ; il se souviendra de ce « moment antillais » dans Éloges. Élève brillant, il entreprend des études de droit mais très tôt commence à écrire.

Ayant réussi le concours d’entrée au Ministère des Affaires étrangères en 1914, il entame une carrière de diplomate. Après Anabase (1924), qui clôt la « période asiatique », il cesse provisoirement d’écrire. D’abord envoyé en Chine, il devient directeur de cabinet puis Secrétaire Général du Quai d’Orsay. Écarté du pouvoir en 1940, il part pour les États-Unis et vit son deuxième exil : le politique s’efface derrière le poète. Les débuts américains sont difficiles mais des mécènes lui permettent de se consacrer à l’écriture. La « période américaine » sera fructueuse : Exil, Vents, Amers

Après dix-sept ans d’exil, il rentre en 1957 et s’installe dans le Var ; son œuvre rencontre un succès international et il se voit attribuer le prix Nobel de littérature en 1960. La « période provençale », marquée par la sérénité du « Grand âge » sera elle aussi féconde : Chronique, Chant pour un équinoxe… Il s’attellera ensuite à la composition du volume de ses œuvres complètes dans la fameuse collection La Pléiade des éditions Gallimard dont il assure seul l’agencement, rédigeant à la troisième personne sa biographie et inventant quelques lettres pour l’occasion ! Il meurt à Giens en 1975.

Saint-John Perse se faisait une très haute idée de la poésie, il exigeait d’elle qu’elle soit à la fois une façon de vivre et un mode de connaissance. Une sensibilité aiguë et un étonnement attentionné le vouent au monde et, s’il parle d’aventures spirituelles, c’est sans jamais oublier le sel noir de la terre, l’argile et les coraux, et « les choses les plus frêles ». Il restera le poète des vents et des sables, des agaves et des amarantes, de la Mer innommable, « immémorable et mémorable − et quelle et quelle, et quelle encore, inqualifiable ? ». Pour dire « le monde entier des choses », il convoque un vocabulaire riche et parfois complexe, mais sans être jamais pédant ; la richesse de sa langue est à la mesure de l’exubérance de la vie, elle est comme un hommage rendu à la beauté fragile et ardente du monde.

 

**************

 

« Nous qui sommes d’Atlantique »

Saint-John Perse ou la poésie comme fortune de mer

 

Serge Meitinger

 

 

Répondant comme ses ancêtres, partis courir fortune de mer, qu’il est « d’Atlantique », Saint-John Perse ne se reconnaît de terroir et d’identité que ceux de la « mer ouverte » et des éléments qu’elle brasse et orchestre. La poésie qui pour lui est d’abord mouvement c’est-à-dire essor et croissance consiste à épouser les grands rythmes naturels qui, de par le monde, quoi qu’il arrive, sauvent et perpétuent le vif. De la sorte, grâce à un jeu d’images et à une prosodie en qui s’incarne le flux universel, la mer et tous les grands phénomènes naturels deviennent le poème et la poésie qui tutoie la chose même s’arrondit pour nous en butin métaphysique.

 

 

Écrivain et poète, Serge Meitinger est professeur de littérature à l’Université de La Réunion.

Une version audio de la conférence sera disponible en ligne sur le site www.lrdb.fr.

 

La comédienne Jocelyne Lavielle lira des extraits d’Éloges, Exil, Vents, Amers et Oiseaux.

− Éloges, « Images à Crusoé », Les cloches (1904 ?, probablement écrit en 1906, publié en 1911)

Vieil homme aux mains nues,

remis entre les hommes, Crusoé !...

− Éloges, « Éloges », XVIII,

À présent laissez-moi, je vais seul.

Je sortirai, car j’ai affaire : un insecte m’attend pour traiter…

− Exil, « Exil », III, § 2 et 3

… Toujours il y eut cette clameur, toujours il y eut cette splendeur,

Et comme un haut fait d’armes en marche par le monde…

− Exil, « Neiges », II, § 1

Je sais que des vaisseaux en peine dans tout ce naissain pâle poussent leur meuglement de bêtes sourdes contre la cécité des hommes et des dieux…

− Vents, IV, 6, § 1, 2 et 3

…C’étaient de très grands vents sur la terre des hommes −de très grands vents à l’œuvre parmi nous…

− Amers, Strophe, IX, iii, 1, § 1 et 3

« … Mes dents sont pures sous ta langue. Tu pèses sur mon cœur et gouvernes mes membres. Maître du lit, ô mon amour, comme le Maître du navire »…

− Amers, Strophe, IX, iv, 2, § 1 et 3

« Vierge clouée à mon étrave, ah ! comme celle qu’on immole, tu es la libation du vin au tranchant de la proue »…

− Amers, Chœur, III

« Ô multiple et contraire ! ô Mer plénière de l’alliance et de la mésentente ! toi la mesure, toi la violence et toi la mansuétude… »

− Oiseaux, VIII, § 1

Oiseaux, et qu’une longue affinité tient aux confins de l’homme… Les voici, pour l’action, armés comme filles de l’esprit…

− Oiseaux, XIII, § 3

Avec toutes choses errantes par le monde et qui sont choses au fil de l’heure, ils vont où vont tous les oiseaux du monde, à leur destin d’êtres crées…

 

À lire aussi sur www.lrdb.fr :

« Saint-John Perse, poète à la lampe d’argile. Présentation et extraits », Arnaud Sabatier

« Vents de Saint-John Perse ou la récitation occidentale », Serge Meitinger

 

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Prochaine conférence-lecture Victor Segalen présenté par Arnaud Sabatier, jeudi 5 avril à 18h30

Lettre d’informations : abonnez_moi@lrdb.fr   Renseignements : 0262 20 33 99


Date de création : 24/02/2012 13:42
Dernière modification : 27/02/2012 09:22
Catégorie : 2012 - Vues d'ailleurs
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