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2012 - Vues d'ailleurs - 9. Rabin TAGORE

Les Rencontres de Bellepierre                        Centre Dramatique de l’Océan Indien

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Tagore.jpg

 

 

Rabîndranâth Tagore

 

présenté par

 

Lionel Thibeau

 

Lectures : Lolita Monga, Jean-Louis Levasseur et Alexis Campos

 

Accompagnement musical

(sitar et tabla) : Indiren et Niruvan Valayodapillaï

 

13 décembre 2012, 18h30

 

 

 

« Ne pleurez jamais d'avoir perdu le soleil, les larmes vous empêcheront de voir les étoiles.»

 

 

 

« Chaque naissance nous apporte le message que Dieu n’est pas encore découragé de l’homme »

 

 

Poète indien, ou plutôt bengali, on a dit de lui qu’il était le plus mystique de tous les poètes, peut-être était-il le plus poète de tous les mystiques, mais Tagore était aussi un romancier, un dramaturge, un philosophe, un peintre, un musicien, et encore un militant indépendantiste et un réformateur social et pédagogique.

Né en 1861 à Calcutta, dans une Inde encore colonie britannique, Tagore grandit dans une famille d’artistes et d’intellectuels à l’esprit ouvert et engagé ; son père est l’un des promoteurs du mouvement Brahmo Samaj, courant réformateur qui accueille des éléments de l’hindouisme, de l’islam et du christianisme. Figure majeure de la culture bengali et indienne, de son renouveau et de sa diffusion, Tagore travailla au lien entre les cultures, notamment entre l’Inde et l’Europe et chanta l’avènement d’un humanisme universel. Vivant dans ce monde en pleine mutation du début du XXe siècle, il fut le premier auteur non occidental à obtenir le prix Nobel de littérature (1913). Parmi une œuvre importante de quelque cent cinquante ouvrages, les plus connus sont le recueil de poèmes L’Offrande lyrique (Gitanjali), écrit en 1910 et traduit en français par André Gide et le roman Gora, écrit en 1907.

Ayant eu à souffrir de l'éducation britannique imposée au Bengale et contestant sa pertinence en Inde et en milieu rural, il s’attela à la réformer. En 1901, il créa Santinitekan, « Le havre de paix », une école de plein air où la pratique des arts était primordiale et qui deviendra une université fréquentée par des étudiants et professeurs du monde entier. Réformateur radical et sans préjugés, il n’hésitera pas à remettre en cause certaines traditions hindoues, affirmant souvent son idéal d’une société sans castes et plus respectueuse des femmes.

Compositeur souvent joué et chanté, écrivain couronné, réformateur actif et écouté, correspondant des grands intellectuels du monde entier, à 67 ans, l’infatigable Tagore se lança dans sa « dernière moisson » artistique et se mit à la peinture. Sa peinture vient d’un prolongement graphique de ses textes manuscrits et plus précisément de ses ratures et surcharges qu’il s’agissait initialement de cacher, puis ces excroissances d’abord spontanément tracées furent davantage travaillées, l’écriture se voyait alors accompagnée de couleurs, de mouvements, de formes qui finissaient par devenir autonomes, structures abstraites, animaux extraordinaires, paysages irréels : « j’essaie de faire danser mes ratures […], de transformer l’amas confus en ornement », écrivait-il. Une exposition itinérante initiée en 2011 (qui s’est arrêtée au Petit Palais à Paris en mars 2012) a permis aux grandes villes européennes de découvrir des œuvres jamais ou confidentiellement exposées jusqu’alors.

Universaliste visionnaire, Tagore fut doté d’une conscience que l’on dirait aujourd’hui écologiste et altermondialiste. Rempli d’optimisme par la création de la Société des Nations, il espérait que l’Inde saurait résister aux dangers du nationalisme et combinerait une indépendance légitime, la reconnaissance de la richesse et diversité des cultures et la défense de l’unité profonde de l’humanité.

En 1941 meurt celui que Gandhi appelait la « Grande Sentinelle ». Tagore laisse à l’Inde et au monde un héritage inestimable constitué de poèmes et de réformes, d’idées et d’idéaux, cent cinquante ouvrages, des milliers de chants (dont les hymnes nationaux de l’Inde et du Bangladesh), des milliers de tableaux, une université, et aussi sans doute, une crainte et un espoir. Au milieu de la seconde Guerre mondiale, il écrivit un dernier texte, sorte de testament intitulé La Crise dans la civilisation : alors qu’il ne voit « que les ruines d’une orgueilleuse civilisation qui s’écroulent et se dispersent comme un vaste amas de futilités », il redit sa foi sans faille en « l’homme universel » et son rêve « d’un nouveau chapitre », un monde simple et proche de la nature, car telles sont les valeurs d’une vraie civilisation.

Joli rêve encore à réaliser…

 

 

Amateur éclairé et connaisseur amoureux, Lionel Thibeau s’intéresse à l’Inde, sa pensée et sa culture depuis longtemps.

Les musiciens Shankar et Vivekananda Zaneguy l’accompagneront au tablâ, violon et tampura.

Lolita Monga, Jean-Louis Levasseur et Alexis Campos liront des extraits de L’Offrande musicale, La Corbeille de fruits, Gora, Crise dans la civilisation, Correspondance Tagore-Einstein, Amal et la lettre du roi, Le Naufrage.

 

Et toujours, les étagères souriantes de la librairie l’Échappée belle.

 

Extraits

« Lorsque je m’en irai d’ici, que ceci soit mon mot de partance : que ce que j’ai vu est insurpassable.

J’ai goûté au miel secret de ce lotus qui s’étale sur l’océan de la lumière, et ainsi j’ai été béni − que ce soit mon mot de partance.

J’ai aperçu dans ce palais des formes infinies et là j’ai aperçu celui qui est sans formes.

Mes membres et mon corps entier ont tressailli au toucher de celui qui n’est pas tangible. Ah ! si la fin doit venir ici, qu’elle vienne ! − ceci soit mon mot de partance. »

L’Offrande lyrique

 

« Une civilisation animée d'un appétit anormal doit faire d'innombrables victimes pour subsister, et ces victimes se trouvent dans les parties du monde où la chair humaine ne vaut pas lourd. Le bonheur de populations entières en Afrique et en Asie est sacrifié pour fournir aux caprices de la mode une suite sans fin de respectables déchets »

Vers l’homme universel.

 

 

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Date de création : 08/12/2012 00:15
Dernière modification : 13/12/2012 21:10
Catégorie : 2012 - Vues d'ailleurs
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