« Que ce monde demeure, / Que la feuille parfaite / Ourle à jamais dans l'arbre / L'imminence du fruit ! »,   Y. Bonnefoy

--- PRESENTATION ---

ECRIVAINS

2010-11 NORMAL

2009-10 DON ECHANGE

2008-09 LE GENRE

2007-08 LA VILLE

2006-07 LE POLITIQUE
+ 0. PRESENTATION
+ 1. Philosophie et politique
+ 2. Architecture & politique
+ 3. Sociologie & politique
+ 4. Théâtre & politique
+ 5. Entreprise et politique
+ 6. Psychanalyse (intro.)
+ 7. Psychanalyse politique
+ 8. Histoire et politique
+ 9. Economie et politique
+ I0. Art et politique

Brèves (archives)

Recherche





Littérature - Jean-Claude PINSON

 

Télécharger au format pdf

 

 

 

Poète et philosophe, Jean-Claude Pinson enseigne la philosophe de l’art à l’Université de Nantes.

Dans ce texte inédit, prolongeant les réflexions de Barthes et Deleuze, il s’interroge sur la possibilité d’une littérature politique, une littérature qui rapprocherait texte et existence, dans une même dénonciation de l’ordre dominant, un même refus des voies ordinaires, des lieux communs, des sentiers battus, un même ex-ode.

La littérature est cette possibilité, pour la langue, de se soustraire à ses deux figures « naturelles », le diktat et le stéréotype ; elle est une résistance, un contre-pouvoir, qui ruine précisément toute volonté hégémonique ou toute exploitation instrumentale en fabriquant du singulier, en produisant de la nuance, en instituant de l’inédit. Mais le pouvoir n’est pas seulement celui de la grammaire, c’est aussi l’existence que l’on asservit ; on peut donc s’interroger sur les possibilités de convergence de deux formes de dissidence, littéraire et existentielle, et peut-être même en demander davantage à la littérature, qu’elle vienne alimenter, avec ses mots, un grand refus, sain et exigeant. C’est ce que Jean-Claude Pinson appelle la « poéthique », une littérature qui, par-delà les textes, s’inquiète de la possibilité d’une « habitation poétique de la terre ».

 

 

 

 

 

Exode

(Politique de la littérature)

Jean-Claude Pinson

 

 

 

 

Dans sa célèbre Leçon inaugurale du Collège de France, Roland Barthes énonce deux thèses provocantes. La première, devenue fameuse, pose que la langue est foncièrement « fasciste ». La seconde affirme que la littérature ne peut échapper à ce fascisme qu’en « trichant la langue » (1) – formule performative dont le dérèglement syntaxique, on le notera, effectue déjà l’échappée sémantique à laquelle elle en appelle.

 

 

« Tricher » : l’« anti-fascisme » linguistique de la littérature

 

« Fasciste », la langue ne l’est pas pour Barthes en fonction de telle ou telle perversion, mais constitutivement, en ce qu’elle « oblige à dire ». Ou plus exactement, la libido dominandi tapie au creux de tout discours fait de chaque locuteur à la fois un maître et un serviteur. Car parler c’est à la fois asserter et répéter ; c’est à la fois assigner quelqu’un ou quelque chose à un prédicat et reproduire de façon grégaire les stéréotypes que la langue ne cesse de mettre en circulation. Et comme « le langage humain est sans extérieur », il paraît bien difficile d’être indemne de ce « fascisme » linguistique. C’est seulement « au prix de l’impossible » qu’on peut espérer y échapper (et Barthes alors de désigner ces deux formes d’arrachement à la parole grégaire que sont la « singularité mystique » ou l’« amen nietzschéen »). À défaut, aux parlants que nous sommes, il ne reste que la littérature. Parce que pour elle, parler a trait à la réalité autrement que « commercialement » (selon le mot de Mallarmé), seule elle parvient à entendre et faire entendre une langue qui peut être « hors-pouvoir ». Mais c’est à condition de « tricher la langue » ou, pour le dire d’une formule moins dépréciative, de la soumettre à « la splendeur d’une révolution permanente du langage ».

Il faut bien sûr s’entendre sur cette « tricherie salutaire » qu’est, selon Barthes, la littérature. Dans tous les cas, si c’est bien de littérature et non de sophistique qu’il est question, l’écrivain est tenu à une morale de l’écriture qui lui interdit de tricher avec le lecteur. Et même, « tricher la langue » n’est pas exactement tricher avec elle, mais seulement avec ce qui en elle est « fascisme », autrement dit sa propension à produire, parce qu’elle est d’abord assertion, du dogme et de la doxa, du « paradigme » et de l’idéologie. La « tricher », c’est se soustraire à son pouvoir, pour tâcher de produire au lieu de clichés et de stéréotypes, des singularités et des nuances. C’est accomplir un mouvement d’exode (2), par lequel, résistant au « fascisme » de la langue, la littérature se sauve en sauvant la langue. Et elle le fait selon un spectre infiniment varié de modalités et de registres. Car « tricher la langue », c’est aussi bien l’enflammer à la façon lyrique, la faire « chanter », que la faire « merder » de manière carnavalesque.

 

 

De la « trahison » comme émancipation

 

Assurément, ce sont là des thèses heureuses pour la littérature. Elles justifient son droit à la dissidence linguistique, en même qu’elles dessinent pour elle un espace autonome de féconde liberté. Mais en contrepartie elles semblent bien ruineuses pour la politique – ou plutôt le discours politique. Car il risque bien de ne pouvoir être, comme Barthes semblait le considérer, que « le lieu de la bêtise » (3). Certes, on ne peut nier qu’il y ait, quoique rares, des moments « instituants », où le discours politique lui-même « triche la langue » et se montre inventif. Mais, pour le reste, le régime de la parole qui régit la politique, non seulement procède d’un usage de la langue que Mallarmé eût, pour sa part, appelé « commercial », mais il tend à en exacerber le « fascisme », pour autant qu’il est, ce régime, particulièrement propice aux assertions idéologiques et enclin à flatter les pulsions grégaires.

Pourtant, la chose politique, même si le langage lui est bien consubstantiel, ne se réduit pas à un phénomène linguistique, pas plus qu’elle ne se limite à l’exercice du pouvoir et à l’imposition d’un langage de la domination redoublant le « fascisme » inhérent, selon Barthes, à la langue elle-même (4). Autant qu’au logos, la chose politique ressortit au bios. Et si le pouvoir est aujourd’hui un « biopouvoir » qui cherche à asservir l’existence en toutes ses composantes (les ramenant à la valeur unidimensionnelle de la marchandise), s’il est par bien des côtés un « fascisme » doux obligeant à se conformer, il suscite aussi une résistance « biopolitique » multiforme. Ou encore : si le biopouvoir est un phénomène à teneur d’abord économique et politique, s’il est un fait social total (et pas seulement « linguistique »), il suscite des résistances qui s’expriment par des formes de vie (des actions et des luttes, des gestes, trajets et rythmes) et pas seulement des formes verbales.

 

Cette résistance est sans doute d’abord micropolitique. Elle prend « à la base » des visages multiples, s’incarnant en toutes sortes de luttes où s’exprime le désir de liberté et d’égalité d’une multitude d’abord « moléculaire », plurielle et dispersée. « Biopolitique », elle se manifeste par le refus de formes de vie imposées et simultanément l’invention, immanente, « désutopique » (5), de formes de vie alternatives.

Parmi les concepts que Deleuze a pu proposer pour penser cette résistance (en la cernant en son moment ontologique inchoatif), celui de « traître » n’est certes pas le moins étonnant. Là où Barthes loue la « tricherie » libératrice qu’il attribue à la littérature dans son combat avec le « fascisme » de la langue, Deleuze fait, lui, l’éloge, non moins paradoxal et provocant, de la « traîtrise ». L’analysant à travers des figures romanesques, il y voit, au plan de l’œuvre de fiction comme à celui, conséquemment, de l’existence, une manière d’inventer des « lignes de fuite » permettant à des individus ou des groupes de se soustraire à l’ordre établi et « au monde des significations dominantes » (6). Incidemment, on remarquera que Deleuze construit cette figure positive du « traître » en l’opposant à celle, péjorative pour lui, du « tricheur ». Tandis que ce dernier, avide d’ordre et de pouvoir, cherche à s’emparer de « propriétés fixes », le premier est au contraire celui qui fait dissidence d’avec elles pour expérimenter la puissance de la vie et inventer un devenir autre. Mais, au-delà de l’opposition des termes, le « traître » deleuzien est bien le vecteur d’une opération très semblable à cette « tricherie salutaire » dont parle Barthes à propos de la littérature. Dans les deux cas, c’est d’exode qu’il s’agit : des individus ou des groupes en proie à un « devenir révolutionnaire » multiforme résistent aux diktats de la « société de contrôle » et prennent la tangente pour s’inventer des modes de vie dissidents, au même titre que l’écrivain selon Barthes se soustrait au « fascisme » de la langue en « trichant » avec elle.

 

 

De la littérature considérée comme « poéthique »

 

À ce stade de l’analyse toutefois, exode littéraire (scripturaire) et exode existentiel (biopolitique), s’ils reposent sur une opération semblable, risquent de ne se pouvoir rencontrer jamais. Homologues, ils dessinent des « lignes de fuite » qui adviennent dans des espaces distincts sans réels points de tangence. Telle est du moins la lecture qu’on pourrait en faire à la lumière de l’axiome mallarméen de deux états radicalement distincts de la parole (l’un propre à l’échange utilitaire, l’autre soustrait à toute utilité et apanage de la littérature « pure »), dès lors qu’on en interprète quelque peu dogmatiquement la proposition pour en déduire que l’ordre du Livre et l’ordre de la Vie ne sauraient communiquer, constitués qu’ils sont en domaines hétérogènes. S’il peut y avoir, dans cette perspective, une politique de la littérature, ce sera seulement, comme n’auront cessé de l’affirmer les avant-gardes des années structuralistes, au plan formel du langage et de la « signifiance », par le choc et la subversion esthétique que peut constituer le surgissement de formes dissidentes, hétérogènes, « résistantes » (comme les nomme Jacques Rancière). Bref, c’est d’abord obliquement et comme action restreinte que la littérature peut avoir quelque impact politique.

On peut évidemment demeurer désireux de points de tangence moins évanescents entre le texte et l’existence (entre littérature et politique). On peut vouloir davantage d’intrication, d’implication, de confusion, d’indivision, entre formes littéraires et formes de vie. C’est affaire à la fois théorique (réflexive) et pratique (pour qui se met en demeure d’écrire).

Théorique : envisager la littérature sous l’angle du bios et non du seul logos, c’est bien, me semble-t-il, ce que fait Deleuze (et d’ailleurs aussi le dernier Barthes). Car la catégorie du « traître », chez Deleuze, si elle est d’abord une catégorie littéraire s’appliquant au héros romanesque dans la littérature « anglaise-américaine » (opposée à une littérature française privilégiant, elle, la figure du « tricheur »), est d’emblée élargie en catégorie « biopolitique » : de l’invention de formes et figures « résistantes » à la résistance des existants s’affrontant à la loi du capital, il n’y a pas de solution de continuité. Dans tous les cas il s’agit de dissidence et d’invention d’un « devenir » autre.

La poétique de Deleuze, sa théorie de la littérature, est ainsi ce que j’appelle une « poéthique ». Par « poéthique », j’entends une conception où la littérature (la poésie au sens large d’Aristote) n’est pas comprise seulement comme simple corpus et production de textes et de livres, mais comme vecteur d’une existence qui puisse trouver son exacte vitesse, celle de son exode comme de son retour (s’il en est un) (7). Dans cette optique, le poème imprimé, comme dit Thoreau, n’est jamais dissociable du poème non imprimé qui s’écrit à son verso, et l’œuvre littéraire est un geste se prolongeant en direction, sinon d’un « hors-texte », du moins d’un autre du texte. La « poéthique » pose ainsi qu’avec la poésie (la littérature), il y va, par-delà les textes, de l’existence elle-même (de l’être-au-monde comme être-seul et comme être-ensemble). Elle considère que la littérature est productrice d’un éthos, créatrice d’un mode d’existence ; qu’elle est, comme d’autres pratiques (notamment artistiques), ce que Foucault appelle un « ethopoïein » (8), un « faire habiter ». Sa question, la question « poéthique » par excellence, est donc bien celle de la possibilité d’une habitation poétique de la terre, en ses modalités diverses.

Que la poétique de Deleuze soit avant tout une « poéthique », c’est ce dont atteste sa façon, nietzschéenne, de toujours considérer la littérature sous l’angle pratique (sinon pragmatique) de sa capacité ou non à être un « grand stimulant de la vie », à être ou non « créatrice de vie ». La littérature n’a pas, répète Deleuze, sa fin en elle-même. Au contraire, elle est (je souligne) « un moyen pour une vie plus que personnelle », écrire n’ayant d’autre fonction que de produire « un flux qui se conjugue avec d’autres flux » et de faire qu’ainsi la vie soit portée « à l’état d’une puissance non personnelle » (9). Il ne s’agit pas toutefois de prôner je ne sais quelle subordination de la littérature à la vie ou de l’instrumentaliser à la façon d’une théorie de l’engagement. Affirmer le lien de l’œuvre littéraire à la vie, ce n’est pas renvoyer la première à une quelconque instance transcendante (c’est la « maladie de l’Occident », dit Deleuze, que d’y recourir). C’est comprendre l’immanence de son plan de consistance (de composition) comme surface d’agencements faisant pli avec la vaste immanence de cette totalité sans reste qu’est la Vie comme « chaos ».

 

Au plan pratique, la « poéthique » signifiera, comme le voulurent, parmi bien d’autres, tant les surréalistes que les situationnistes, la tentative de multiplier les points de tangence entre formes verbales et formes de vie. Non qu’il s’agisse de faire que les premières reflètent, selon une logique réaliste banale, les secondes. Bien plutôt, il s’agira de travailler à l’incidence des premières sur les secondes. Il s’agira de faire que les formes textuelles contribuent à éclairer et nourrir, allaiter et infléchir, agrandir et intensifier, en leur puissance de résistance, les formes de vie (au lieu de seulement s’en faire rétrospectivement l’écho). La littérature alors peut s’intégrer à un plus vaste mouvement de résistance biopolitique. Elle fait de l’exode textuel dans et par les formes « résistantes » un affluent du grand fleuve de l’exode « multitudinaire » (celui qui voit aujourd’hui des millions d’hommes résister de mille façons au biopouvoir du capital). Ainsi déjà (pour prendre un exemple bien antérieur à l’époque contemporaine) l’exode scripturaire d’un Henry David Thoreau dans son Journal conflue-t-il avec l’exode physique qu’il entreprend en se retirant au bord de l’étang de Walden, en même temps que l’aventure de son écriture consonne étroitement avec celle de ces esclaves noirs qu’il aide à fuir vers le Canada.

 

___________________

 

(1) Leçon (1978), reprise dans le volume 5 des Œuvres complètes, Seuil, 2002, p. 433.

(2) Je reprends ce concept à Michael Hardt et Toni Negri qui écrivent : « Alors que dans la modernité, l’être-contre signifiait souvent une opposition directe et/ou dialectique, dans la postmodernité, être-contre pourrait être le plus efficace dans une position oblique et diagonale. Les batailles contre l’Empire pourraient être gagnées par soustraction, dérobade ou défection. Cette désertion n’a pas de lieu : c’est l’évacuation des lieux de pouvoir. » (Empire, trad. Denis-Armand Canal, Exils 2000, repris en 10/18, p. 265).

(3) Le propos est rapporté par Eric Marty dans son livre Roland Barthes, le métier d’écrire, Seuil, 2006, p. 71.

(4) Eric Hazan a récemment proposé une analyse éclairante de l’omniprésence de la langue du néolibéralisme dans la société française d’aujourd’hui (LQR, La propagande du quotidien, Raisons d’agir, 2006. – LQR : Lingua Quintae Respublicae, langue de la Vème République, en écho au livre fameux de Victor Klemperer sur la langue du IIIème Reich, Lingua Tertii Imperii).

(5) J’emprunte le mot à Antonio Negri, qui parle à propos de la poétique de Leopardi de la nécessité d’inventer une « désutopie active » (Lent genêt, Essai sur l’ontologie de Giacomo Leopardi, trad. Nathalie Gailius et Giorgio Passerone, Kimé, 2006, p. 7).

(6) Dialogues (avec Claire Parnet), 1977, rééd. Champs/Flammarion, p. 53.

(7) On pourrait, dans une perspective « mélioriste », considérer, avec Bachelard, que « le bien dire contribue au bien vivre » (La Poétique de l’espace, PUF, p. 10). La pensée du soupçon met davantage quant à elle l’accent sur la rivalité où sont l’œuvre et la vie. Car même si l’on peut vouloir faire converger le plan de consistance de l’une avec le grand plan d’immanence de l’autre, le premier n’est pas d’emblée composable avec le second. Sur cette difficulté, voir les remarques de Roland Barthes dans son cours du Collège de France La Préparation du Roman (1979-1980), Seuil-Imec, 2003, pp. 267 sq.

(8) Michel Foucault reprend de Plutarque cette expression. Est éthopoïétos « quelque chose qui a la qualité de transformer le mode d’être d’un individu » (L’herméneutique du sujet, Cours au Collège de France, 1981-1982, cours du 10 février 1982, Gallimard-Seuil, 2001, p. 227).

(9) Dialogues, op. cit., pp. 61-63. Je développe ce point de vue dans un article intitulé « Poéthique de Gilles Deleuze », à paraître dans le volume Deleuze et les écrivains que publient, à l’automne 2007, les éditions Cécile Defaut.

 

 

 

 

Pour citer cet article

Jean-Claude Pinson, « Exode. (Politique de la littérature) », 2007, lrdb.fr, mis en ligne le 25 juin 2007.


Date de création : 26/06/2007 14:22
Dernière modification : 18/07/2007 10:10
Catégorie : Littérature
Page lue 4698 fois


Prévisualiser la page Prévisualiser la page     Imprimer la page Imprimer la page


En bref / En marge

Depuis décembre 2006

   visiteurs

   visiteurs en ligne


La_Revue, n°6

La_Revue, n°5

La_Revue, n°4

La_Revue, n°3

La_Revue, n°2

La_Revue, n°1

Océan Indien - voire +

^ Haut ^

Responsable et coupable : Arnaud Sabatier

Rigoureuse mise en œuvre : Patrick Boissière

Amicale assistance technique : Richard Muller

Affectueuse hotline polyvalente : Timothée Sabatier

Avec le concours généreusement efficace d’Icare de chez GuppY

GuppY, un créateur de site très recommandable


  Site créé avec GuppY v4.5.19 © 2004-2005 - Licence Libre CeCILL

Document généré en 1.16 secondes