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Sociologie - Yankel FIJALKOW

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   Maître de conférence en géographie et aménagement à l’Université Paris 7, Yankel Fijalkow s’intéresse plus particulièrement à l’habitat dit insalubre, à l’histoire de son traitement mais aussi à l’histoire de ses représentations.

   Il nous a aimablement proposé cet article qui est la version remaniée d’une conférence faite à l’Institut d’Urbanisme de Paris en mai 2007. Dans une perspective moins historique qu’épistémologique, il s’interroge sur les raisons de la permanence de schèmes explicatifs anciens et invite à les dépasser : le renouvellement urbain suppose un renouvellement de la pensée sur l’urbain.

   La ville change, ses problèmes changent, et malgré tout, les instruments de pensée évoluent peu, l’hygiénisme qui a longtemps tenu lieu d’urbanisme, anime encore, plus ou moins consciemment, la réflexion et l’action sur la ville, et notamment sur la ville malade. Ainsi, considérant que « c’est le milieu qui fait le vice », on résorbe l’habitat insalubre, on éradique et on déplace, pour des motifs d’hygiène, physique, morale et sociale. Sans doute est-il temps de renouveler l’approche et le traitement du « mal de ville », en relativisant le point de vue territorialiste qui surestime l’importance du cadre ou de l’espace et méconnaît souvent la nature complexe, différenciée et conflictuelle du rapport des individus au milieu et entre eux.

 

Le mal de ville, hier et aujourd’hui…

Yankel Fijalkow

 

 

 

 

Les problèmes que pose la ville aujourd’hui diffèrent de ceux qui sont relevés aux xixe et xxe siècles. Les migrations, la communication à distance, l’urbanisation quasi généralisée du monde ont transformé ce que nous appelons « ville ». Le lieu n’est plus le milieu. La densité physique mesurée par les géographes classiques n’est qu’un facteur simplifié de la densité des relations sociales que relèvent les sociologues urbains dans les logements et dans les espaces publics. Même si l’accès à la ville est toujours un enjeu pour les plus démunis, ce qui est enjeu aujourd’hui est la manière dont la forme des groupes sociaux s’intègre à celle des espaces dans lesquels ils tentent de vivre, souvent dans la conflictualité interne et externe.

Pourtant, la connaissance du « mal de ville » et de la « mauvaise ville » fait toujours appel aux mêmes instruments de pensée. Chaque période a connu ses taudis, ses quartiers dégradés, ses villes en déclin. Chaque période a connu des auteurs et des acteurs prônant la démolition plutôt que la réparation ou la régulation. Mais même, face à de telles solutions, on ne s’échappe guère d’une pensée faible qui fait de la ville un organisme vivant ou une machine qui dote de vie les espaces de vie. Notre propos est d’une part de décrire cette disposition de pensée, d’autre part d’établir les conditions pour une autre perspective.

L’hygiénisme en quelques mots et les raisons pour lesquelles il perdure

C’est d’abord une pensée attentive au sol, à l’air, au soleil, à l’horizontalité et à la verticalité, aux lieux, aux milieux et à leurs effets sur la population. Elle dispose donc de l’espace dans sa totalité. C’est ensuite une pratique d’enquête : l’étude du milieu, plus précisément de la ville, ville malade qui rend malade. Partagée entre des théories contagionnistes (diffusion des contages par la population) et infectionnistes (sol, air et maisons délétères) sa pensée du territoire l’a conduite de l’étude des populations dans leur milieu à celle du logement. Ce sont enfin des hommes : employés directement ou non par l’État et les municipalités, chefs de services, médecins, ingénieurs, parfois architectes, hommes d’influence, hommes de conseils chargés d’exemples de terrain, de statistiques et de cartes. La situation centrale de l’hygiénisme entre l’étude et l’action pose comme stratégique l’étude de son système de valeurs.

La connaissance du « mal de ville » et de la « mauvaise ville » ne date pas d’aujourd’hui. Chaque période a connu ses taudis, ses quartiers dégradés, ses villes en déclin. La question aujourd’hui, alors que la critique de l’identification des sites de la politique de la ville a été faite maintes fois, est de savoir s’il existe une constante dans l’histoire de l’urbanisme qui permette d’en tirer des conclusions utiles. Un « retour réflexif » s’impose donc. Il implique de saisir par quels moyens intellectuels de connaissance (dimension cognitive), tel ou tel acteur pris dans tel ou tel contexte utilise certaines données et certains raisonnements dans la perspective d’une action urbaine. Ces outils de connaissance mobilisent des images, des mots, des catégories de pensée, des méthodes d’appréhension et de mise en forme du réel, sous forme d’enquêtes, de statistiques, de cartes. Se donnant comme des outils d’aide à la décision, ils établissent des documents analytiques permettant, dans une perspective d’action publique, de dégager un pronostic d’évolution urbaine à partir d’une étude empirique. Ces moyens de connaissance sont des signes qui ont valeur d’information et prennent sens dans l’action : ce sont des lectures de ville, comme dirait Roncayolo (1). Loin de s’intégrer à une chronologie, les modèles de diagnostics valent comme des « types » qui peuvent se superposer dans le temps ou se succéder alternativement, voyager d’une contrée à l’autre.

L’enjeu de la découverte de tels modèles est double : non seulement il embraye sur une sociologie de l’action urbaine, mais il permet d’insérer le projet de la morphologie sociale (corps de la société, corps de l’espace construit) dans la conflictualité. Le récit de la dégradation auxquels se livrent les co-habitants de la ville ou d’un quartier peut constituer alors la matière première d’une recherche sur le « mal de ville ».

On a utilisé souvent le terme de diagnostic pour désigner ce type d’enquête. L’usage du diagnostic qui renvoie à l’action de discerner et de comprendre, et qui émerge au xviiie siècle dans le champ médical avant d’entrer dans l’usage des publications économiques liées au plan dans les années 1950, n’est pas fortuit. Les quartiers populaires anciens qui ont été un des objets bien particuliers de ce diagnostic se caractérisent par la concentration de populations ouvrières, pauvres et/ou immigrées dans le cœur des villes. Leur présence a été très tôt considérée comme un handicap à la mise en valeur de la ville, un danger pour la cohésion sociale et la santé physique et morale des citadins. Depuis le début du xixe siècle, l’idée d’un renouvellement de l’habitat existant, au travers de grandes opérations édilitaires poursuit un double objectif de transformer le cadre de la société et d’infléchir sur son peuplement, ainsi que je l’ai montré dans mes travaux sur les îlots insalubres de Paris.

Ainsi, l’hygiénisme est une ressource argumentaire importante dans le diagnostic urbain c'est-à-dire dans l’opération cognitive qui consiste à caractériser, identifier, qualifier les espaces et à doter les acteurs publics de savoirs agissants. L’hygiénisme, peut se caractériser dans sa vision urbaine par une tentative d’auscultation de la ville malade, puis des logements insalubres, au travers d’un processus de spatialisation et de territorialisation de la question sanitaire et sociale.

En effet, la manière dont l’hygiénisme questionne l’Urbain nécessite de distinguer la police sanitaire, l’hygiénisme moral, l’hygiène publique, l’hygiène sociale, une hygiène urbaine et enfin au tournant du xxe siècle l’hygiène de l’habitat. L’histoire des compétences exercées au nom de l’hygiène sur l’habitat et sur la ville se structure par la transformation des perspectives qui accorde un rôle prévalant au milieu physique de la ville dans les topographies médicales (l’air, le sol..) au xviiie siècle et la place nouvelle du logement insalubre au xixe siècle, en tant qu’unité d’observation singulière. À la fin du xixe siècle, l’apparition d’une instrumentation statistique représentée par le casier sanitaire des immeubles et la mesure du surpeuplement des ménages est une conséquence de ce mouvement de centralisation des indicateurs vers le logement. On assiste dès le milieu du xixe siècle à un empilement spatial des indicateurs qui ne cessera de se poursuivre jusqu’à aujourd’hui. À travers ses instruments de découpage du réel et d’enquête, l’hygiénisme affirme la domination du collectif sur l’individuelle, la négation des sous-cultures, un souci de la proximité et de la prévision. Il est la « recherche de la bonne forme d’une population » (approche des démographes sanitaires comme Bertillon), un raisonnement par totalisations géographiques abstraites, une connaissance profonde des milieux locaux, une assimilation des problèmes sanitaires et sociaux, une volonté de prévention des risques, une attention aux équilibres territoriaux, la croyance dans le rôle agissant du milieu et de l’éducation (2).

Dès lors deux opérations cognitives s’avèrent nécessaires dans l’enquête hygiéniste qui vise à rendre compte de la ville malade qui rend malade.

– 1°) Elle intègre le logement comme un point de passage obligé. Cette transformation est lente à s’opérer. Il faut relire le protocole de Lepecq de la Clôture en 1765 qui montre comment l’enquêteur sanitaire s’intéresse progressivement à l’habitat, « du dehors vers le dedans ». Ce regard clinique n’est guère éloigné de celui qu’étudie Foucault et confirme l’émergence de l’homme comme nouvelle échelle de l’observation. Il faut ensuite s’intéresser aux nombreuses topographies médicales qui s’établissent dès les années 1800 et passent d’une recherche des « substances rendant la ville malsaine » à l’étude de l’entassement. Il faut enfin prendre en considération la révolution de pensée de Villermé à l’étude de l’épidémie de choléra de 1832 qui consiste à introduire des variables sociales là où ses contemporains voyaient les effets des miasmes.

Ce mouvement implique une technicisation du terme de taudis en direction de celui de « logement insalubre ». La mesure de l’encombrement des ménages qui apparaît de manière expérimentale à Paris en 1891 après dix années de débat participe de ce mouvement de rationalisation qui contribue à son tour à construire une vision socialement différenciée de la ville. Dès lors, le « mauvais logement » inscrit le taudis dans un territoire, un quartier et un mode de vie comme le montrent ensuite les îlots insalubres parisiens.

– 2°) L’hygiénisme produit de la spatialisation et de la territorialisation qui correspondent aux opérations cognitives de désignation des espaces à risques. Si, à la fin du xixe siècle, l’approche spatiale et cartographique s’améliore, s’enrichit de nouvelles variables, s’exprime dans des cartes, la ville de Paris, dotée d’une longue tradition de statistique municipale, met en œuvre ces nouvelles techniques. Elle constitue donc grâce à des médecins, des ingénieurs et des administrateurs une géographie des secteurs prioritaires qui fait se correspondre les données spatialisées. Cette spatialisation correspond à des entités collectives (arrondissements, quartiers…), elle leur préexiste et on les fait exister. Elle s’exprime par exemple dans la recherche des corrélations entre la carte de la mortalité et celle du surpeuplement. On recherche alors des corrélations ou des typologies comme celle des quartiers selon le degré d’aisance.

C’est alors que les sciences sociales de l’urbain s’apprêtent à jouer un rôle prépondérant. En effet, la territorialisation pousse plus avant l’investigation dans la mesure où elle prend en compte les dynamiques internes de l’espace : elle déduit à partir d’un certain nombre de signes visibles l’existence d’un groupe social homogène, doté de normes et d’une relation particulière au milieu physique. Elle intègre des caractéristiques du cadre bâti, même de manière grossière. L’existence des territoires est fondée sur une série de faits isolables et sur une certaine proximité géographique : la « concentration » s’avère dès lors un problème. Ainsi en va-t-il des îlots insalubres parisiens au travers des modèles du ghetto juif (Le Marais) de la cité ouvrière (Saint Antoine) ou des cités des chiffonniers (Saint Victor). C’est ce modèle de la territorialisation qui donne une pleine mesure au concept de contagion/diffusion. Or c’est ce diagnostic de contagion et de diffusion qui appelle le besoin d’isolement voire de quarantaine (3).

Les sciences sociales naissantes au début du vingtième siècle ont intégré cette notion de territoire dans une méthode de diagnostic de l’urbain. Il faut citer Patrick Geddes qui propose une démarche d’étude préalable à toute action urbaine. Or le modèle de diagnostic qu’il propose se réclame de l’organicisme et s’appuie sur les mêmes postures de terrain que l’hygiénisme : prééminence du collectif sur l’individuel, attention aux effets de proximité, souci de la prévision. Il renvoie aux démarches d’études monographiques de terrain développées par l’école de Le Play pour laquelle le territoire est un donné structurel du social. Ainsi, l’approche de Geddes de dresser « l’histoire vitale de la communauté » s’intègre à « l’urbanisme corporel » de Bardet, théoricien de l’enquête préalable dans la continuité de Marcel Poëte.

De même en est-il des géographes, dont certains intègrent les savoirs et écrits des hygiénistes. Ils introduisent la dimension territoriale et apportent une systématisation dont les hygiénistes manquaient. Ainsi constate t-on une véritable porosité entre l’approche géographique et l’hygiénisme, qui se fonde sur une vision interclassiste du « pays », une connaissance intime du terroir, une vision communautaire du groupement humain au fondement de la santé physique et morale de l’homme. Cette vision territoriale du diagnostic connaît son apogée dans le type d’étude locale de communauté de quartier menée de manière systématique par les sociologues du début des années 1950, confrontés aux transformations des quartiers anciens populaires et des nouveaux logements sociaux.

En définitive, un modèle de diagnostic fondé sur la consubstantialité des hommes et de leur territoire émerge au-delà d’un simple spatialisme. Et si l’approche hygiéniste de la consubstantialité des milieux physiques et humains renvoie l’action sur le milieu à une action sur la population, il faut bien reconnaître la réalité d’un eugénisme territorial qui forge ses armes en empruntant ce principe de consubstantialité : c’est le milieu qui fait le vice écrit le vicomte d’Haussonville dès 1878.

Pour une autre approche des espaces malades

On comprend à la lumière de ces exemples combien il s’avère aujourd’hui important de renouveler l’approche écologique des espaces malades. Certes, un certain urbanisme hostile à l’appropriation des populations peut être criminel. Il étouffe une manière d’habiter le monde et de le penser, tels ces Bororos privés du plan de leur ville par les missionnaires, ainsi que l’écrit Lévi-Strauss dans Tristes Tropiques. Mais les traiter de « criminogènes » nous conduirait à tomber dans les pièges faciles de l’hygiénisme. Or, loin de considérer l’espace comme homogène, certains groupes sociaux vivent dans un univers de flux, de mobilités, de réseaux, de double-résidence, alors que d’autres se trouvent assignés à résidence et se constituent en communautés aux identités fermées. Si parfois ce sont les mêmes qui sont en même temps les plus reclus et les plus détachés de la spatialité cartésienne, les conflits territoriaux s’inscrivent dans des tensions qui conduisent à penser autrement l’identité des groupes, en fonction de leurs ressources spatiales. Le rapport au déplacement comme nécessité, plaisir ou nécessité faite plaisir, constitue un indicateur pertinent (voir l’expérience parisienne du Vélib’) autant que les consommateurs de balises internet, de boutiques téléphoniques ou de cybercafé dans les quartiers populaires et les lieux touristiques. L’offre de mobilité remet en cause spatialité et être ensemble. Le lieu n’est plus milieu, même s’il en constitue le rêve collectif.

À cet effet, il faudrait, plutôt que de faire perdurer un discours territorialisant largement dépassé par la modernité, développer le projet d’une autre approche des « espaces malades » ou « en déclin » qui s’attacherait à la construction de ces territoires au travers des stratégies descriptives des acteurs, savants, pouvoirs publics, groupes sociaux locaux dominants et dominés. En déconstruisant les discours sur les « communautés perdues » et les « villages », en échappant à l’idée consensuelle des diagnostics partagés on pourrait mettre à jour les conflits et les agencements de récits comme autant de rapports au milieu et aux objets du milieu. Des phénomènes comme la gentrification peuvent être lus sous ce regard (cf. numéro récent de Sociétés contemporaines sur la gentrification, discours et politiques).

C’est dans cette veine que l’on pourra redonner sa juste place à la métaphore organiciste qui hante la ville. Comme le montre Schlanger (4), « L’idée de totalité organique est un parler, une zone illuminatrice du sens ». Elle indique que « Le recours aux schèmes organiques se donne pour la preuve du propos alors qu’il n’est que le prétexte d’une intention polémique toujours déterminée par ailleurs et donc non rationnel ».

Voilà une piste pour interroger la conduite d’un urbanisme fondée sur le principe du curatif et essayer de penser autrement la ville du xxiesiècle, menacée d’éclatement sous l’empire des crispations identitaires (5).

 

______________________________

(1) Marcel Roncayolo, Lectures de villes. Formes et temps, Éditions Parenthèses, 2002, 386 p.

(2) Yankel Fijalkow (2007) De l’hygiénisme au diagnostic urbain, 1850-1950, (Thèse d’habitation à diriger des recherches), Institut d’Urbanisme de Paris.

(3) Yankel Fijalkow, La construction des îlots insalubres, Paris 1850-1945, l’Harmattan, 1994, 273 p.

(4) Judith Schlanger, Les métaphores de l’organisme, Paris, Vrin, 1961.

(5) Yankel Fijalkow,Sociologie des villes, Repères, la Découverte, 2007.

 

 

 

Pour citer cet article

Yankel Fijalkow, « Le mal de ville, hier et aujourd’hui… », www.lrdb.fr, mis en ligne en septembre 2007.


Date de création : 26/09/2007 11:12
Dernière modification : 13/10/2007 09:14
Catégorie : Sociologie
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