« Occupé à transplanter les pousses / Il va pisser dans la rizière / Du voisin »,   Yayû

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0. PRESENTATION - Bibliographie

En toute partialité…

Trois philosophes

Gaston Bachelard (1884-1962), La Poétique de l’espace, P.U.F., 1957

Philosophe, épistémologue, poète, psychanalyste, phénoménologue de l’imagination… ou « topo-analyste » qui mène de très belles enquêtes « topophiles », selon ses propres mots, sur la cave et le grenier, le tiroir, les coins et la dialectique du dedans et du dehors…

« L’espace saisi par l’imagination ne peut rester l’espace indifférent livré à la mesure et à la réflexion du géomètre. Il est vécu. Et il est vécu, non pas dans sa positivité, mais avec toutes les particularités de l’imagination. En particulier, presque toujours il attire. Il concentre de l’être à l’intérieur des limites qui protègent. » (p. 17)

« La maison, dans la vie de l’homme, évince des contingences, elle multiplie ses conseils de continuité. Sans elle, l’homme serait un être dispersé. Elle maintient l’homme à travers les orages du ciel et les orages de la vie. Elle est corps et âme. Elle est le premier monde de l’être humain. Avant d’être “jeté au monde” comme le professent les métaphysiques rapides, l’homme est déposé dans le berceau de la maison. Et toujours, en nos rêveries, la maison est un grand berceau. » (p. 26)

 

Martin Heidegger (1889-1976), « Bâtir habiter penser », in Essais et conférences, Gallimard

Un des plus grands (et controversés) philosophes du xxe, il a tenu en 1951 cette conférence qui est sans doute le texte philosophique le plus souvent cité par les architectes ; on y trouve l’exemple célèbre du pont.

« Ce n’est pas le pont qui d’abord prend place en un lieu pour s’y tenir, mais c’est seulement à partir du pont lui-même que naît un lieu » (p. 183).

« La véritable crise de l’habitation ne consiste pas dans le manque de logements. [...] La véritable crise de l’habitation réside en ceci que les mortels en sont toujours à chercher l’être de l’habitation et qu’il leur faut d’abord apprendre à habiter » (p. 193)

 

Olivier Mongin, La condition urbaine. La ville à l’heure de la mondialisation, Le Seuil, 2005

Philosophe, directeur de la revue Esprit, depuis 1989, cf. notamment la livraison mars/avril 2004 : « La ville à trois vitesse : gentrification, relégation, périurbanisation ».

Nous voici maintenant confrontés d'un côté à des métropoles gigantesques et sans limites, et de l'autre au surgissement d'entités globales, en réseau, coupées de leur environnement. La reconfiguration en cours suscite l'inquiétude : allons-nous assister au déclin irrémédiable des valeurs urbaines qui ont accompagné l'histoire européenne ? La fragmentation et l'étalement chaotique vont-ils inéluctablement l'emporter ? Sommes-nous condamnés à regretter la palis grecque, la ville de la Renaissance, le Paris des Lumières, les grandes villes industrielles du XIX° siècle ?

« Le fait de ne pas être un spécialiste patenté ne doit pas être un défaut quand on parle de l’urbain, de ce domaine où la participation démocratique fait tellement défaut au bénéfice des savoirs et de la complexité des décisions. Plus que jamais, il faut renouer avec un esprit urbain et citoyen, celui qui croit que l’un et le multiple peuvent encore aller de concert, et que la frontière entre un dehors et un dedans façonne a priori l’humanisation des espaces et des lieux. » (p. 19)

Ici compte-rendu du livre par Jacques Lévy. Là compte-rendu de Thierry Pacquot :

 

Il faudrait enfin citer les nombreux livres dirigés par Chris Younès (et Thierry Pacquot), responsable du GERPHAU, (groupe d’études et de recherche philosophie architecture et urbanisme) d’abord aux éditions Descartes & Cie puis à La Découverte.

Deux sociologues

Isaac Joseph (1943-2004), La ville sans qualités, L’aube, 1998

Professeur de sociologie à l’université Paris x-Nanterre.

« Isaac Joseph se passionnait pour toutes les formes apparemment superficielles et éphémères du social, les liens faibles, les scènes furtives, les marges, les évitements, les échanges réservés, les accords microscopiques, les sociabilités à l’état naissant. Il faisait sienne la mise en garde de Gabriel Tarde contre l’obsession du surplomb, contre l’illusion qui fait croire aux sociologues que l’ordre des faits n’est perceptible que si l’on sort de leur détail essentiellement irrégulier pour “s’élever très haut jusqu’à embrasser une vue panoramique de vastes ensembles”. Mais il avait la conviction, intellectuelle et militante, que cette attention minutieuse aux civilités ordinaires était aussi porteuse d’enjeux politiques », (extrait de « Isaac Joseph, un portrait » par Yves Grafmeyer, auteur de Sociologie urbaine, Nathan, 1994).

« Les usagers du métro ont à résoudre des problèmes qui ne sont pas toujours différents de ceux que doivent résoudre des vaches rentrant à l’étable » (p. 61).

« D’où la nécessité, pour la sociologie urbaine, de se dégager d’une logique de la résidence qui voudrait que la ville ne soit faite que de lieux et que morphologie et symbolique convergent dans une culture pacifiée des territoires. Prendre soin de la rue, c’est la considérer, dit Henri Gaudin, comme ce qui rend la rupture habitable. Nous ajouterions : comme ce qui ne dissocie pas l’idée régulatrice des civilités de l’expérience du dissentiment. Et qui nous impose de travailler, hors de l’édifice et hors de “l’enceinte subjective”, dans un univers de seuils, d’intervalles et de mitoyennetés, à conjuguer visibilité et point d’observation public » (67).

 

Pierre Sansot (1928-2005), Poétique de la ville, Klincksieck, 1973

Agrégé de philosophie, docteur en sociologie, fondateur et directeur de l’ESU (Equipe de Sociologie Urbaine) de Grenoble. Sa bibliographie est un long poème : Variations paysagères, Cahiers d’enfrance, Les gens de peu, Papiers rêvés, papiers enfuis, Les pierres sont à nous, Du bon usage de la lenteur, Chemins aux vents. Il a une manière peu conventionnelle de décrire la ville, son approche est phénoménologique. Ici une interview de Thierry Paquot. Et là on peut entendre sa conférence, « l’art du peu » prononcée en décembre 2000, à l’Université de tous les savoirs.

« Nous cherchions à faire entendre que la science ne peut prétendre restituer le monde en sa vérité et qu’elle suppose déjà, avant d’être élaborée, une ouverture au monde. Donc pas de pensée en surplomb qui laisserait croire qu’il existe une ville, un quartier en soi soustrait à nos regards et à nos consciences. Au contraire nous devions varier les approches, les trajets susceptibles de nous découvrir le sens d’une ville. Ce perspectivisme, qui nous soustrait à une mauvaise réduction de style scientiste, comporte en outre l’avantage de nous délivrer d’une poétique facile. Nous faisions éclater l’aspect globalisant, indistinct, touffu de la ville pour porter notre attention sur ses éclats,sur ses frissons, sur un mouvement qui, à chaque fois, se répète à une différence près.

« Distinguer le Bistrot, le Café, le Square par leur expressivité, par leurs traits essentiels, donner au Clochard, au Chauffeur de taxi, à la Prostituée une dignité que – souvent, on leur refuse – traiter les lieux comme les personnes, la ville comme autre chose qu’un entrecroisement de causes hétérogènes et de lois qui lui seraient extérieures – en arriver à pressentir que laville parle et, à ce moment, aboutir inexorablement à la dimension poétique. » (p. 410)

Deux architectes

Henri Gaudin (1933), Seuil et d’ailleurs. Texte, croquis, dessins, Ed. de l’Imprimeur, 2003

Architecte, on lui doit, entre autres, l’École Normale Supérieure de Lyon et la Cité de la musique et de la danse de Strasbourg. Il est également l’auteur de La cabane et le labyrinthe.

« On entend partout vanter les mérites de la ville et ses vertus démocratiques. Je les aime mais elles sont devenues des entassements de magasins, de silos de locataires et des faisceaux de maisons de verre qui sont de véritables tombeaux tant elles sont étrangères les unes aux autres et aveugles.

On sait bien que toutes ces parois lisses sur lesquelles on glisse vers le néant sans que la parole y trouve un abri, et qu’une relation puisse s’établir avec vous, sans que la marche soit ralentie ou accélérée et où le regard est comme repoussé – que ces surfaces tendues n’offrent pas aux humains un abri.

Je voudrais ne pas peindre au bitume la modernité architecturale. Mais on a vu à Vaulx-en-Velin des photos de la boîte calcinée, une de ces boîtes à entasser la marchandise et les gens et qu’on appelle grande surface, posée là où l’on erre au vu et au su de tous, sur un de ces épandages sans coin ni murs, ni rien qui puisse offrir un retrait, à peine l’ombre de ce qu’on imagine planté là où ailleurs : des boules d’arbres rouges qui accompagnent les avenues vers les commissariats et les institutions sociales chargées de panser les plaies du grand ouvert.

Pas le moindre lieu ne nous reçoit… ». (p. 7)

« Qu’il faille des écoles, des lycées, des équipements n’est pas niable, des hôpitaux et des logements, mais sauf à imaginer que tous soient séparés les uns des autres, il faut des lieux comme il faut à la parole du silence, à la maison un seuil. Il faut des canaux d’air et des parvis et des parallélépipèdes d’air et des cubes d’air. Cela s’appelait autrefois des rues, des venelles, des passages et des boulevards. Il faut inventer ces canaux d’air pour notre présence ». (p. 12)

 

Maurice Sauzet (1927)

Architecte, professeur honoraire à l'école d'architecture de Marseille Luminy, très inspiré par la culture et l'architecture du Japon, où il séjourna entre 1959 et 1961, il nous livre là trois superbes ouvrages. Entre dedans et dehors. L'architecture naturelle, photos, croquis, plans, Massin, 1996 ; Entre Japon et Méditérranée. Architecture et présence au monde, Massin, 1999 ; Habiter l'architecture, Massin, 2003.

 


Date de création : 31/10/2007 08:30
Dernière modification : 07/08/2009 13:43
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