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Archi Urba Paysage - Jean-Louis COHEN

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    Architecte et historien de l’architecture, Jean-Louis Cohen enseigne à l’Institute of Fine Arts de l’Université de New York, après avoir dirigé l’Institut Français d’Architecture et conduit le projet de la Cité de l’architecture et du patrimoine jusqu’en 2003.

    Il nous a aimablement envoyé cet article inédit dans lequel il s’interroge, non sans inquiétude, sur le devenir de l’architecture, tiraillée entre la production narcissique d’œuvres « célibataires », sourdes aux attentes de la ville, et l’urgence et l’efficacité qu’exige l’acuité de la crise socio-urbaine.

    Refusant les alternatives simplistes, Jean-Louis Cohen dénonce d’abord le caractère réducteur de deux conceptions opposées : l’architecture spectaculaire et monumentale – dont le mot d’ordre pourrait être « fuck the context » ; et l’architecture « invisible » ou modeste qui répondrait au seul souci pragmatique de construire efficacement et économiquement, renonçant à tout superflu esthétique. Comment retrouver une urbanité perdue tout en maintenant l’architecture dans sa capacité à étonner ? Comment concilier objets architecturaux singuliers et inédits, et projets urbains cohérents et harmonieux ? Comment préserver l’engagement social de l’architecture, qui est par essence urbaine, sans sacrifier le geste artistique ? Les nouvelles technologies et l’outil informatique apportent des éléments de réponse, mais aussi et surtout les réflexions des paysagistes, soucieux de subordonner l’intervention architecturale à la prise en compte globale de l’environnement et des spécificités locales. Des solutions existent donc, mais les décideurs, prétendument soumis à une réalité sociopolitique et économique pressante ne sont-ils pas en train de les ignorer, se préoccupe Jean-Louis Cohen ; le risque est alors que l’architecture ne soit plus qu’une production asociale de monuments qui tournent le dos à la ville, « une poignée de diamants dans les décombres de la planète ».

    L’enjeu, on le comprend, au-delà du statut de l’architecture dans les champs du savoir et du faire humains, est celui d’une urbanité – une humanité peut-être même – préservée.


L’architecture dans la ville


Entre narcissisme antiurbain et modestie sociale


Jean-Louis Cohen



L’architecture et l’urbain : la question du contexte

Certains développements de l’architecture à la fin du xxe siècle ont pu faire croire à beaucoup d’observateurs que cette discipline par essence urbaine tournait irrémédiablement le dos à la ville. Le succès du musée Guggenheim de Bilbao lors de son ouverture en 1997 a condensé dans un bâtiment remarquable une politique complexe de renouvellement urbain, dont toute la complexité était en quelque sorte effacée par l’évidence de l’édifice. Par ailleurs, l’analyse faite par Rem Koolhaas en 1995 dans son pavé imprimé S, M, L, XL que le grand bâtiment imposait sa présence, sa « bigness » sans aucun rapport avec le tissu urbain, comme s’il s’agissait tout simplement de « niquer le contexte », a été compris comme un programme alors qu’il s’agissait tout simplement d’un constat (1).

L’apparition d’un discours antiurbain servant à justifier une architecture de l’objet isolé s’est conjuguée avec celle d’un discours anti-symétrique, tendant parfois, au nom du « projet urbain » à dénier à l’architecture toute pertinence dans la fabrication ou la transformation des villes ou, à tout le moins, toute prééminence. En continuité avec certaines positions des partisans de l’architecture urbaine et des militants associatifs des années 1970, les architectes étaient invités à devenir « modestes » et à se contenter de répondre sans gestuelle inutile aux spécifications formulées par la société. La reconstruction des villes s’est cependant accompagnée, en Europe à tout le moins, d’une réhabilitation de la figure professionnelle des architectes, que leur participation aux programmes massifiés du cycle des « grands ensembles » avait disqualifiés.

Ces deux positions semblent aujourd’hui aussi réductrices l’une que l’autre. L’architecture et le développement urbain sont engagées dans des relations complexes, par lesquelles les édifices en viennent à concentrer dans le meilleur des cas l’intensité des transformations des villes et deviennent des éléments moteurs des programmes de modernisation. Parfois, cependant, c’est par la seule vertu de décisions architecturales que certaines villes pensent procéder à une politique de requalification purement monumentale de leur tissu et de leur image, et l’échec est au bout du chemin. Orientée vers la recherche de la différence, la production de monuments conduit à une certaine répétitivité, au travers de l’effet de collection par lequel chaque ville s’efforce de rassembler un groupe d’édifices conçus par les architectes en vogue à un moment donné. La monumentalisation généralisée rend chaque édifice « intéressant », voire « remarquable » et en tout cas surprenant, au risque de la saturation perceptive des citoyens et des visiteurs, invités à assister au choc des egos cristallisés dans les édifices.

L’architecture spectaculaire

Ces deux branches dominantes de l’économie mondiale que sont désormais le tourisme et la construction paraissent converger, avec l’émergence d’une production avant tout spectaculaire et seulement dans un second temps utilisable (2). Le modèle de Las Vegas semble dominer la production architecturale des anciennes républiques soviétiques et d’une partie des villes chinoises, s’il semble reculer à Moscou, où la nostalgie des « Vysotki » – constructions en hauteur staliniennes qui a suivi la disparition de l’URSS – n’a eu qu’un temps, marqué par la construction du Triumph Palace, copie maladroite des tours des années 1950. La Russie capitaliste s’est ouverte à la circulation des formes et à celle des professionnels européens ou nord-américains.

Au début du xxie siècle, d’immenses chantiers sont en cours dans les anciens pays « socialistes », qui offrent des débouchés aux architectes européens, nord-américains ou japonais, et dans les pays du Golfe arabo-persique, inquiets des lendemains de l’économie pétrolière. Le développement impétueux d’une architecture chinoise, en dialogue avec le reste du monde, ne passe plus exclusivement par le recours aux architectes étrangers, mais aussi par l’affirmation de jeunes professionnels, comme Ma Qingyun, devenu directeur de l’école d’architecture de l’University of Southern California, tandis que la Japonaise Toshiko Mori a pris la tête du département d’architecture de Harvard.

La cartographie de l’architecture mondiale devient donc plus complexe, ce que la liste des prix Pritzker annuels, censés récompenser les figures les plus remarquables, ne reflète encore que partiellement. Il est vrai qu’en dépit du développement d’entreprises d’architecture véritablement multi- ou transnationales, opérant à travers le monde entier, parmi lesquelles on compte par exemple Norman Foster Partners, Kohn Pedersen Fox ou DMJM, elle ne peut être limitée à la production des grandes signatures reconnues et louées par les médias. Le premier ressort de cette production est souvent une simplicité, voire une primitivité iconique lui permettant d’être intelligible sur les écrans (3). Un internationalisme critique fondé sur la révision de la culture moderne et sur l’attention aux territoires constitue une des alternatives possibles à la tyrannie de l’image, par l’attention à l’inscription urbaine et à l’usage des édifices, et à une interprétation des cultures locales échappant au kitsch (4).

L’architecture et la technologie : de nouvelles ressources

Les nouveaux horizons techniques dans lesquels elle s’inscrit rendent pourtant à l’architecture sa capacité à étonner. Le ressort en est moins la performance apparente des portées immenses ou des hauteurs infinies que l’utilisation de matériaux déjà éprouvés de façon étonnante, presque parfois à contre-emploi. Invariablement associé depuis le xixe siècle à des structures porteuses en acier ou en béton, le verre devient porteur, et sa transparence peut être modulée par des dispositifs électriques, jusqu’à le rendre opaque. Repensé grâce aux nanotechnologies, le béton atteint la résistance à la flexion et donc la minceur de l’acier et peut être coulé pour prendre les formes les plus complexes et, inversement, devenir translucide (5), tandis que les résines, le carbone et les métaux comme le titane trouvent leur voie vers le bâtiment. À l’autre extrémité du spectre des matières, la terre crue et la pierre trouvent des usages savants.

La révolution numérique permet aussi de dépasser la logique sérielle pour ajuster les procédés aux conditions locales et aux attentes des utilisateurs. Surtout, elle rend possible le calcul de formes inédites, grâce à de nouveaux principes mathématiques. Non seulement des formes complexes et jusqu’ici impossibles à modéliser deviennent-elles constructibles, mais des questions aussi délicates que celles de l’acoustique trouvent enfin leur solution. Une nouvelle relation entre projet et édification se dessine ainsi, dans laquelle les architectes tendent à participer eux-mêmes à la recherche sur les nouveaux matériaux et leur mise en œuvre, et à reconquérir, à tout le moins partiellement, l’autorité qui était celle des maîtres d’œuvre médiévaux, dès lors qu’ils peuvent eux-mêmes contrôler la fabrication des éléments constructifs (6). Enfin, la diffusion des préoccupations quant au développement durable pose frontalement des problèmes délicats, car la production de matériaux est une source importante de gaspillage d’énergie, à laquelle s’ajoute le fonctionnement des édifices, encore plus néfaste s’il n’est pas repensé dans son principe même. La redécouverte des ressources de la terre, de la paille, du bambou et bien évidemment du bois, utilisés selon des modalités nouvelles, s’inscrit dans cette perspective.

L’architecture et la ville : le contexte social et urbain

Si les objets architecturaux entretiennent des rapports différents avec les techniques, le rapport des édifices et de la ville se renouvelle aussi, au travers de pratiques de projet urbain qui ne se réduisent pas à des compositions à grande échelle, mais passent par la définition de processus complexes d’interaction entre décideurs, projeteurs et citoyens. Christian de Portzamparc a suggéré l’hypothèse d’un « âge trois » de la ville, dépassant à la fois la ville traditionnelle et la ville utopique des modernes, affirmant « l'obligation d'inventer ensemble les formes nouvelles de la ville, des groupements, des assemblages, des réseaux et des lieux » (8). Pourtant, de telles recherches n’ont cessé d’être menées, notamment dans le cadre des projets d’extension des années 1930 et dans certaines reconstructions, et il apparaît que cette vision ternaire, et assurément très pédagogique, a ses limites. Sans doute l’« âge un et demi » qui était celui de la réforme sociale n’a-t-il pas épuisé toutes ses ressources.

Imposée par les mouvements démocratiques, la démarche de « projet urbain » est une des réponses les plus pertinentes à l’« obligation d’invention » (7). Au travers de la politique urbaine conduite depuis les années 1980 à Barcelone, Berlin ou Gênes, une architecture attentive à son ancrage social et à son espace d’inscription se manifeste, en opposition avec les tentatives pour réduire la discipline à la production de « machines célibataires » indifférentes. Cette architecture, initialement centrée sur le seul espace public, n’hésite pas à s’attaquer à la conception des infrastructures et, surtout sait se plier à des règles de coexistence entre édifices apparemment contraires au narcissisme des projeteurs.

Un enjeu déterminé par les formes d’urbanisation léguées au xxe siècle reste cependant difficile à saisir : celui des nouvelles périphéries, des territoires non plus suburbains mais exurbains produit par le phénomène de sprawl ou d’étalement (9). Nouveaux lotissements français, ensembles VINEX aux Pays-Bas, ou exurbs nord-américains sont produits au prix d’une dilatation des réseaux routiers et des services, pendant que l’extension des communautés fermées et des ensembles fortifiés brise la relation entre les ensembles d’habitation et les espaces collectifs urbains.

La leçon des paysagistes : modestie, harmonie et souci des lieux

La recherche d’une urbanité retrouvée peut être rapprochée des réflexions sur la relation de l’architecture au paysage. Réduits un temps à un rôle marginal de collaborateurs des architectes, bien qu’ils aient contribué à la naissance des grandes villes modernes, les paysagistes européens et nord-américains ont constitué depuis les années 1970 un discours sur les sites urbains et l’environnement naturel renouant avec l’approche holiste de Frederick Law Olmsted ou Jean Claude Nicolas Forestier (10). Parfois en dialogue avec les architectes et souvent en totale autonomie, les espaces conçus par Peter Walker aux États-unis, par Peter Latz en Allemagne, par Adriaan Geuze aux Pays-Bas, par les Catalans Beth Gali ou Carme Fiol, et le travail d’une phalange des paysagistes français, de Michel Corajoud à Alexandre Chemetoff, Michel Desvigne et Gilles Clément proposent en creux une définition plus modeste de l’intervention architecturale (11).

À partir de leur attention aux lieux et aux systèmes écologiques, les paysagistes proposent des modes de développement et de renouvellement urbain échappant à la domination du bâti, dans le même temps qu’ils deviennent capables d’énoncer des règles assurant la bonne inscription des édifices dans les lieux. Leur apport est fondamental pour régler le délicat équilibre entre la modernisation et la préservation, voire la reformulation des spécificités locales, telles qu’elles sont inscrites non seulement dans le patrimoine bâti, mais aussi dans la structure même des paysages naturel et artificiel.

De la critique à la communication

Jusqu’aux années 1980, le xxe siècle a été scandé à la fois par l’édition de livres théoriques ou critiques, par les cycles vitaux des revues et par les formes de sociabilité des congrès et associations professionnelles. Avec l’émergence d’une culture basée sur la mobilité et sur des sources disponibles sur le World Wide Web, les revues semblent mortellement frappées, si les livres paraissent encore survivre, réduits souvent à la condition d’albums. Qu’en est-il de ce fait de la critique, sous les formes qu’elle a connues depuis la création des revues et des grands quotidiens ? Le remplacement de la critique par une communication dominée par les architectes ne semble-t-il pas s’annoncer ? (12). Les modalités de l’interaction entre architectes ont également changé. Les organisations internationales, devenues unanimistes, sont des clubs touristiques et la plupart des académies des lieux d’autocélébration. À bien des égards, le cycle des dix rencontres itinérantes ANY, organisées par Cynthia Davidson entre 1991 et 2000 fait figure de programme terminal, marqué par l’interaction entre projecteurs, critiques, intellectuels et artistes. C’est bien plutôt le modèle de l’art qui semble désormais scander le débat architectural, de biennale en triennale, selon un principe qui a connu beaucoup de précédents au xxe siècle.

L’architecture et la crise du logement : le renoncement au social

Ultime considération, des plus préoccupantes : l’architecture ne semble-t-elle pas renoncer à l’engagement avec la société qui a marqué sa pratique au xxe siècle, pendant lequel elle a su rencontrer les mouvements d’urbanisation et de réforme sociale. La part de la production globale du bâtiment projetée professionnellement tend à se réduire avec les extensions urbaines massives et peu ou pas régulées. Devant une crise du logement d’une échelle qui a aussi peu de précédents que les mégapoles du troisième millénaire, les professionnels ne semblent plus en mesure de proposer des solutions au problème du logement économique, que l’urbanisation galopante ne cesse de poser en des termes toujours plus pressants (13). Le marché se garde le plus souvent de les solliciter et, de ce fait la part spectaculaire de la production risque de devenir dominante à l’intérieur du contingent limité des édifices conçus par les architectes, au détriment de la réponse aux attentes de la majorité de la population. De ce fait, ce qu’il est encore convenu de dénommer « architecture » pourrait risquer de n’être qu’une poignée de diamants dans les décombres de la planète.


___________


(1) Rem Koolhaas (& Bruce Mau), S, M, L, XL, New York, The Monacelli Press, 1995, p. 502.

(2) Joan Ockman, Salomon Frausto, dir., Architourism. Authentic, Escapist, Exotic, Spectacular, Munich, Londres, Prestel, 2005.

(3) Charles Jencks, The Iconic Building. The Power of Enigma, New York, Rizzoli, 2005.

(4) Jean-Louis Cohen, « Alla ricerca di una pratica critica », Casabella, n° 630-631, janvier-février 1996, p. 20-27.

(5) Jean-Louis Cohen, G. Martin Moeller, Jr., dir., Architectures du béton. Nouvelles vagues, nouvelles recherches, Paris, Éditions Le Moniteur, 2006.

(6) Mario Carpo, « Post-Hype Digital Architecture: From Irrational Exuberance to Irrational Despondency », Grey Room, n° 14, hiver 2004, p. 102-115.

(7) Olivier Mongin, Vers la troisième ville ?, préface de Christian de Portzamparc, Hachette, 1995.

(8) Michel Bonnet, dir., L'élaboration des projets architecturaux et urbains en Europe, Paris, Plan Construction et Architecture, 1997.

(9) Mario Gandelsonas, X-Urbanism, Architecture and the American City, New York, Princeton Architectural Press, 1999.

(10) Une vision très partielle est donnée dans Peter S. Reed, dir., Groundswell, Constructing the Contemporary Landscape, New York, Museum of Modern Art, 2005.

(11) Hans Ibelings, dir., The Artificial Landscape : Contemporary Architecture, Urbanism, and Landscape Architecture in the Netherlands, Rotterdam, NAi Publishers, 2000.

(12) Robert Somol, Sarah Whiting, « Notes around the Doppler Effect and Other Moods of Modernism », Perspecta 33, 2002.

(13) Mike Davis, Le pire des mondes possibles. De l’explosion urbaine au bidonville global, trad. Jacques Mailhos, La Découverte, 2006 ; [Planet of Slums, London, New York, Verso, 2006].



Pour citer cet article

Jean-Louis Cohen, « L’architecture dans la ville. Entre narcissisme antiurbain et modestie sociale », www.lrdb.fr, mis en ligne en décembre 2007.


Date de création : 21/12/2007 15:12
Dernière modification : 22/12/2007 13:24
Catégorie : Archi Urba Paysage
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