« Relever le défi des choses au langage »,    F. Ponge

--- PRESENTATION ---

ECRIVAINS

2010-11 NORMAL

2009-10 DON ECHANGE

2008-09 LE GENRE

2007-08 LA VILLE

2006-07 LE POLITIQUE
+ 0. PRESENTATION
+ 1. Philosophie et politique
+ 2. Architecture & politique
+ 3. Sociologie & politique
+ 4. Théâtre & politique
+ 5. Entreprise et politique
+ 6. Psychanalyse (intro.)
+ 7. Psychanalyse politique
+ 8. Histoire et politique
+ 9. Economie et politique
+ I0. Art et politique

Brèves (archives)

Recherche





Littérature - Catherine BOUDET

Catherine Boudet

 

 

Blog de l'auteur : http://cboudet974.over-blog.fr

 

 

Née à Saint-Denis de La Réunion, Catherine Boudet est docteur en Sciences politiques. Elle est l'auteur d'une thèse et d'articles scientifiques sur les questions de l'identité et de la construction nationale à l'île Maurice. Elle a publié deux recueils de poèmes.

 

Le barattage de la mer de lait, Éditions Ndze, collection “Les apprentis sorciers”, 2009, 64 pages

Résîliences, Éditions L’Harmattan, Poètes des cinq continents, 2007, 64 p., 10,50 euros.

 

 

Extraits de Barattage de la mer de lait

 

Récit-poème de Catherine Boudet, dédié à son île natale et dans lequel elle nous mène vers la « déshistoire » d'un monde insulaire réunionnais frappé de surdéveloppement.

Dans Le Barattage de la mer de lait, on entend dès les premières pages ce « souffrir d’une salive ardente et d’un cri » que renferme le récit-poème, qui n'est pourtant pas sans espoir. L'auteur revisite, en une poétique concise et inattendue comme l’éclair, le mythe hindou de la genèse du monde, l'amritamanthana, réinterprété dans le cadre de l’île, et dans lequel le dieu Shiva absorbe le poison issu du barattage produit par les efforts conjugués des démons et des dieux, sauvant ainsi le monde de la destruction.

 

L'os blanc de la mémoire

 

Coupants les souvenirs/ Comme une faim/ Comme une tôle rongée de sel par les alizés bruts/ Comme une traque

 

Alizés d'Est/ Par vent de cyclone/ Une feuille de tôle même rongée de sel ça peut vous couper un homme en deux/ Alizés d'Ouest/ Il reste la mémoire blanche et lisse et dure comme un os mis à nu

 

L'os blanc de la mémoire/ Lavé de sa chair par la tôle rongée du souvenir/ L'os blanc de la mémoire célèbre la cicatrice/ La dévastation/ Le nu et le non avenu

 

L'os blanc de la mémoire/ Autour de ce feu qui ne réchauffe pas/ Nous avons bu le jus des jours au fangourin de l'indifférence

 

Nous/ Peuple mascarin/ Muet d'une langue qui ne s'écrit pas/ D'une langue plantée au coeur comme épine de corail

 

Le créole/ Goût de gingembre bleu/ Goût de piment écrasé dans le calou du soleil/ Le créole qu'on n'a pas appris/ Sinon langage de nos coeurs océans

 

 

Extraits de Résiliences

 

L'Autre et l'Île, deux pôles de l'être en « résîliences ».

Parce qu'il importe de « refaire en sens inverse le tracé des cyclones », la résilience, cette capacité à surmonter le tragique et la destruction, devient ici matière à exploration poétique.

Dans cette « plongée entre ciel et mer d'étoiles filantes crevées », l'Île, parce qu'elle est à la fois terre qui rassemble et qui sépare, espace de quête et lieu de clôture, centre qui condense et diffracte, est vécue au quotidien loin des clichés de cartes postales comme une interrogation sur les aléas de la relation à l'Autre... Cet Autre, si intimement étranger dans sa propre insularité intérieure.

Ainsi, l'Île, « en perpendiculaire contradiction avec le goût de la mangue verte » n'est pas seulement incarnation du lieu, elle est aussi et surtout dimension de l'imaginaire qui décline les multiples potentialités de chacun à inventer sa vie et tout simplement, à aimer.

 

 

Parce que nos chairs sont faites

De la même terre d’île

Parce que le torrent de nos vies

Est fait de la même eau

Soyez celui que j'ai choisi

Pour régner sur le royaume

De mes rêves les plus fous

Parlons-nous encore

Ce langage enivrant

Qui se passe de mots.

 

* * *

 

21°9 Sud 52°7 Est

Gamede à perdre haleine

Nous crachant

Vomissures de ravines en rébellion

Injures de boue et de galets

Nuit de trombes de peur et de rafales

Pour une île écartelée

Sous la monstrueuse cataracte

Du cyclope agonisant.

 

* * *

 

Au reflux des rires

Des souvenirs des désirs

Plage de coraux morts abdiquant

Dans les crépuscules de la mer des

Racines tonitruantes

De filaos à l’agonie

Au reflux de tout ce qui

Fait belle et purulente la vie

Y croire encore comme

Aux plus hautes heures

D’une marée d’écriture.

 


Date de création : 18/01/2008 11:57
Dernière modification : 13/06/2011 10:24
Catégorie : Littérature
Page lue 5155 fois


Prévisualiser la page Prévisualiser la page     Imprimer la page Imprimer la page


En bref / En marge

Depuis décembre 2006

   visiteurs

   visiteurs en ligne


La_Revue, n°6

La_Revue, n°5

La_Revue, n°4

La_Revue, n°3

La_Revue, n°2

La_Revue, n°1

Océan Indien - voire +

^ Haut ^

Responsable et coupable : Arnaud Sabatier

Rigoureuse mise en œuvre : Patrick Boissière

Amicale assistance technique : Richard Muller

Affectueuse hotline polyvalente : Timothée Sabatier

Avec le concours généreusement efficace d’Icare de chez GuppY

GuppY, un créateur de site très recommandable


  Site créé avec GuppY v4.5.19 © 2004-2005 - Licence Libre CeCILL

Document généré en 0.83 seconde